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Communiqué de presse N° 970

Les communiqués de presse sont destinés à l'information;
ils ne constituent pas un compte rendu officiel.

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Les Nations Unies jettent les bases d'une société plus résistante à la sécheresse

Il est urgent de passer de la gestion de crise à la réduction des risques

Genève, le 15 mars 2013 – Pour la première fois de l'histoire, une grande conférence des Nations Unies a arrêté la marche à suivre pour mettre en place des politiques de lutte contre la sécheresse qui soient fondées sur la prévention et l'anticipation afin d'accroître la résilience de nos sociétés face à la catastrophe naturelle la plus destructrice qui soit, exacerbée par le changement climatique.

La Réunion de haut niveau sur les politiques nationales en matière de sécheresse a constitué la première initiative internationale d'envergure visant à jeter les bases scientifiques de la réduction des risques de sécheresse, appelée à prendre le pas sur les politiques qui consistent à agir au cas par cas en parant au plus pressé, mesures coûteuses qui arrivent souvent trop tard pour éviter les pertes en vies humaines, les déplacements de populations et les destructions.

La réunion a débouché sur une déclaration encourageant les gouvernements à concevoir et mettre en œuvre des politiques nationales de gestion de la sécheresse qui s'inscrivent dans le cadre de leurs objectifs de développement. Des orientations scientifiques et stratégiques détaillées sur les moyens d'y parvenir ont été également fournies (voir la déclaration, le document scientifique et le document directif).

«La prévention doit être notre priorité», a déclaré le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans un message adressé aux délégués. «Les pays doivent adopter d'urgence des stratégies visant à accroître leur capacité d'adaptation, en particulier celle des populations démunies, qui sont toujours frappées en premier, et le plus durement.»

La réunion s'est tenue du 11 au 15 mars sous les auspices de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) ainsi que d'autres partenaires. Plus de 300 hauts responsables politiques, des organismes d'aide au développement ainsi que d'éminents scientifiques et chercheurs y étaient conviés. Son Excellence Brigi Rafini, Premier Ministre du Niger, pays frappé par des sécheresses à répétition, présidait le segment de haut niveau, où plus de 20 ministres ont pris la parole. Le Prince d'Orange, président du Conseil consultatif sur l'eau et l'assainissement auprès du Secrétaire général de l'ONU, a prononcé un discours sur la nécessité d'une gestion intégrée des ressources en eau.

«Nous venons de faire un pas de géant vers l'adoption de politiques de lutte contre la sécheresse davantage axées sur l'anticipation afin de protéger les vies humaines et les moyens de subsistance. C'est la première fois qu'une rencontre sur ce thème est organisée à l'échelle planétaire, et
il en ressort que nous avons les connaissances, l'expérience et la détermination de réduire le
coût humain et économique de la sécheresse», a déclaré le Secrétaire général de l'OMM,
Michel Jarraud.

«Accroître la résistance à la sécheresse ne consiste pas seulement à en atténuer les effets: il s'agit d'un investissement à haut rendement garanti. Le coût des interventions a posteriori est bien plus élevé que celui de la préparation à la sécheresse et de la gestion des risques. Par conséquent, nous appelons les gouvernements et toutes les parties prenantes des pays exposés à ce fléau à collaborer à la mise au point des politiques nationales de lutte contre la sécheresse. Nous sommes prêts à les y aider», a souligné le Secrétaire exécutif de la CNULCD, Luc Gnacadja.

«De par sa nature et vu les conséquences qu'elle entraîne pour des secteurs clefs comme l'eau, l'agriculture, la météorologie, la sylviculture, la pêche et l'aquaculture, la sécheresse représente un défi qui suppose une étroite collaboration entre tous ces secteurs et bien d'autres encore si l'on veut que les objectifs fixés dans ce domaine soient atteints. Or cette collaboration fait malheureusement défaut. Aussi espérons-nous que le dialogue amorcé entre un grand nombre de partenaires dans le cadre de cette réunion de haut niveau constituera un point de départ qui nous permettra de lever peu à peu tous les obstacles», a déclaré Ann Tutwiler, Représentante spéciale de la FAO auprès des organisations du système des Nations Unies à Genève.

Selon les estimations, la sécheresse serait la catastrophe naturelle la plus coûteuse qui soit:
les dommages qu'elle cause oscillent chaque année entre 6 et 8 milliards de dollars, et aucune autre calamité naturelle ne touche autant de personnes. Depuis 1900, les sécheresses ont fait plus de 11 millions de victimes et ont eu des conséquences pour 2 milliards de personnes. La fréquence, la durée et l'intensité de ces phénomènes devraient s'accroître sous l'effet du changement climatique, alourdissant ainsi le bilan humain et économique.

Depuis les années 1970, les superficies touchées par la sécheresse ont doublé, ce qui fragilise les moyens d'existence, annule les bénéfices du développement et accentue la pauvreté pour les millions de personnes dont la subsistance dépend directement des terres. Souvent, les femmes, les enfants et les personnes âgées payent le plus lourd tribut.

Les épisodes récurrents de sécheresse qui frappent des régions vulnérables d'Afrique ont attiré l'attention du monde entier, en raison des famines et des bouleversements sociaux et économiques majeurs qu'ils entraînent. Au Sahel, la sécheresse est responsable d'une baisse de 26 % de la production céréalière en 2012 par rapport à 2011. Avec plus de 10 millions de personnes souffrant encore d'insécurité alimentaire et 1,4million d'enfants menacés de malnutrition aiguë, la situation demeure grave.

D'autres régions font également les frais de ce fléau, qui a frappé ces dernières années les
États-Unis, la Russie, l'Europe, l'Inde, le Brésil et l'Australie et a eu des effets dévastateurs sur les approvisionnements alimentaires dans le monde entier.

Lors de leurs interventions, les participants ont démontré que la planification dynamique de la gestion de la sécheresse était désormais possible grâce aux progrès importants réalisés dans les domaines des sciences et de la technologie, ainsi qu'aux connaissances dont nous disposons en matière de gestion durable des terres. Diverses innovations ont également permis d'améliorer les mécanismes nationaux et régionaux de surveillance de la sécheresse, les systèmes d'alerte précoce, les interventions fondées sur les risques et les stratégies d'atténuation des conséquences et d'adaptation. 

Les participants ont formulé, par consensus, une déclaration dans laquelle ils soulignent qu'il importe d'établir des politiques nationales de gestion de la sécheresse. Plus particulièrement, les gouvernements sont encouragés à:

  • Mettre en place les éléments clefs d'une politique nationale efficace en matière de lutte contre la sécheresse: mesures anticipatives d'atténuation de l'impact, de prévention et de planification, gestion des risques, promotion de la science, de la technologie adéquate et de l'innovation, sensibilisation du public et gestion des ressources;
  • Promouvoir une collaboration renforcée afin d’améliorer les réseaux d’observation et les systèmes de diffusion des informations aux niveaux local, national, régional et mondial;
  • Mieux sensibiliser le public aux risques liés à la sécheresse et faire en sorte qu'il y soit mieux préparé;
  • Envisager, si possible dans le cadre juridique de chaque pays, la mise en place d'instruments économiques et de stratégies financières, en intégrant des mécanismes de réduction, de partage et de transfert des risques dans les plans de gestion de la sécheresse;
  • Élaborer des plans d'aide d’urgence, fondés sur une bonne gestion des ressources naturelles et sur l'auto-assistance aux niveaux pertinents de gouvernance;
  • Établir des liens entre les plans de gestion de la sécheresse et les politiques locales et nationales de développement.

Mieux gérer les situations de sécheresse est l'une des priorités du Cadre mondial pour les services climatologiques (CMSC) actuellement mis en place par les gouvernements sous l'égide des NationsUnies. Il s'agit en fait de fournir des informations et des services climatologiques de meilleure qualité, en particulier aux populations les plus vulnérables, afin de renforcer leur capacité d'adaptation à la sécheresse. L'amélioration rapide des capacités de prévision du climat sera déterminante à cet égard.

Le CMSC vise à favoriser l'accès, à l'échelle du globe, à des services climatologiques améliorés dans quatre secteurs prioritaires initiaux – agriculture et sécurité alimentaire, eau, santé et prévention des catastrophes – d'ici à la fin de 2017.

Les conclusions de la Réunion de haut niveau seront également communiquées à la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, qui se tiendra en septembre 2013. Lors de leur dernière conférence, en 2011, les Parties avaient décidé de formuler un cadre directif pour les activités de plaidoyer sur la sécheresse, en prenant compte des démarches sexospécifiques.


L’Organisation météorologique mondiale (OMM) est l’organisme des Nations Unies
qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau

Site Web: www.wmo.int

Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec:

Clare Nullis, Bureau de la communication et des relations publiques, OMM

Courriel: cnullis@wmo.int; tél.: +41 (0)22 730 84 78;  tél. port.: +41 (0)79 709 13 97

La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) est le seul accord international juridiquement contraignant qui établisse un lien entre environnement, développement et bonne santé des sols. Les 195 Parties signataires de la Convention s'attachent à réduire la pauvreté dans les régions arides, à y maintenir ou rétablir la productivité agricole et à atténuer les effets de la sécheresse.

Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec:

Wagaki Mwangi, responsable de l'information et des relations avec les médias, UNCCD

Tél.: +49-228-815-2820; courriel: wmwangi@unccd.int

 

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dirige l'action engagée à l'échelle internationale pour éradiquer la faim et mettre en place des systèmes de production alimentaires durables et équitables.

Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec:

Kimberly Sullivan, responsable de la communication et des publications, Département des ressources naturelles, Bureau du Sous-Directeur général, FAO

Tél.: +39 0657 055 023; courriel: kimberly.sullivan@fao.org

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