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Communiqué de presse N° 904

Les communiqués de presse sont destinés à l'information;
ils ne constituent pas un compte rendu officiel.

2010 au nombre des trois années les plus chaudes
2001-2010:
la décennie la plus chaude

L'année 2010 fera presque certainement partie des trois années les plus chaudes jamais enregistrées depuis 1850, date à laquelle ont débuté les relevés instrumentaux, d'après les données compilées par l'Organisation météorologique mondiale (OMM). La température moyenne combinée de l'air à la surface des terres et de la mer, en 2010 (janvier-octobre), présente actuellement une anomalie positive estimée à 0,55 °C ± 0,11 °C1 (0,99 °F ± 0,20 °F) par rapport à la normale calculée pour la période 1961-1990 (14 °C/57,2 °F). L'année 2010 se classe provisoirement au premier rang des années les plus chaudes, juste devant 1998 (anomalie positive de 0,53 °C pour la période janvier-octobre) et 2005 (+ 0,52 °C)2. Les données de réanalyse «ERA-Interim3» révèlent elles aussi que les températures afférentes à la période janvier octobre 2010 atteignent des niveaux quasi records. On ne connaîtra le rang auquel se classera en définitive 2010 qu'au début de l’année prochaine, lorsque pourront être analysées les données relatives à novembre et décembre.  D’après les données préliminaires relevées entre le 1er et le 25 novembre, les températures mondiales relatives à novembre 2010 sont analogues à celles de novembre 2005, ce qui confirme pour l'instant que les températures mondiales pour l'ensemble de l'année avoisineront des niveaux records.

Sur la décennie 2001-2010, l'anomalie positive est de 0,46 °C par rapport à la normale calculée pour la période 1961-1990, soit 0,03 °C de plus que la moyenne de la période 2000-2009 et l'anomalie la plus forte jamais constatée pour une période de 10 ans. Ces dernières années, le réchauffement a été particulièrement marqué en Afrique, dans une partie de l'Asie et dans certaines régions de l'Arctique. Dans les sous-régions, Sahara/péninsule arabique, Afrique de l'Est, Asie centrale et Groenland/Arctique canadien, les températures moyennes pour la décennie 2001-2010 dépassent de 1,2 à 1,4 °C la moyenne à long terme et de 0,7 à 0,9 °C celles calculées pour toutes les décennies précédentes.

Les températures relevées à la surface des terres ont été supérieures à la normale un peu partout dans le monde. Les anomalies les plus marquées concernent deux grandes régions: la première englobe la majeure partie du territoire canadien et du Groenland, l'anomalie positive de la température annuelle atteignant ou dépassant 3 °C dans certains secteurs du Groenland et dans les régions arctiques et subarctiques de l'est canadien. La deuxième englobe presque toute la moitié nord de l'Afrique et la majeure partie de l'Asie méridionale, jusqu'à la moitié ouest du territoire chinois, l'anomalie positive sur la majeure partie de cette zone atteignant 1 à 3 °C. En maints endroits, c'est l'année la plus chaude qui ait jamais été enregistrée: c'est le cas de la majeure partie de l'Afrique du Nord, de la péninsule arabique et de l'Asie du Sud-Ouest (la Turquie et la Tunisie ayant connu l’année la plus chaude leur histoire) ainsi que de l'Arctique canadien et du littoral groenlandais. Quatre des cinq sous-régions4 qui se trouvent entièrement ou partiellement en Afrique (Afrique occidentale et australe, Sahara/péninsule arabique et région méditerranéenne) sont en passe de connaître l'année la plus chaude de leur histoire, de même que l'Asie centrale et méridionale, et la sous-région Groenland/Arctique canadien. Sur l'ensemble du territoire canadien, la température moyenne est là aussi la plus haute qui ait jamais été enregistrée.

Seules certaines zones continentales restreintes ont connu des températures inférieures à la normale en 2010, en particulier l'ouest et le centre de la Sibérie, en Fédération de Russie, certaines régions du sud de l'Amérique du Sud, l'intérieur de l'Australie, une partie de l'Europe du Nord et de l'Ouest, la Chine orientale et le sud-est des États-Unis d'Amérique. L'Europe du Nord et le nord de l'Asie ont connu leur année la plus fraîche, respectivement depuis 1996 et 1998, situation due essentiellement à un hiver anormalement froid. Un certain nombre de pays d'Europe du Nord, notamment le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et la Norvège devraient connaître eux aussi leur année la plus fraîche depuis 1996.

Les températures de surface de la mer ont été inférieures à la normale dans la majeure partie du Pacifique oriental à cause de l'épisode La Niña qui est apparu dans le courant de l'année, mais elles ont été nettement supérieures à la normale dans la majeure partie des océans Indien et Atlantique. L'Atlantique Nord tropical a été particulièrement chaud, les températures atteignant des niveaux records dans une grande partie de la zone située à l'est de 55 °W.

 

Phénomènes climatiques régionaux 

Précipitations extrêmes liées à la mousson d'été dans certaines régions d'Asie

Le Pakistan a été frappé par les pires inondations de son histoire provoquées par des pluies de mousson exceptionnellement abondantes.  Le principal épisode pluvieux en cause est survenu entre le 26 et le 29 juillet, où les totaux pluviométriques enregistrés sur quatre jours ont dépassé 300 mm sur une large zone autour de Peshawar, dans le nord du Pakistan.  De nouvelles pluies abondantes se sont produites plus au sud entre le 2 et le 8 août, venant aggraver les inondations.  Plus de 1 500 personnes ont perdu la vie et plus de 20 millions ont dû être évacuées vu qu’une grande partie des terres agricoles du pays s’est retrouvée sous les eaux.  Cette catastrophe a été considérée par l’Organisation des Nations Unies comme la plus grave crise humanitaire de l’histoire récente.  Le cumul de pluie enregistré pendant la saison de la mousson au Pakistan figure au quatrième rang des plus élevés qu’ait connus le pays, qui n’avait pas connu de mousson aussi arrosée depuis 1994.

Les précipitations estivales ont été nettement supérieures à la normale dans l’ouest de l’Inde, tandis qu’en Chine, les inondations de mousson sont les plus graves que le pays ait connues depuis 1998, les régions du sud-est et, dans une moindre mesure, du nord-est étant les plus touchées.  Ces inondations se sont d’ailleurs étendues à la péninsule coréenne.  Le tribut humain a été particulièrement lourd en Chine, où plus de 1 400 personnes ont perdu la vie dans la province de Gansu, à cause des inondations elles-mêmes ou des glissements de terrain qu’elles ont provoqués.  Moyennées sur l’ensemble du territoire indien, les pluies de mousson n’ont toutefois dépassé la normale que de 2 %, et ont même été bien inférieures à la moyenne dans le nord-est de l’Inde et au Bangladesh, où la saison de mousson a été la plus sèche que le pays ait connue depuis 1994.

Vagues de chaleur extrême en Fédération de Russie et ailleurs

L’été boréal a été marqué par des vagues de chaleur exceptionnelles qui ont frappé plusieurs régions d’Eurasie.  C’est en Russie occidentale que la chaleur a été la plus extrême, avec un pic entre début juillet et mi-août, mais les températures étaient déjà bien supérieures à la normale dès le mois de mai.  La température moyenne de juillet a accusé un écart de 7,6 °C par rapport à la normale à Moscou, où ce mois a été le plus chaud – de plus de 2 °C – que cette ville ait jamais connu, et cette situation anormale a perduré jusqu’à ce que les températures commencent à baisser dans la dernière décade d’août.  Moscou a enregistré un nouveau record de chaleur le 29 juillet, date à laquelle le thermomètre a atteint 38,2 °C, et pendant 33 jours consécutifs, la température a été supérieure ou égale à 30 °C (à titre de comparaison, la température n’a jamais dépassé cette valeur pendant l’été 2009).  Dans la seule ville de Moscou, la vague de chaleur a fait quelque 11 000 victimes5.  Dans le centre de la Russie européenne, la température moyenne de l’été a été supérieure de 5 °C à la normale par endroits.  La chaleur s’est accompagnée d’incendies de forêt catastrophiques et la grave sécheresse qui a sévi en particulier dans le bassin de la Volga a mis à mal les récoltes dans l’ensemble de la région.  Les pays voisins ont été également touchés:  des températures diurnes très élevées ont été relevées en Finlande, en Ukraine et au Bélarus, et certaines régions du sud-est de l’Europe, notamment la Serbie, ont connu un nombre record de nuits extrêmement chaudes.

L’été a été très chaud dans bien d’autres régions d’Eurasie et d’Afrique du Nord.  Comme les températures ont été aussi largement supérieures à la normale également dans l’Extrême-Orient russe, la Fédération de Russie a connu dans son ensemble l’été le plus chaud de son histoire, ce qui est aussi le cas du Japon et de la Chine.  Avant la mousson d’été, l’Asie méridionale a connu une chaleur exceptionnelle, notamment à MohenjoDaro, au Pakistan, où le thermomètre a atteint 53,5 °C le 26 mai, soit un record pour le pays et la température la plus élevée qui ait été relevée en Asie depuis 1942, voire depuis plus longtemps.  Des vagues de chaleur extrême ont frappé sporadiquement l’Afrique du Nord et la péninsule arabique durant l’été.  Le thermomètre a atteint notamment 52 °C à Djedda (Arabie saoudite), 50,4 °C à Doha (Qatar) et 47,7°C à Taroudant (Maroc).

Un hiver hors normes dans de nombreuses régions de l’hémisphère Nord 

Aux moyennes latitudes, le flux d’ouest habituel a été exceptionnellement faible durant l’hiver boréal 2009/10, ce qui a entraîné de nombreuses et nettes anomalies climatiques dans diverses régions.  Ainsi, l’hiver a été plutôt froid sur une grande partie de l’Europe (à l’exception de la région méditerranéenne), dans la Russie asiatique (sauf l’Extrême-Orient) et en Mongolie.  Les anomalies négatives les plus marquées (plus de 4 °C) ont été constatées en Russie centrale, mais dans un contexte historique, c’est sur la périphérie occidentale de l’Europe que la situation a été la plus inhabituelle, l’Irlande et l’Écosse ayant connu toutes deux leur hiver le plus froid depuis celui de 1962/63.  Bien d’autres régions du nord et du centre de l’Europe ont connu leur hiver le plus froid depuis 1978/79, 1986/87 ou 1995/96, bien que d’une manière générale, les températures relevées ne sauraient être qualifiées d’exceptionnelles si on les met en perspective.  L’absence des vents d’ouest habituels s’est aussi traduite par des précipitations déficitaires sur les régions côtières, où elles sont normalement abondantes:  l’ouest de la Norvège a ainsi connu l’hiver le plus sec de son histoire (déficit de 72 % par rapport à la normale).  Les forts vents d’ouest ont été rares pendant la majeure partie de l’hiver, mais une violente tempête (Xynthia) a toutefois balayé le nord-ouest de l’Europe à la fin du mois de février:  les effets conjugués du vent et des ondes de tempête ont occasionné des dommages de grande ampleur, en particulier en France, où la vitesse du vent a dépassé 150 km/h sur la côte Atlantique.  Plus au sud, l’hiver a été très arrosé, les précipitations atteignant le double de la normale, voire plus, dans maintes régions d’Espagne, du Portugal, d’Italie et du sud-est de l’Europe.

L’hiver a été particulièrement chaud en Afrique du Nord.  Les températures de février ont été en moyenne supérieures de 3,7 °C à la normale dans la sous-région Sahara/péninsule arabique, ce qui constitue une anomalie record quel que soit le mois considéré.  Fin février, le nord de l’Algérie a enregistré des températures comprises entre 30 et 36 °C, les plus élevées pour un mois de février qui aient été relevées depuis 1980.  L’hiver a été aussi anormalement clément en Turquie et au Moyen-Orient.

En Amérique du Nord, le gradient de température entre le nord et le sud a été beaucoup plus faible que d’ordinaire.  Le Canada a connu l’hiver le plus clément de son histoire, l’anomalie positive atteignant 4 °C au niveau national et 6 °C, voire plus, dans certaines régions du nord.  (Le printemps a été lui aussi le plus chaud qu’ait connu le pays, l’anomalie positive atteignant 4,1 °C).  Les températures étaient également clémentes plus à l’est, au Groenland et au Spitzberg.  Le Canada a par ailleurs connu l’hiver le plus sec de son histoire, le déficit de précipitations étant particulièrement marqué en Colombie britannique (cette situation conjuguée à des températures exceptionnellement clémentes, s’est traduite par des conditions d’enneigement médiocres pour certaines manifestations des Jeux Olympiques d’hiver à Vancouver).  En revanche, les températures ont été inférieures à la normale dans la majeure partie du territoire continental des États-Unis d’Amérique (à l’exception de l’extrême nord-ouest et nord-est).  C’est l’hiver le plus froid que le pays dans son ensemble ait connu depuis l’hiver 1984/85, et dans la plupart des régions du sud – le Texas et les régions situées plus à l’est – l’hiver 2009/10 fait partie des dix hivers les plus froids jamais enregistrés.  Les basses températures se sont accompagnées d’un manteau neigeux exceptionnellement étendu, et le cumul de neige saisonnier a été très élevé dans certaines villes de la côte est, atteignant même un niveau record à Washington.

Fortes pluies et inondations

En 2010, de fortes pluies liées à l’intensification d’un épisode La Niña se sont abattues sur une bonne partie de l’Indonésie et de l’Australie, où l’on a observé en particulier des pluies inhabituelles à partir du mois de mai (normalement la période la plus sèche de l’année). En Indonésie, de juin à octobre, on a enregistré une hauteur de précipitation mensuelle au moins deux fois supérieure à la normale dans presque toute l’île de Java, dans les îles à l’est de Java et dans la partie sud des Célèbes (Sulawesi). En Australie, la période comprise entre mai et octobre a été la plus humide jamais observée dans le nord du pays, avec une pluviosité supérieure de 152 % à la normale, alors que, plus au sud, des pluies plus abondantes que la normale ont contribué à atténuer la sécheresse persistante dans certaines régions du sud-est. Le printemps a été exceptionnellement humide et même, selon la moyenne établie pour l’ensemble du pays, le plus humide jamais enregistré.

Même si la pluviosité saisonnière n’a pas été supérieure à la normale de façon aussi persistante plus au nord en Asie du Sud-Est, la Thaïlande et le Viet Nam ont subi des inondations de grande ampleur en octobre, qui ont fait beaucoup de victimes et causé des dommages économiques considérables.

De graves inondations se sont produites dans de nombreuses autres régions du globe en 2010. En Afrique, dans l’ouest du Sahel, la mousson estivale particulièrement active a provoqué à plusieurs reprises des inondations, notamment au Bénin et au Niger. Le Bénin a ainsi dû faire face aux pires inondations jamais observées du point de vue de leur incidence, qui ont causé de lourdes pertes dans le secteur agricole et de graves perturbations des services publics (ces inondations ont par exemple empêché la population d’accéder aux centres de soins), bien que dans la plupart des cas, les hauteurs de précipitation n’aient pas battu de records.

En Europe centrale, de graves inondations ont eu lieu en mai, notamment dans l’est de l’Allemagne, en Pologne et en Slovaquie. Fin juin, des inondations se sont produites en Roumanie, en Ukraine et en Moldova. L’Allemagne a ensuite connu son mois d’août le plus humide jamais observé. À Bursa, en Turquie, la période comprise entre janvier et octobre a été la plus humide jamais observée (1 152 mm, soit 132 % de plus que la normale), alors qu’en Roumanie, la hauteur moyenne de précipitation relevée entre janvier et octobre était supérieure de 34 % à la normale et qu’en République tchèque, le nord de la Bohême enregistrait son année la plus humide depuis 1981.

En Amérique du Sud, la Colombie a connu en novembre ses plus graves inondations depuis plus de trente ans. De plus, des crues éclair plus localisées ont causé d’importants dégâts et fait des victimes dans beaucoup d’autres régions du globe, en particulier à Rio de Janeiro (Brésil) en avril, à Madère en février, dans l’Arkansas (États-Unis d’Amérique) en juin et dans le sud de la France en juin.

Sécheresse en Amazonie et ailleurs

Certaines parties du bassin de l’Amazone ont particulièrement souffert de la sécheresse pendant la deuxième moitié de 2010. Dans le nord-ouest du Brésil, une période de sécheresse inhabituelle de juillet à septembre a considérablement réduit le débit des cours d’eau dans de nombreux secteurs du bassin de l’Amazone, à tel point que le Rio Negro, l’un des principaux affluents de l’Amazone, a atteint son plus faible niveau jamais observé. Plus tôt dans l’année, le Guyana et la partie est des Caraïbes ont été durement frappés par la sécheresse, la hauteur de précipitation pour la période comprise entre octobre 2009 et mars 2010 correspondant généralement aux 10 % les plus sèches parmi les années ayant fait l’objet de relevés.

En Asie, certaines régions du sud-ouest de la Chine ont dû faire face à une sécheresse intense à la fin de 2009 et au début de 2010. Dans les provinces du Yunnan et du Ghizhou, on a enregistré les plus faibles précipitations depuis le début des relevés pendant la période comprise entre septembre 2009 et la mi‑mars 2010, avec des hauteurs totales de précipitation généralement inférieures de 30 à 80 % à la normale. Ces situations de sécheresse se sont aussi accompagnées de températures supérieures à la normale et ont provoqué de nombreux incendies de forêt. Ces conditions ont cependant évolué avec les fortes pluies qui sont tombées en été. Le Pakistan a aussi souffert de la sécheresse au cours des premiers mois de 2010, avant le début de la mousson. Les pluies estivales ont aussi mis fin à l’intensification de la sécheresse dans certaines régions d’Europe de l’Ouest, où le Royaume-Uni a connu sa période comprise entre janvier et juin la plus sèche depuis 1929.

Certaines autres régions du sud de l’Asie, notamment le nord-est de l’Inde, le Bangladesh et certaines parties de la Thaïlande et du Viet Nam, ont connu une sécheresse relative pendant la saison principale de la mousson, même si des inondations se sont produites en Thaïlande et au Viet Nam en octobre. En Australie, bien que des précipitations supérieures à la normale aient atténué la sécheresse persistante dans nombre de régions, le sud-ouest a nettement fait exception, puisque la période comprise entre janvier et octobre 2010 y a été la plus sèche jamais observée.

El Niño, La Niña et autres phénomènes de grande ampleur influant sur le climat

L’année 2010 a débuté par un épisode El Niño bien établi dans l’océan Pacifique. Cette anomalie s’est dissipée rapidement au cours des premiers mois de l’année. Après une évolution rapide, des conditions caractéristiques d’un épisode La Niña sont apparues en août. Par certains aspects, cette anomalie La Niña, qui se renforce encore en fin d’année, est la plus marquée depuis au moins le milieu des années 1970 et a eu une incidence particulièrement forte sur l’atmosphère, puisque l’indice d’oscillation australe a atteint en septembre sa plus grande valeur mensuelle depuis 1973. Ce passage d’un épisode El Niño à un épisode La Niña est semblable à celui qui a eu lieu en 1998 – une autre année particulièrement chaude –, bien qu’El Niño ait été d’une intensité moindre et La Niña d’une plus forte intensité en 2010 qu’en 1998.

Dans la partie est du secteur tropical de l’océan Indien, on a aussi relevé des températures supérieures à la normale pendant le deuxième semestre de 2010 (ce qui correspond à une valeur négative du dipôle de l’océan Indien), contrairement aux températures généralement inférieures à la normale qui avaient été relevées dans cette zone lors du précédent épisode La Niña en 2007/08. L’oscillation arctique et l’oscillation nord-atlantique sont restées en phase négative pendant la plus grande partie de l’année, ce qui s’est révélé tout à fait exceptionnel pendant l’hiver 2009/10 dans l’hémisphère Nord, la plupart des indicateurs correspondant aux valeurs saisonnières les plus négatives jamais enregistrées pour ces oscillations. Quant à l’oscillation antarctique (aussi appelée mode annulaire austral), elle s’est maintenue en phase positive pendant la plus grande partie de l’année, atteignant ses plus fortes valeurs mensuelles depuis 1989 en juillet et en août.

Activité cyclonique très inférieure à la normale, sauf dans l’Atlantique Nord

En 2010, l’activité cyclonique à l’échelle du globe a été très inférieure à la normale, sauf dans l’Atlantique Nord. Jusqu’à la date du 30 novembre, on a observé 65 cyclones tropicaux au total, dont 35 ont atteint le stade de l’ouragan ou du typhon. Ces deux chiffres sont bien inférieurs aux moyennes à long terme, qui s’établissent à 85 et 44 respectivement. Le total final pour l’année devrait être probablement le plus faible depuis au moins 1979.

L’activité cyclonique a été particulièrement faible dans le Pacifique Nord, où l’on a dénombré seulement sept cyclones dans la partie nord-est et quatorze cyclones dans la partie nord-ouest (les moyennes à long terme s’établissant à 17 et 26 respectivement). Les totaux pour le Pacifique Nord-Est et Nord-Ouest ont été les plus faibles jamais enregistrés de janvier à novembre. En revanche, l’Atlantique Nord a connu une saison cyclonique très active avec 19 tempêtes nommées et 12 ouragans, ce qui constitue la deuxième valeur la plus élevée après le record de 15 ouragans établi en 2005 (les moyennes à long terme s’établissant à 10 et 5 respectivement).

Le cyclone tropical le plus intense de l’année a été le supertyphon Megi, qui a balayé le nord des Philippines en octobre après avoir atteint une pression centrale minimale de 885 hPa, ce qui en fait le cyclone tropical le plus intense du monde depuis 2005 et le plus intense du Pacifique Nord‑Ouest depuis 1984. Megi a causé de lourds dommages aux infrastructures et à l’agriculture dans le nord des Philippines, à Taïwan et dans la province chinoise du Fujian, mais a fait peu de victimes. Tomas, qui s’est développé dans l’Atlantique Nord en novembre, a été classé en catégorie 2, mais s’est accompagné de pluies qui ont contribué à la propagation d’une épidémie de choléra en Haïti.

Régions polaires: troisième étendue minimale la plus faible jamais observée de la banquise arctique en été

L’étendue de la banquise arctique a encore été très inférieure à la normale en 2010. Cette banquise a atteint son étendue minimale le 19 septembre, sa superficie s’établissant alors à 4,6 millions de kilomètres carrés, soit le troisième minimal saisonnier le plus faible observé par satellite après ceux de 2007 et 2008, inférieur de plus de 2 millions de kilomètres carrés à la moyenne à long terme. L’embâcle de l’automne 2010 a aussi été anormalement lente, puisqu’au 28 novembre, la couverture de glace était la moins étendue jamais observée à cette époque de l’année. Dans le secteur canadien, on a relevé la plus faible étendue de glace estivale jamais observée. Cette faible étendue de la couverture de glace va de pair avec les températures très supérieures à la normale relevées dans la plus grande partie de l’Arctique, de nombreuses stations du Groenland – à l’instar de la région du Groenland et de la partie arctique du Canada dans son ensemble – faisant état des températures annuelles moyennes les plus élevées jamais enregistrées, avec des valeurs supérieures de 3 à 4 °C à la normale.

En revanche, l’étendue de la banquise antarctique a été en général légèrement supérieure à la normale en 2010, la moyenne mensuelle minimale étant de 3,16 millions de kilomètres carrés en février, soit une valeur supérieure de 0,22 million de kilomètres carrés à la moyenne à long terme. Quant aux températures moyennes relevées dans l’Antarctique, elles étaient aussi légèrement supérieures à la normale.

Origine des données utilisées dans le présent communiqué

Ces informations préliminaires pour 2010 sont fondées sur les données climatiques transmises par divers réseaux de stations météorologiques et climatologiques terrestres ainsi que par des navires, des bouées et des satellites. Les données sont recueillies et diffusées en permanence par les Services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) des 189 Membres de l’OMM et plusieurs instituts de recherche qui collaborent avec eux. Elles permettent d’alimenter en permanence trois grands centres mondiaux de collecte et d’analyse des données climatiques, qui constituent et tiennent à jour des jeux de données homogènes à l’aide de méthodes éprouvées. L’analyse des températures mondiales réalisée par l’OMM repose donc principalement sur trois ensembles de données complémentaires. L’un de ses ensembles est le jeu de données combiné tenu à jour par le Centre Hadley du Met Office du Royaume-Uni et l’Unité de recherche sur le climat de l’Université d’East Anglia (Royaume-Uni). Le deuxième ensemble est le jeu de données tenu à jour par l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA) relevant du Département américain du commerce, et le troisième est fourni par le Goddard Institute for Space Studies (GISS), qui relève de la NASA. Quant aux informations préliminaires pour novembre 2010, elles sont tirées de l’ensemble de données fondé sur les réanalyses ERA-Interim, qui est tenu à jour par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT). Le contenu du présent communiqué de l’OMM est vérifié et évalué de façon critique avant publication par des experts éminents d’autres centres et organismes climatologiques internationaux, régionaux et nationaux.

Les informations et chiffres définitifs pour 2010 seront publiés en mars 2011 dans la Déclaration annuelle de l’OMM sur l’état du climat mondial.

 

1. La marge d'incertitude de +/- 0,11 °C a été calculée à partir du seul jeu de données HadCRU. Il est probable que pour les trois jeux de données combinés, cette incertitude soit légèrement plus faible, mais elle n'a pas été quantifiée.

2. Les marges d'incertitude pour 2005 et 1998 sont de +/- 0,10 °C.

3. La réanalyse ERA-Interim émane du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT).

4. Les sous-régions mentionnées ici sont celles qui sont définies par le GIEC (voir le site http://www.ipcc.ch/ipccreports/tar/wg1/fig10-1.htm), certains noms régionaux ont été légèrement modifiés. Les anomalies de température à l'échelle sous-régionale sont tirées du jeu de données HadCRU.

5. D’après un responsable de la santé à Moscou, cité par l’Agence France Presse (http://www.terradaily.com/reports/Russian heatwave caused 11000 deaths in Moscow official 999.html)

 

L’Organisation météorologique mondiale est l’organisme des Nations Unies qui fait autorité

pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau

 

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Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec:

 

Mme Carine Richard-Van Maele, chef du Bureau de la communication et des relations publiques (tél.: +41 (0)22 730 83 15; tél. port.: +41 79 406 47 30; courriel: cpa@wmo.int)

Mme Clare Nullis, attachée de presse, Bureau de la communication et des relations publiques, (tél.: +41 (0)22 730 84 78; courriel: cnullis@wmo.int)

Site Web de l’OMM: www.wmo.int

 

 
 
       

 

 

 

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