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Communiqué de presse OMM/PNUE

Les communiqués de presse sont destinés à l'information;
ils ne constituent pas un compte rendu officiel.

 

Le GIEC confirme que la Terre continuera de se réchauffer
sous l'effet des activités humaines, ce qui aura des répercussions spectaculaires sur le temps, le niveau de la mer et l'Arctique

 

Stockholm, le 27 septembre 2013 – Une évaluation internationale majeure consacrée au changement climatique et adoptée à Stockholm par 110 gouvernements apporte de nouvelles preuves scientifiques concluantes d'un bouleversement sans précédent de notre climat du fait des activités humaines.

Produit par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), lequel a vu le jour en 1988 sous les auspices de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), ce rapport confirme qu'il est extrêmement probable (à 95-100%) que le réchauffement observé depuis 1950 soit en grande partie attribuable aux activités humaines.

Le précédent rapport d'évaluation du GIEC, qui date de 2007, avait qualifié de «sans équivoque» les preuves d'un changement climatique anthropique, qui ont au moins 9 chances sur 10 d'être correctes.

Le nouveau rapport affirme en outre que si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel ou à un rythme supérieur, les océans, les glaciers et les calottes glaciaires, la biosphère et d'autres composantes du système climatique connaîtront des changements, dont certains seront très probablement sans précédent depuis des dizaines, des centaines voire des milliers d'années. Pour limiter l'ampleur du changement climatique, il faudrait réduire considérablement et de façon prolongée les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et autres gaz à effet de serre.

«Un faisceau de preuves confirme que la chaleur piégée par les gaz à effet de serre entraîne une hausse record des températures à la surface du globe», a déclaré le Secrétaire général de l'OMM, Michel Jarraud. «Les océans se réchauffent, le niveau de la mer s'élève, les glaciers et les calottes glaciaires fondent et les régimes météorologiques sont perturbés, sans parler des phénomènes extrêmes.»

«Le rapport du GIEC démontre que nous devrons abaisser considérablement le niveau des émissions dans le monde pour contrer les conséquences les plus catastrophiques du changement climatique», a poursuivi M. Jarraud. «Il contient aussi de nouveaux éléments scientifiques qui pourront servir à élaborer des informations et des services susceptibles d'aider la société à s'adapter aux effets du changement climatique.»

«Le changement climatique est un défi permanent mais qui n'en appelle pas moins une action immédiate», a déclaré le Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner. «Nous ne pouvons nous permettre de remettre à demain les mesures nécessaires étant donné le rythme et l'ampleur de l'accumulation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère et la menace grandissante d'une hausse de plus de 2°C de la température.»

«Il est absolument essentiel que les Nations Unies concluent d'ici à 2015 un nouvel accord universel sur le climat qui s'appuie sur des initiatives volontaristes visant par exemple à limiter les émissions de polluants climatiques de courte durée de vie comme le carbone noir», a-t-il ajouté. «Comme le montrent les études menées au titre de l'Initiative pour une économie verte, les perspectives offertes par un avenir économe en carbone sont prometteuses à de multiples égards: amélioration de la santé publique et de la sécurité alimentaire, création d'emplois, lutte contre le changement climatique dans l'intérêt des générations actuelles et futures, etc.»

«Ceux qui insistent sur les incertitudes scientifiques ont le droit de le faire, mais nous devons nous concentrer aujourd'hui sur l'essentiel et sur la politique à mener, faute de quoi les risques que nous courons s'aggraveront d'année en année.»

Le rôle du GIEC consiste à fournir aux gouvernements du monde des informations sur le changement climatique dont ils pourront se servir pour définir leurs politiques. Le cinquième Rapport d'évaluation du Groupe d'experts sera examiné par les négociateurs chargés de conclure en 2015 un nouvel accord au titre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Voici quelques conclusions de ce rapport:

·        La température moyenne à la surface du globe a augmenté de 0,89°C entre 1901 et 2012. Chacune des trois dernières décennies a été plus chaude que toutes celles qui se sont écoulées depuis 1850. Les années 1983 à 2012 constituent probablement la période de 30ans la plus chaude qu'ait connue l'hémisphère Nord depuis 1400 ans, et à l'échelle du globe, la première décennie du XXIe siècle a été la plus chaude de toutes (la publication de l'OMM intitulée The Global Climate 2001-2010: A Decade of Climate Extremes (Le climat dans le monde entre 2001 et 2010: une décennie d'extrêmes climatiques) fait état d'une température moyenne à la surface du globe estimée à 14,47°C pour cette décennie). La moyenne mondiale des températures devrait encore augmenter dans une fourchette comprise entre 0,3 et 0,7°C sur la période 2016-2035, et la température à la surface du globe, moyennée sur la période 2081-2100, devrait dépasser de 1,5°C voire 2°C (cela dépendra des futures émissions de gaz à effet de serre) les valeurs préindustrielles.

·        Des changements ont été constatés depuis 1950 environ en ce qui concerne bon nombre de phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes. Il est très probable que le nombre de journées et de nuits froides a diminué et que le nombre de journées et de nuits chaudes a augmenté à l'échelle de la planète, et la fréquence des vagues de chaleur s'est sans doute accrue dans une grande partie de l'Europe, de l'Asie et de l'Australie.

·        Il est quasiment certain que les couches supérieures de l'océan (jusqu'à 700m de profondeur) se sont réchauffées entre 1971 et 2010. Quant à l'océan profond – en-dessous de 3000m –, il s'est probablement réchauffé lui aussi depuis les années 1990, lorsqu'on a commencé à disposer de données d'observation suffisantes. L'évolution de la quantité de rayonnement solaire incident stocké par la planète se traduit pour une très grande part – environ 93% entre 1971 et 2010 – par un réchauffement des océans. Ce réchauffement se poursuivra durant le XXIe siècle: la chaleur passera de la surface aux profondeurs marines, perturbant la circulation océanique.

·        Le rythme d'élévation du niveau de la mer s'est accéléré depuis le milieu du XIXe siècle, par rapport à la moyenne calculée pour les deux millénaires précédents. Le niveau moyen de la mer s'est élevé de quelque 19cm entre 1901 et 2010 en raison du réchauffement des océans et de la fonte des glaciers et des inlandsis. La hausse s'est accélérée entre 1993 et 2010, et le rythme devrait très probablement s'accroître encore durant le XXIe siècle et au-delà. Le rapport signale que pendant la dernière période interglaciaire, lorsque les températures dépassaient de 2°C celles de l'ère préindustrielle, le niveau moyen de la mer était 5 à 10 m plus haut qu'aujourd'hui.

·        L'eau de mer s'est acidifiée (son pH a diminué de 0,1) depuis le début de l'ère industrielle à cause des émissions anthropiques de dioxyde de carbone, et le processus se poursuivra au XXIe siècle.

·        Dans l'hémisphère Nord, il est très probable que l'étendue et l'épaisseur de la banquise de l'Arctique continueront de diminuer et que l'étendue du manteau neigeux au printemps se réduira durant le XXIe siècle au fur et à mesure de l'augmentation de la température moyenne à la surface du globe. Selon certains scénarios, l'océan Arctique sera quasiment libre de glaces en septembre avant le milieu du siècle.

·        Il est très probable que les glaciers ont continué de reculer et de perdre de leur masse dans le monde entier, à quelques très rares exceptions près. Le volume des glaces pourrait diminuer encore de 35 à 85% d'ici à 2100, selon un scénario. Par ailleurs, l'étendue du manteau neigeux dans l'hémisphère Nord a diminué depuis le milieu du XXe siècle, surtout au printemps, et cette tendance se poursuivra elle aussi.

·        Il est probable que les activités humaines ont eu une incidence sur le cycle mondial de l'eau et ses manifestations depuis 1960. Ces dernières décennies par exemple, les précipitations ont augmenté aux latitudes moyennes de l'hémisphère Nord.

 

Le volume du cinquième Rapport d'évaluation consacré aux bases scientifiques physiques, dont la gestation a duré trois ans, est le fruit du travail de plus de 250 experts. D'autres volumes sur les conséquences et l'atténuation du changement climatique ainsi qu'un rapport de synthèse paraîtront dans l'année à venir. Le GIEC ne procède pas à de nouveaux travaux de recherche: son mandat consiste à fournir des évaluations susceptibles d'orienter les politiques et portant sur la littérature mondiale consacrée aux aspects scientifiques, techniques et socio-économiques du changement climatique. Ses rapports ont largement contribué à inciter les gouvernements à adopter et mettre en œuvre la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

 


Note aux journalistes: Pour de plus amples informations, vous pouvez consulter les sites www.ipcc.ch, www.wmo.int ou www.unep.org ou bien prendre contact avec Clare Nullis à l'OMM (tél.: +41 79 709 13 97; courriel: cnullis@wmo.int) ou Nick Nuttall au PNUE (tél.: +254 2 62 30 84; courriel: nick.nuttall@unep.org).

 

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