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Communiqué de presse N° 829

Les communiqués de presse sont destinés à l'information;
ils ne constituent pas un compte rendu officiel.

16 septembre
JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA PROTECTION DE L'OZONE

Le trou d’ozone plus grand en 2008 qu’en 2007
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Genève, le 16 septembre 2008 (OMM) – «Après avoir subi des assauts chimiques pendant des décennies, la couche d’ozone aura peut-être besoin d’une cinquantaine d’années pour se rétablir pleinement. Comme le montre le Protocole de Montréal, lorsque l’environnement subit une détérioration aussi poussée, il a besoin d’énormément de temps pour s’en remettre» a déclaré le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, BanKi-moon, à l’occasion de la Journée internationale de la protection de la couche d’ozone, célébrée ce jour. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), le trou d’ozone antarctique sera plus grand en 2008 qu’en 2007. Les changements observés dans la stratosphère pourraient retarder la reconstitution de la couche d’ozone. Il est donc indispensable que tous les États Membres qui ont engagé des programmes de mesures stratosphériques continuent d’appuyer et d’intensifier les efforts consentis dans ce domaine.

Depuis les années 50, des mesures régulières de l’ozone à l’aide de spectrophotomètres installés en surface, de capteurs embarqués sur ballon, d’aéronefs et de satellites sont effectuées par les Services météorologiques et hydrologiques nationaux des Membres de l’OMM et par différents partenaires dans le monde entier. Trente ans plus tard, des mesures complètes et détaillées ont commencé, sous la coordination du Programme de la Veille de l’atmosphère globale (VAG) de l’OMM. Elles se sont révélées essentielles pour la série d’évaluations scientifiques de l’appauvrissement de la couche d’ozone publiées depuis le milieu des années 80 par l’OMM et le Secrétariat de l’ozone du Programme des Nations Unies pour l’environnement, lesquelles mettent en évidence les progrès accomplis dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone. Les évaluations les plus récentes remontent au printemps 2007. Les travaux relatifs à la prochaine évaluation scientifique de l’ozone débuteront vers le milieu de l’année 2009.

Vingt-deux pays ont signé la Convention de Vienne en 1985. Le Protocole de Montréal a été signé deux ans plus tard le 16 septembre, une date qui a été proclamée «Journée internationale de la protection de la couche d’ozone» par l’Organisation des Nations Unies. En 2008, cette journée a pour thème «Le Protocole de Montréal: un partenariat mondial pour des bienfaits mondiaux».

Le Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone, qui structure ce que nous faisons pour arrêter la dégradation de la fragile couche de protection de la Terre, permet également de lutter contre les changements climatiques: beaucoup de substances chimiques réglementées par ce traité contribuent en effet au réchauffement général. Grâce à l’élimination progressive des chlorofluorocarbones (CFC) – autrefois d’usage courant dans des produits tels que les réfrigérateurs – et à la décision prise aujourd’hui d’accélérer le gel et l’abandon progressif des hydrochlorofluorocarbones (HCFC), le traité permet de faire d’une pierre deux coups. Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies a exprimé l’espoir que «ces résultats inciteront les gouvernements à relever toute une série de défis sur le plan écologique, et pas seulement en période de prospérité».

À la fin du mois d’août 2008, l’OMM a diffusé son premier bulletin bihebdomadaire de la série 2008 sur l’état présent de la couche d’ozone stratosphérique en Antarctique. Ces bulletins sont fondés sur les données provisoires transmises par les stations de la VAG de l’OMM établies en Antarctique ou à proximité, c’est-à-dire là où les déperditions de ce gaz sont les plus régulières et les plus spectaculaires.

Selon le dernier bulletin, le tourbillon polaire est actuellement plus circulaire qu’il y a un an à la même époque. De ce fait, le processus d’appauvrissement de la couche d’ozone a commencé à une date proche de la moyenne pour la période 1979-2007 et donc un peu plus tard que l’an dernier, alors que le tourbillon avait une forme plus allongée et était plus exposé à la lumière solaire. Quant aux conditions météorologiques observées jusqu’ici, elles semblent indiquer que le trou d’ozone de 2008 sera moins étendu que celui de 2006, mais davantage que celui de 2007.

Généralement, la destruction de la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique atteint son paroxysme fin septembre ou début octobre. En 2008, le trou dans la couche d’ozone s’est formé relativement tard. Toutefois, ces deux dernières semaines, il s’est agrandi rapidement, au point de dépasser désormais l’étendue maximale atteinte en 2007. Bien qu’il soit encore en phase d’extension, il est encore trop tôt pour déterminer quelle sera son étendue cette année. Le 13 septembre 2008, le trou d’ozone s’étendait déjà sur 27 millions de kilomètres carrés, alors que sa superficie n’avait pas dépassé 25 millions de kilomètres carrés en 2007. L’OMM et la communauté scientifique se fonderont sur les observations de l’ozone réalisées au sol et depuis des ballons ou des satellites ainsi que sur les données météorologiques pour suivre de près son évolution dans les semaines et les mois à venir.

Les scientifiques sont de plus en plus conscients des relations possibles entre l’appauvrissement de la couche d'ozone et le changement climatique. En effet, l’augmentation de concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère entraînera une hausse des températures dans la troposphère et à la surface du globe, tandis que se produira un effet de refroidissement dans la stratosphère, aux altitudes où se trouve la couche d’ozone. Ces dernières décennies, on a effectivement observé un refroidissement de la stratosphère en hiver, en Arctique comme en Antarctique. Cette baisse des températures facilite les réactions chimiques qui détruisent l’ozone. Dans le même temps, on a constaté une progression annuelle d’environ 1% de la quantité de vapeur d'eau présente dans la stratosphère. Or, une stratosphère plus froide et plus humide favorise la formation de nuages stratosphériques polaires, ce qui devrait accentuer la déperdition d’ozone dans les régions polaires des deux hémisphères.

Les changements observés dans la stratosphère pourraient retarder la reconstitution de la couche d’ozone. Il est donc capital que les bailleurs de fonds continuent de financer les travaux de recherche sur l’ozone stratosphérique et les effets nocifs du rayonnement ultraviolet et que tous les pays qui ont engagé des programmes de mesures stratosphériques intensifient leurs efforts dans ce domaine.

De concert avec le Conseil international pour la science (CIUS), l’OMM coordonne les activités menées au titre de l’Année polaire internationale 2007/08. Des milliers de scientifiques collaborent à l’étude des processus qui se déroulent dans les régions polaires, notamment ceux qui concernent l’ozone stratosphérique et le rayonnement ultraviolet. Le 25 février 2009, l’OMM et le CIUS célèbreront la clôture de l’Année polaire internationale à Genève, et l’OMM publiera un document sur le statu de la recherche polaire.

 

 

L'Organisation météorologique mondiale est l'organisme des Nations Unies qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l'eau

 

Pour obtenir plus d’informations sur le trou d’ozone antarctique ou l’appauvrissement de la couche d’ozone en général, veuillez consulter la page Web de l’OMM consacrée à l’ozone à l’adresse suivante: http://www.wmo.int/pages/prog/arep/gaw/ozone/index.html

Pour de plus amples renseignements, veuillez vous adresser à:

Mme Carine Richard-Van Maele, Chef du Bureau de la communication et des relations publiques, OMM. Tél.: +41 (0)22 730 83 15; cpa[at]wmo.int

Mme Gaëlle Sévenier, attachée de presse (tél.: +41(0)22 730 84 17;gsevenier@wmo.int)

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