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Rôle de La Niña dans les phénomènes météorologiques extrêmes auxquels nous assistons aujourd'hui: Questions-réponses

 

Qu'est-ce que La Niña?

La Niña, terme espagnol qui veut dire «petite fille», se caractérise par des températures de surface de la mer anormalement basses dans le centre et l’est du Pacifique tropical. À l’inverse, El Niño («petit garçon», terme utilisé traditionnellement par les Péruviens par référence à l’enfant Jésus, le phénomène survenant habituellement aux alentours de Noël) se caractérise par des températures de surface de la mer anormalement élevées. Les deux phénomènes sont étroitement corrélés à une modification de la pression atmosphérique et des régimes de circulation à grande échelle qui lui sont liés, et sont considérés comme étant les deux phases opposées de l’interaction océan‑atmosphère dans la région désignée sous le nom de «El Niño/Oscillation australe (ENSO)». Ils perturbent la configuration habituelle des précipitations ainsi que la circulation atmosphérique aux latitudes tropicales et ont des répercussions à grande échelle sur le climat dans de nombreuses régions du monde, avec les risques que cela comporte.

El Niño ou La Niña surviennent tous les 2 à 7 ans et persistent généralement 9 à 12 mois, voire deux ans dans certains cas. Les manifestations de ces phénomènes ne sont toutefois jamais exactement les mêmes.

On considère que les épisodes El Niño et La Niña font partie des principaux facteurs qui déterminent les anomalies saisonnières du climat dans de nombreuses régions du monde, mais il est cependant difficile d’affirmer catégoriquement que tel ou tel phénomène météorologique extrême est directement causé par El Niño ou La Niña, sans prendre en considération l’influence respective d’autres facteurs.

 

La Niña a-t-elle quelque chose à voir avec la récente succession de phénomènes météorologiques extrêmes survenus dans le monde? 

Le Service météorologique australien a attribué à l’actuel épisode La Niña les fortes pluies et les inondations que le pays vient de connaître et a déclaré que 2010 était, de ce fait, la troisième année la plus arrosée de l’histoire du pays. C’est même la première fois qu’il pleut autant en décembre dans le Queensland, voire dans tout l’est de l’Australie. Les pluies abondantes de fin novembre et de décembre ont succédé à la période juillet-octobre la plus arrosée que l’Australie ait connue, la période juillet-décembre battant elle aussi tous les records de précipitations. Les épisodes La Niña de forte intensité déjà observés par le passé, tels ceux de 1974 et 1955, s'étaient eux aussi accompagnés d’inondations de grande ampleur en Australie orientale.

Les fortes pluies survenues en Indonésie, aux Philippines et en Thaïlande sont elles aussi caractéristiques de La Niña. Au Sri Lanka, les inondations se sont produites pendant la saison des pluies (novembre à février), liée à la mousson indienne du nord-est. Étant donné que le phénomène La Niña est traditionnellement associé à une mousson d’hiver relativement peu active en Asie méridionale, les inondations que connaît actuellement le Sri Lanka ne sont pas vraiment caractéristiques d’un épisode La Niña et pourraient être causées par d’autres facteurs régionaux. On ne saurait toutefois exclure que La Niña ait une influence sur ces inondations.

Le phénomène La Niña se manifeste d'ordinaire par des précipitations accrues dans le nord-est du Brésil, en Colombie et dans d’autres régions du nord de l’Amérique du Sud, et par un déficit pluviométrique en Uruguay et dans certaines régions de l’Argentine. Il se traduit aussi, en général, par des précipitations inférieures à la normale le long des côtes de l’Équateur et dans le nord-ouest du Pérou.

On ne sait toutefois pas très bien, dans l’état actuel des connaissances, si le phénomène La Niña est la cause principale des pluies torrentielles et des coulées de boue qui ont fait tant de victimes ces derniers jours dans le sud-est du Brésil. Les manifestations de La Niña dans différentes zones climatiques et sur divers mois de l’année, dans le sud-est du Brésil, font l’objet actuellement de recherches approfondies. La mousson sud-américaine est active de décembre à février dans cette région, où elle peut déclencher des pluies abondantes et de violents orages. L’intensité de ces pluies peut subir aussi l’influence de facteurs tels que le réchauffement des régions adjacentes de l’Atlantique tropical qui peut entraîner un accroissement de l’humidité atmosphérique et, partant, des précipitations.

Les épisodes La Niña sont associés à un courant-jet présentant une ondulation marquée au-dessus des États-Unis d’Amérique et du Canada pendant l’hiver boréal, accompagné de températures plus basses et de vents plus tempétueux que la normale dans le nord, et d’un temps plus clément et moins agité dans le sud.

Les épisodes La Niña se manifestent généralement par des précipitations accrues en Afrique australe, bien que celles-ci puissent avoir aussi d’autres causes. Ils sont associés en revanche à un déficit pluviométrique dans la région équatoriale de l’Afrique de l’Est, et la sécheresse que connaissent actuellement la Somalie et le nord du Kenya est sans doute imputable à La Niña.

 

Est-il normal de passer d'un Niño à une Niña comme ce fut le cas en 2010? 

Lors d'un épisode El Niño, les températures de surface de la mer sont bien inférieures à la normale dans le centre et l'est du Pacifique tropical alors que, dans ces mêmes régions, elles deviennent inférieures à la normale pendant un épisode La Niña.  Le passage de l'un à l'autre n'est pas inhabituel vu que ce sont les deux faces d'un même phénomène appelé El Niño/Oscillation austral (ENSO), qui oscille entre une chaleur et un froid inhabituels dans l'est et le centre du Pacifique tropical.  Toutefois, on ne passe pas nécessairement d'une phase chaude à une phase froide en succession rapide, et il y a souvent dans l'intervalle une période prolongée (de quelques mois à deux ans) où les conditions sont dites «neutres» c'est-à-dire qu'elles ne s'apparentent ni à une Niño ni à une Niña.  Il y a aussi eu des cas où un épisode El Niño était suivi d'un autre Niño et où un épisode La Niña était suivi d'une autre Niña, après quelques mois où les conditions étaient restées neutres.

 

La Niña est-elle un nouveau phénomène? 

Le climat mondial a toujours subi l'influence des interactions entre l'atmosphère terrestre et les océans, et des phénomènes comme El Niño et La Niña, attestés depuis des siècles, font partie intégrante du processus.  S'ils sont davantage médiatisés aujourd'hui, c'est parce que des recherches approfondies nous ont permis de mieux comprendre ces phénomènes et leurs répercussions climatiques planétaires. 

 

Quelles incidences le changement climatique aura-t-il sur El Niño et La Niña?

Dans le contexte du changement climatique, le Groupe d'experts intergouvernemental (GIEC) a déclaré dans son quatrième rapport d'évaluation que rien ne laisse vraiment supposer, à l'heure actuelle, que l'intensité ou la fréquence des phénomènes ENSO évoluera sensiblement dans le courant du XXIe siècle.  Cela n'exclut pas pour autant une éventuelle évolution des extrêmes associés à ces phénomènes.  Le GIEC conclut dans son rapport qu'il est très probable que la fréquence des chaleurs extrêmes, des vagues de chaleur et des épisodes de fortes précipitations continuera d'augmenter à la faveur du changement climatique. 

Les recherches se poursuivent en vue d'établir clairement si le changement climatique se traduira oui ou non par des épisodes El Niño et/ou La Niña plus fréquents et plus intenses.

Comme fait-on pour surveiller et prévoir le phénomène El Niño/La Niña?

Les données météorologiques et océanographiques qui permettent de surveiller et de prévoir les anomalies El Niño et La Niña sont recueillies à l'aide de systèmes d'observation nationaux et internationaux.  L'échange et le traitement des données s'effectuent dans le cadre de programmes coordonnés par l'Organisation météorologique mondiale.

Il existe plusieurs moyens de prévoir l'évolution de la situation dans le Pacifique.  Ainsi, des modèles dynamiques complexes permettent d'établir des projections à partir de la situation actuellement observée dans le Pacifique tropical.  Des modèles de prévision statistique peuvent également mettre en évidence certains signes précurseurs de cette évolution.  L'analyse de la situation actuelle par des spécialistes apporte en outre un complément d'information, notamment en ce qui concerne les incidences de l'évolution des conditions qui prédominent sous la surface océanique.  Les méthodes de prévision les plus perfectionnées prennent en considération les effets des interactions de l'océan et de l'atmosphère sur le système climatique.  Plusieurs centres répartis dans le monde suivent constamment l'évolution de la situation dans le contexte du phénomène ENSO et s'attachent à établir et diffuser régulièrement leurs analyses et leurs prévisions.  L'OMM aide les différents centres à se mettre d'accord entre eux et établit un bulletin Info-Niño/Niña qui est publié régulièrement (environ tous les trois mois) avec le concours de l'Institut international de recherche sur le climat et la société (IRI) et à titre de contribution aux travaux de l'Équipe spéciale interinstitutions des Nations Unies pour la prévention des catastrophes naturelles.  Le bulletin Info-Niño/Niña est basé sur les informations fournies par les grands centres qui, dans le monde entier, s'intéressent à ce phénomène. 

 

 

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L’Organisation météorologique mondiale est l’organisme des Nations Unies qui fait autorité

pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau

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Mme Carine Richard-Van Maele, chef du Bureau de la communication et des relations publiques, OMM.
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