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Communiqué de presse N° 913

Les communiqués de presse sont destinés à l'information;
ils ne constituent pas un compte rendu officiel.

UNE ÉQUIPE D'EXPERTS PRÉCONISE UN NOUVEAU CADRE MONDIAL POUR
LES SERVICES CLIMATOLOGIQUES AFIN DE SAUVER DES VIES, DE PRÉSERVER LES MOYENS DE SUBSISTANCE DES POPULATIONS ET DE PRÉVENIR LES CATASTROPHES

Genève, le 12 mai 2011 (OMM) – Un éminent groupe d'experts recommande la mise en place d'un nouveau système mondial pour la prestation de services climatologiques qui aiderait les pays à anticiper les changements climatiques et à s'y adapter, à réduire les risques de catastrophes liés aux phénomènes extrêmes, à sauver des vies humaines et à préserver les moyens de subsistance des populations pour les générations à venir.

Une équipe spéciale de haut niveau propose dans son rapport une stratégie de mise en œuvre d'un Cadre mondial pour les services climatologiques afin de combler les lacunes dans ce domaine en assurant la coordination requise et en veillant à ce que l'information climatologique parvienne aux pays et aux populations vulnérables qui en ont le plus besoin.

L'Équipe spéciale a chiffré le coût de la mise en place du Cadre mondial à environ 75 millions de dollars É.-U. par année, dont quelque 72 millions proviendraient de l'aide au développement et seraient consacrés à des projets de renforcement des capacités des pays les plus exposés aux effets néfastes du changement climatique. Le Cadre mondial proposé favoriserait une approche intégrée des enjeux liés à la variabilité du climat, au changement climatique et à la prévention des catastrophes et exploiterait les capacités actuelles, en matière de prestation de services, des Services météorologiques et hydrologiques nationaux et d'autres organismes actifs dans ce domaine.

«Avec ce modeste investissement, nous allons révolutionner l'accès des populations vulnérables aux connaissances et à l'information climatologiques. Nous pourrons ainsi sauver des vies, prévenir des catastrophes et améliorer l'efficacité des services sanitaires, agronomiques et hydrologiques dans l'intérêt des plus démunis», a déclaré Jan Egeland, coprésident de l'Équipe spéciale.

«Nous partageons tous la même planète, la même atmosphère, le même océan, le même système climatique aux multiples facettes. Chaque groupe humain, chaque secteur socio-économique subit l'influence de la variabilité et de l'évolution du climat», a souligné le Secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), Michel Jarraud.

«Je suis persuadé que les investissements consentis dans les politiques d'adaptation et de prévention et dans la gestion des risques climatiques ne pourront porter tous leurs fruits, en évitant les gaspillages, que si les décideurs ont à leur disposition des informations scientifiques de la meilleure qualité qui soit. C'est là l'objectif poursuivi par le Cadre mondial pour les services climatologiques.»

Le rapport de l'Équipe spéciale a été présenté à la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophes, qui est la plus grande instance mondiale s'occupant de prévention des catastrophes et de renforcement des capacités d'adaptation des collectivités. L'OMM participe étroitement à ses travaux vu qu'elle est très active dans le domaine de la prévention des catastrophes, l'une des priorités mentionnées dans le rapport de l'Équipe spéciale.

L'Organisation des Nations Unies avait demandé que soit établi ce rapport au vu des recommandations formulées lors de la troisième Conférence mondiale sur le climat, en 2009. Le Seizième Congrès météorologique mondial (16 mai – 3 juin 2011) examinera les recommandations et les propositions de l'Équipe spéciale relatives à la mise en place du Cadre mondial pour les services climatologiques. Un service climatologique consiste à fournir des informations destinées à faciliter la gestion des risques climatiques et à mettre à profit les possibilités offertes par le climat.

 

Informations scientifiquement fondées

Environ 90% des catastrophes survenues ces dernières décennies étaient liées à des phénomènes d'origine météorologique ou climatique – cyclones tropicaux, ondes de tempête, inondations, sécheresses, etc. Les pertes économiques qu'elles provoquent ne cessent de croître et s'élèvent actuellement à quelque 100milliards de dollars É.-U. par an, retardant parfois le développement de plusieurs années, voire plusieurs décennies.

Le changement climatique entraînera vraisemblablement une augmentation de la fréquence et de l'intensité des phénomènes extrêmes, et du fait de la croissance démographique, les populations exposées seront de plus en plus nombreuses.

Il est donc capital de pouvoir disposer d'informations sur le climat qui soient d'une grande rigueur scientifique de manière à mieux comprendre ces phénomènes extrêmes et empêcher qu'ils ne se muent en catastrophes humaines et économiques. C'est par une gestion rationnelle des risques climatiques actuels que l'on se donnera les moyens de maîtriser les risques de demain.

Les progrès de la modélisation et de la prévision du climat ouvrent des perspectives sans précédent en matière de gestion des risques et des phénomènes extrêmes. Cela suppose la mise en place de stratégies avisées de planification et de gestion à moyen et à long terme dans ce domaine.

Dans son rapport, l'Équipe spéciale de haut niveau estime que l'utilisation à l'échelle du globe de services climatologiques renforcés se traduira par des gains socio-économiques considérables.

«Inacceptable et injuste»

Le rapport de l'Équipe spéciale souligne trois éléments fondamentaux:

«Premièrement nous sommes conscients de la vulnérabilité de chaque être humain face au
climat – en particulier les phénomènes extrêmes qui entraînent des pertes en vies humaines et détruisent les moyens d'existence partout dans le monde et avant tout dans les pays en développement. Deuxièmement, nous savons que, lorsqu'ils existent, les services climatologiques axés sur les besoins sont d'une très grande utilité s'agissant d'aider les collectivités, les entreprises privées, les organisations et les pouvoirs publics à gérer les risques climatiques et à exploiter les opportunités liées au climat. Troisièmement, nous mesurons le gouffre qui sépare les besoins en services climatologiques de l'offre actuelle en la matière. Ces services font défaut tout particulièrement là où on en a le plus besoin, à savoir dans les pays en développement vulnérables face au climat. »

«Une telle situation nous paraît inacceptable et injuste. Aussi envisageons-nous la mise en place d'un système intégré pour la fourniture de services climatologiques et leur application aux processus de décision à tous les niveaux de la société, [ce qui] nécessite une mobilisation des efforts à l'échelle du globe».

«Nous estimons que le Cadre mondial pour les services climatologiques est le moyen qu'il nous faut pour orienter et coordonner cette action. Au prix d'un investissement modeste et en se fondant sur les systèmes et les capacités déjà en place, nous pensons qu'il sera possible d'obtenir des gains importants, qu'il s'agisse de la réduction des risques de catastrophes, de l'amélioration de la sécurité alimentaire et de la santé ou d'une meilleure adaptation aux changements climatiques, ou encore du développement et de la qualité de vie dans tous les pays et tout particulièrement dans les plus pauvres et les plus vulnérables d'entre eux.»

Forte de 12 membres, l'Équipe spéciale était coprésidée par Mahmoud Abu Zeid (Égypte) et
Jan Egeland (Norvège). Elle a recommandé que priorité soit donnée à la prévention des catastrophes et aux secteurs de l'eau, de la santé et de l'agriculture.

Elle a donné des exemples précis de la façon dont on peut réduire les risques de catastrophes par des politiques actives s'appuyant sur des données scientifiques. «En Chine», peut-on lire dans le rapport, «on estime que deux millions de personnes ont péri dans les inondations de juillet 1959, mais au cours de la dernière décennie (2000-2009), le nombre annuel moyen de décès officiellement imputables aux inondations a été ramené à 577 grâce à la mise en place de systèmes de surveillance et d'alerte précoce conjugués à des services d'évacuation efficaces.»

«De même, dans la région de la corne de l'Afrique, au Bangladesh, en Chine et en Inde, où les famines du siècle dernier ont fait des millions de victimes, les programmes de sécurité alimentaire ont permis de réduire fortement voire d'éliminer cette mortalité. Les programmes en question utilisent des données de surveillance et d'alerte précoce sur le climat, l'agriculture, la situation des ménages et les marchés alimentaires, en intégrant les résultats obtenus dans les mécanismes nationaux et internationaux d'aide alimentaire. Dans un grand nombre de pays, les gouvernements utilisent les prévisions saisonnières pour anticiper des crises éventuelles et éviter que des phénomènes climatiques extrêmes ne se muent en véritables catastrophes.»

Combler les lacunes

Les fondements d'un système mondial de prestation de services climatologiques se trouvent déjà dans la structure actuelle de l'OMM et les réseaux exploités par l'Organisation, qui pourront être facilement mis à profit pour les besoins du Cadre mondial. On mentionnera dans ce contexte les systèmes d'observation du temps et du climat et de transmission des données correspondantes, les programmes de recherche sur le climat et les techniques de gestion des risques utilisées dans divers secteurs socio-économiques. Comme ils jouent un rôle clef dans le domaine des observations météorologiques et des systèmes d'alerte précoce, les Services météorologiques et hydrologiques nationaux sont les mieux placés pour assurer des services climatologiques.

Il manque cependant un cadre fédérateur pour développer les éléments déjà en place, combler les lacunes, remédier aux insuffisances et renforcer les capacités des pays en développement, qui sont les plus vulnérables face à la variabilité du climat et au changement climatique. Plus du tiers des pays sont actuellement incapables d'offrir davantage que des services climatologiques de base, certains n'étant même pas en mesure d'atteindre ce niveau.

«Nous avons besoin de développer la recherche partout dans le monde», a déclaré Michel Jarraud. «Il nous faut mettre au point des services climatologiques plus ciblés, sur le modèle des services météorologiques. Aucun pays quel qu'il soit ne saurait y parvenir seul. Nous avons besoin d'un système multilatéral et pluridisciplinaire.»

L’Organisation météorologique mondiale est l’organisme des Nations Unies qui fait autorité

pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau

Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact, à l’OMM, avec:

MmeCarine Richard-Van Maele, chef du Bureau de la communication et des relations publiques (tél.:+(4122)7308315; courriel: cpa@wmo.int)

ou

MmeClare Nullis, attachée de presse, Bureau de la communication et des relations publiques (tél.:+(4122)7308478; +(41 79) 709 13 97 (mobile); courriel:cnullis@wmo.int)

Site Web de l’OMM: http://www.wmo.int

 

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