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Communiqué de presse N° 930

Les communiqués de presse sont destinés à l'information;
ils ne constituent pas un compte rendu officiel.


LA GESTION DES SÉCHERESSES AURAIT TOUT À GAGNER DE L'OPTIMISATION DES SERVICES CLIMATOLOGIQUES

Genève/Changwon (République de Corée), le 18 octobre 2011 (OMM) – Les progrès de la science devraient rendre plus efficaces les politiques mises en œuvre pour combattre la sécheresse et la désertification et en gérer les conséquences. Il est impératif de les traduire par des mesures concrètes si l'on veut relever les défis posés par le changement climatique, selon l'Organisation météorologique mondiale.

L'eau et la sécurité alimentaire font partie des grands domaines prioritaires définis pour le nouveau Cadre mondial pour les services climatologiques (CMSC) que l'OMM et ses partenaires du système des Nations Unies et du secteur humanitaire ont entrepris de mettre en place. Il s'agit d'aider tous les pays et toutes les populations, en particulier les plus vulnérables d'entre elles, à accéder en temps opportun à des informations climatologiques adaptées à leurs besoins.

Si la qualité des prévisions saisonnières s'est beaucoup améliorée, tant à l'échelle nationale qu'à l'échelle régionale, trop souvent ce type d'information ne parvient pas à ceux qui en ont le plus besoin, par exemple les petits exploitants qui pratiquent une agriculture de subsistance et qui doivent prendre des décisions concernant les semailles et l'élevage. Le Cadre mondial est conçu pour remédier à cette situation en assurant notamment un contact permanent entre les fournisseurs et les bénéficiaires des services climatologiques.

"Le nouveau Cadre mondial pour les services climatologiques constituera un important moyen de lutte contre la sécheresse et la dégradation des terres", a déclaré le Secrétaire général de l'OMM, Michel Jarraud. "Il permettra de rationaliser les politiques de gestion de la sécheresse en donnant la priorité à la réduction des risques de catastrophe, alors qu'aujourd'hui l'accent est mis sur les interventions en situation de crise. Nous sommes convaincus que la société en retirera des bénéfices à tous les niveaux."

Segment de haut niveau de la Conférence des Parties à la CCD

M. Jarraud a esquissé les grandes lignes du nouveau Cadre mondial lors du segment de haut niveau de la dixième session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CCD), qui se déroule à Changwon (République de Corée). Il a pris la parole à l'occasion d'une table ronde organisée sur le thème des connaissances scientifiques mises au service de la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse.

Dans sa lutte contre la sécheresse et la désertification, l'OMM collabore étroitement avec le Secrétariat de la Convention. Avec le concours de l'Administration américaine pour les océans et l'atmosphère (NOAA), les deux organisations organisent au Maroc, le mois prochain, un colloque international sur la mise en place d'un système intégré d'information sur les sécheresses, dont les résultats viendront alimenter les débats d'une réunion de haut niveau sur les politiques nationales de lutte contre la sécheresse, prévue pour mars 2013.

L'OMM et le Secrétariat de la CCD ont également entrepris de mettre au point, avec le Partenariat mondial pour l'eau, un programme intégré de gestion des situations de sécheresse qui s'adresse aux décideurs et aux différents responsables dans ce domaine. Il s'agit de coordonner à l'échelle du globe l'acquisition des connaissances scientifiques et de mettre en commun les meilleures pratiques en matière de gestion des risques de sécheresse.

Bien que de nombreux pays se soient dotés de véritables stratégies de prévention face aux risques induits par les inondations et les cyclones tropicaux, les sécheresses font souvent l'objet de mesures a posteriori (gestion de crise). Afin de prévenir des catastrophes humanitaires à répétition comme celle que connaît actuellement la Corne de l'Afrique, il est nécessaire de mettre en oeuvre des politiques de lutte contre la sécheresse qui intègrent l'évaluation des risques, la surveillance, la prévision et l'alerte précoce, la réduction des risques, l'atténuation des effets et les interventions.

Les sécheresses sont devenues plus fréquentes ces vingt dernières années, d'où la nécessité d'instaurer des politiques nationales et régionales de lutte contre ce fléau.

Perspectives

Lors de la table ronde mentionnée plus haut, M. Jarraud a souligné les points suivants:

- Même en faisant abstraction de la problématique du changement climatique, la dégradation des terres est extrêmement préoccupante dans la mesure où quelque sept milliards d'êtres humains doivent tirer leur nourriture de 11% seulement de la surface des terres émergées.

- Le tableau est encore plus sombre si l'on prend en considération les effets cumulés (depuis 1750) des émissions de gaz à effet de serre provenant des activités humaines (exploitation des combustibles fossiles et utilisation des sols).

- Le quatrième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) expose divers scénarios qui prédisent un réchauffement pouvant atteindre 2,4 à 6,4°C d'ici à la fin du siècle, un accroissement des précipitations aux hautes latitudes et une diminution de celles-ci dans les régions subtropicales, ce qui entraînerait une extension des zones touchées par la sécheresse.

- Le rapport du GIEC anticipe aussi une augmentation de la fréquence et de l'ampleur des catastrophes naturelles qui, conjuguées à l'élévation du niveau de la mer, viendront accentuer les menaces qui pèsent sur les populations des très grands deltas.

- D'après ces projections, on pourrait assister, selon les régions, à une aggravation de la dégradation des terres à cause de la sécheresse ou bien à une plus forte érosion des sols sous l'effet de précipitations accrues.

- Il en va de même pour les ressources en eau, qui subissent directement l'influence du changement climatique. Le débit moyen annuel des cours d'eau et les ressources en eau devraient, selon les projections, augmenter de 10 à 40% aux latitudes élevées et dans certaines zones tropicales humides, et diminuer de 10 à 30% dans les régions sèches des latitudes moyennes et de la ceinture subtropicale. Par conséquent, il se pourrait que des bassins fluviaux qui furent jadis le berceau de la civilisation deviennent infertiles.

- C'est ainsi qu'en modifiant la configuration spatiotemporelle classique des températures, des précipitations, du rayonnement solaire et des vents, le changement climatique va accentuer la désertification. Les sociétés devraient donc reconnaître que, le plus souvent, la sagesse et les connaissances traditionnelles ne peuvent plus nous renseigner valablement sur l'avenir.

L’Organisation météorologique mondiale est l’organisme des Nations Unies

 qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau

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Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact à l'OMM avec:

Mme Clare Nullis, attachée de presse, Bureau de la communication et des relations publiques de l'OMM, tél.: +41 (0)22 730 84 78; portable: +(41 79) 709 13 97; courriel: cnullis[a]wmo.int

 

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