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Communiqué de presse N° 900

Les communiqués de presse sont destinés à l'information;
ils ne constituent pas un compte rendu officiel.

Selon l’OMM les conditions d’un épisode La Niña
d’intensité modérée à forte devraient se poursuivre en
2011

Genève, le 11 octobre 2010 (OMM) – On observe actuellement des conditions caractéristiques d'un épisode La Niña d'intensité modérée à forte dans la zone équatoriale de l’océan Pacifique. Selon le bulletin d'information Info-Niño/Niña publié aujourd’hui par l’Organisation météorologique mondiale, ces conditions devraient persister au moins pendant le premier trimestre de l’année à venir et pourraient même encore se renforcer au cours des quatre à six prochains mois.

La Niña se caractérise par des températures océaniques anormalement basses dans la zone centrale et orientale du Pacifique équatorial. El Niño, à l'inverse, se caractérise par des températures océaniques anormalement élevées. Ces deux manifestations du même phénomène peuvent s’étendre sur douze mois ou plus et perturber la configuration habituelle des précipitations ainsi que la circulation atmosphérique aux latitudes tropicales et avoir des répercussions à grande échelle sur le climat dans de nombreuses régions du monde, auxquelles sont associés des risques liés au climat.

«Presque tous les modèles de prévision prévoient la persistance de l’actuel épisode La Niña,
et possiblement son renforcement, au cours des quatre à six prochains mois, soit pendant une bonne partie du premier trimestre de 2011,» est-il précisé dans le bulletin d'information Info-Niño/Niña.

Cette situation découle de la forte interaction entre les éléments de l’océan et de l’atmosphère qui caractérise l'épisode actuel et de l'ampleur de la zone où les températures sous la surface de la mer sont inférieures à la moyenne.

L’actuel épisode La Niña s'est rapidement développé en juin et juillet 2010, après la dissipation en avril de l'épisode El Niño 2009/10. Depuis le mois d’août, il est d’une intensité modérée à forte.

Dans le centre et l'est du Pacifique équatorial, les températures de surface de la mer sont inférieures à la moyenne d'environ 1,5 °C. Les conditions atmosphériques dans la zone tropicale du Pacifique sont étroitement couplées à cette configuration des températures de surface de la mer, ce qui se traduit par un renforcement des alizés et une réduction de la nébulosité sur une grande partie du centre et de l’est de cette région.

La température de l'eau sous la surface enregistrée dans cette zone traduit elle aussi fortement la présence d'un épisode La Niña, avec des valeurs inférieures à la moyenne de 2 à 6 °C. Ce gros volume d'eau anormalement froide risque fort de maintenir la froideur actuelle des eaux à la surface des océans, voire de la renforcer.

Gestion des risques climatiques 

Bien que l'actuel épisode La Niña comporte des similitudes avec les épisodes passés, il se peut que ses répercussions sur les régimes climatiques locaux soient différentes de celles observées par le passé. Il est donc important, pour gérer les risques liés au climat, de prendre connaissance des prévisions climatiques régionales et des perspectives d’évolution saisonnières qui tiennent compte non seulement des manifestations actuelles du phénomène La Niña, mais aussi d'autres facteurs susceptibles d'avoir une incidence sur le climat local.

Dans le monde entier, les organismes climatologiques nationaux et régionaux et les forums régionaux sur l’évolution probable du climat émettent des prévisions climatiques locales détaillées pour aider les gouvernements, les entreprises et la société civile à se préparer face aux risques climatiques, tels que les crues et les épisodes de sécheresse, généralement associés aux manifestations de La Niña, et par conséquent, à les réduire.

Le bulletin d'information Info-Niño/Niña est un produit fondé sur le consensus, établi par l’OMM en étroite collaboration avec l'Institut international de recherche sur le climat et la société (IRI), établi aux États-Unis d'Amérique, sur la base d’informations fournies par les divers centres de prévision du climat et spécialistes répartis dans le monde. Il est élaboré à titre de contribution aux travaux de l’Équipe spéciale interinstitutions des Nations Unies pour la prévention des catastrophes naturelles.

Atelier sur le phénomène El Niño/Oscillation australe (ENSO) en Amérique du Sud 

El Niño et La Niña sont des phénomènes extrêmes opposés du cycle El Niño/Oscillation australe, également appelé le cycle ENSO. Il s’agit d’un phénomène climatique naturel à grande échelle, qui se traduit par des fluctuations d’une année à l’autre, cohérentes, et parfois fortes, des températures de surface de la mer, des régimes de précipitations, de la pression atmosphérique en surface et de la circulation de l’air se produisant dans la zone équatoriale de l’océan Pacifique, et qui fait l’objet de recherches approfondies dans de nombreux pays du fait de ses répercussions climatiques sur tout le globe.

Pour faire avancer la recherche dans ce domaine, en mettant l’accent spécifiquement sur l’Amérique du Sud, le Programme mondial de recherche sur le climat (PMRC) parraine un atelier international sur le phénomène ENSO, variabilité décennale et changements climatiques en Amérique du sud, qu’il organise du 12 au14 octobre, à Guayaquil, Équateur, en collaboration avec le Centre international de recherche sur le phénomène El Niño (Centro Internacional para la Investigación del Fenómeno El Niño, CIIFEN).

Des spécialistes du climat du monde entier se pencheront sur divers sujets, notamment les phénomènes naturels comme la variabilité décennale des répercussions d’ENSO, les différences qui touchent les particularités des régimes de température à la surface de la mer d’un épisode El Niño à l’autre, et l’influence du réchauffement climatique sur ENSO et sur la façon dont ce dernier affecte les conditions météorologiques mondiales. Ces recherches conduiront à l’établissement d’informations qui seront plus utiles à la prise de décision par tous les intéressés au sens le plus large.

Notes aux éditeurs: 

En règle générale, au cours d’un épisode La Niña, les précipitations s’intensifient à l’ouest de la zone équatoriale du Pacifique, l’Indonésie et les Philippines et sont quasiment nulles à l’est de cette zone équatoriale. On observe généralement une humidité supérieure à la normal de décembre à février sur le nord de l’Amérique du sud et l’Afrique australe et de juin à août sur le sud-est de l’Australie. En revanche, les conditions observées le long des côtes de l’Équateur, dans le nord-ouest du Pérou et dans la région équatoriale d’Afrique de l’Est sont généralement plus sèches de décembre à février, et dans le sud du Brésil et la partie centrale de l’Argentine, de juin à août.

Les épisodes La Niña provoquent aussi des anomalies de température sur des zones étendues du globe, les régions les plus touchées subissant des conditions anormalement fraîches. Ainsi, de décembre à février, les températures sont inférieures à la normale sur le sud-est de l’Afrique, le Japon, le sud de l’Alaska et les parties occidentales et centrales du Canada ainsi que sur le sud-est du Brésil; de juin à août la fraîcheur est supérieure à la normale en Inde et en Asie du Sud-Est, le long de la côte ouest de l’Amérique du Sud, dans la région du golfe de Guinée ainsi que dans la zone nord de l’Amérique du Sud et certaines parties de l’Amérique centrale; et de décembre à février, la chaleur est supérieure à la normale le long des États américains du golfe du Mexique.

Si les épisodes El Niño/La Niña influent sur la probabilité d'occurrence de certains régimes climatiques dans le monde entier, leurs conséquences ne sont jamais exactement les mêmes. En outre, il importe de savoir que même si la situation concernant El Niño ou La Niña peut être le principal facteur à prendre en compte lors de l'évaluation des risques climatiques dans de nombreuses régions, des phénomènes climatiques extrêmes peuvent aussi résulter d'interactions de l'océan et de l'atmosphère en dehors de la zone tropicale du Pacifique. Par conséquent, les perspectives d’évolution du climat devraient tenir compte des effets tant de l’actuel épisode La Niña que de facteurs climatiques pertinents pour des zones précises.

Dans les mois qui viennent, des spécialistes produiront régulièrement des interprétations
plus détaillées des fluctuations du climat à l'échelle régionale, dont la diffusion sera assurée
par les Services météorologiques et hydrologiques nationaux. Les liens vers les sites Web
des Services météorologiques ou hydrométéorologiques des Membres sont indiqués à l’adresse suivante: http://www.wmo.int/pages/members/members_fr.html.

Vous trouverez des précisions concernant l’Atelier international sur le phénomène
ENSO, variabilité décennale et changements climatiques en Amérique du Sud à l’adresse suivante: www.clivar.org/meetings/enso_2010.php

 

L’Organisation météorologique mondiale est l’organisme des Nations Unies qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau

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Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec:

À l'OMM:

Mme Carine Richard-Van Maele, chef du Bureau de la communication et des relations publiques (tél.: +41(0)22 730 83 15;  mobile: 41(0)79 406 47 30;  courriel: cpa@wmo.int)

Clare Nullis, attachée de presse, Bureau de la communication et des relations publiques
(tél.: +41(0)22 730. 84 78; courriel: cnullis@wmo.int)

Site Web: http://www.wmo.int

 

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