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Presse & Médias > ALLOCUTION PRONONCÉE À LA SÉANCE PLÉNIÈRE D'OUVERTURE DE LA VINGT-NEUVIÈME SESSION DU GIEC

by

M. Jarraud
Secretary-General
World Meteorological Organization
(Genèva, 31 Août 2008)

Monsieur Moritz Leuenberger, Conseiller fédéral et ancien Président de la Confédération suisse, représentant le Gouvernement fédéral suisse,
Monsieur Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies,
Monsieur Laurent Moutinot, Président du Conseil d'État de la République et Canton de Genève,
Monsieur Rajendra Pachauri, Président du GIEC,
Monsieur Achim Steiner, Directeur exécutif du PNUE,
Monsieur Roberto Acosta, représentant le Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC),
Mesdames et Messieurs les représentants nationaux du GIEC,
Mesdames et Messieurs les représentants des organismes des Nations Unies et des organisations partenaires,

Chers collègues,

C'est un plaisir pour moi de prendre la parole à l'occasion de la vingt-neuvième session du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui a été créé en 1988 par l'OMM et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).  Nous sommes heureux par ailleurs de célébrer aujourd'hui le vingtième anniversaire du GIEC.

Au nom de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et à titre personnel, je tiens à remercier le Gouvernement fédéral suisse et la République et Canton de Genève ainsi que leurs éminents représentants d'avoir bien voulu accueillir la vingt-neuvième session du GIEC en ce lieu exceptionnel, témoignant ainsi une nouvelle fois de l'attachement sans faille de la Suisse à l'action menée par la communauté internationale pour faire face aux changements climatiques et à leurs incidences, et à la mise en œuvre des mesures que la société réclame avec urgence. 

L'OMM voudrait en outre saluer la contribution apportée de longue date par la Suisse à l'observation du temps et du climat en évoquant l'éminent physicien et naturaliste
Horace-Bénédict de Saussure qui, au XVIIIe siècle, a conçu des instruments et gravi les plus hautes montagnes pour procéder à des mesures météorologiques d'avant-garde.  Je tiens aussi à mentionner qu'entre 1879 et 1896, Heinrich Wild a présidé les destinées de l'Organisation météorologique internationale (OMI), prédécesseur de l'OMM, et que Gustave Swoboda a été le premier Secrétaire général de l'OMM, entre 1951 et 1955.

Je voudrais par ailleurs exprimer ma gratitude au Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui soutient avec constance l'action que mène l'OMM dans le domaine du changement climatique et qui ne manque pas de souligner que ce problème et les mesures que nous prenons pour y faire face contribueront à caractériser notre époque et, en fin de compte, l'héritage que nous lèguerons à nos enfants.  C'est tout naturellement dans le cadre des Nations Unies qu'il convient de relever ce défi capital, et la séance de haut niveau que l'Assemblée générale des Nations Unies a consacrée à cette question en septembre 2007 est venue conforter le message selon lequel le moment est venu d'agir. 

Je tiens à remercier tout spécialement Rajendra Pachauri, qui préside le GIEC depuis avril 2002 et dont la direction a permis au Groupe d'experts de remporter de nouveaux succès qui viennent s'ajouter à ses précédentes réalisations.  C'est sous sa conduite et grâce aux efforts déployés par un grand nombre d'experts que le GIEC a achevé l'année dernière son quatrième rapport d'évaluation, qui a eu un retentissement sans précédent au sein de la communauté internationale et qui a attiré une nouvelle fois l'attention sur la responsabilité de l'homme dans le changement climatique.

Je voudrais aussi saluer la présence de Robert Watson, qui présidait le Groupe d'experts à l'époque du troisième rapport d'évaluation.  Le succès que le GIEC connaît aujourd'hui, est en effet dû à tous ceux qui ont collaboré à son action depuis vingt ans, et notamment à ceux qui nous ont quittés.  Aussi voudrais-je leur rendre un hommage particulier et rappeler que le premier Président du GIEC, Bert Bolin, qui fut à la barre du Groupe d'experts pendant près de dix ans, est décédé le 30 décembre 2007, quelques jours après que le GIEC se vit décerner le prestigieux prix Nobel de la Paix 2007 en reconnaissance de son «action menée pour rassembler et diffuser les connaissances sur les changements climatiques anthropiques et pour jeter les bases des politiques à mettre en œuvre pour en contrer les effets».  Enfin, on ne saurait évoquer les réalisations du GIEC sans mentionner l'intérêt que Bert Bolin a porté toute sa vie à la question du changement climatique.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Il est opportun de rappeler à l'occasion de la présente cérémonie que s'il est largement admis aujourd'hui que les activités humaines modifient le climat à un rythme de plus en plus alarmant, ce n'était pas le cas lorsque l'OMM a publié en 1976 la première déclaration faisant autorité sur l'accumulation du dioxyde de carbone dans l'atmosphère et son incidence possible sur le climat.  En février 1979, l'OMM organisait la première Conférence mondiale sur le climat, à la suite de laquelle, quelques semaines plus tard, le Huitième Congrès météorologique mondial (Genève, mai 1979), créait le Programme climatologique mondial (PCM) de l'OMM.  La Conférence a également débouché sur la création, en 1980, du Programme mondial de recherche sur le climat (PMRC) sous les auspices de l'OMM et du Conseil international pour la science (CIUS), rejoints par la suite par la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l'UNESCO.      

Des années de travail scientifique intensif devaient ensuite aboutir à la conférence décisive de Villach organisée en octobre 1985 par l'OMM, le PNUE et le CIUS.  Cette conférence a débouché sur une déclaration consensuelle sur l'ampleur probable du réchauffement climatique et de ses conséquences.  En 1987, le Dixième Congrès météorologique mondial reconnaissait officiellement dans le cadre de sa résolution 9 (Cg-X) «que des études nationales et internationales ont permis de conclure que l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre entraînera un changement climatique à l'échelle du globe, qui pourrait avoir de graves conséquences pour la société».  Le Congrès avait demandé par la même occasion au Conseil exécutif de l'OMM de faire le point sur les mécanismes de coordination mis en place pour faire face au problème posé par les gaz à effet de serre, ce qui aboutit à un resserrement des liens de collaboration déjà très étroits, entre l'OMM et le PNUE et un an plus tard, à la création du GIEC.

Paru en 1990, le premier rapport d'évaluation, a préparé le terrain pour la deuxième Conférence mondiale sur le climat organisée cette même année, ainsi que pour la négociation de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).  Cette deuxième conférence a en outre amené l'OMM, le PNUE, la COI de l'UNESCO et le CIUS à créer, en 1992, le Système mondial d'observation du climat (SMOC), afin de pouvoir disposer des observations systématiques nécessaires à l'étude du changement climatique. 

Aujourd'hui, après avoir pendant des années prévenu la communauté internationale des dangers liés au rejet dans l'atmosphère de gaz à effet de serre du fait des activités humaines, l'OMM a entrepris de fournir à la société les prévisions climatiques dont elle a besoin.  Pour jeter les bases d'une nouvelle ère dans le domaine de la prévision, pour sensibiliser tous les acteurs et mettre les gouvernements devant leurs responsabilités, l'OMM organise avec ses partenaires la troisième Conférence mondiale sur le climat, qui se tiendra du 31 août au 4 septembre 2009, c'est-à-dire dans exactement un an.  Comme l'a décidé le Quinzième Congrès météorologique mondial (Genève, mai 2007), cette conférence aura pour thème central la prévision et l'information climatologiques au service de la prise de décisions.  Nous sommes persuadés que ses résultats seront à la hauteur de ceux des deux précédentes conférences.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Les messages clés que contient le quatrième rapport d'évaluation du GIEC ont été largement diffusés avec l'appui de plusieurs pays et des Nations Unies et ont suscité une mobilisation internationale sur la question des changements climatiques qui a abouti en décembre dernier à la Conférence de Bali.  L'OMM s'emploie à soutenir l'action menée dans le contexte de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques pour parvenir à des accords devant  prendre le relais du Protocole de Kyoto et pour définir les stratégies à mettre en œuvre sur le long terme.  Je tiens par conséquent à souligner l'importance que revêt le consensus auquel est parvenu dernièrement l'Assemblée générale des Nations Unies sur la question des changements climatiques et, plus récemment encore, lors du Sommet du G8, tout en vous assurant que l'OMM continuera de mettre à disposition de tous les acteurs ses compétences.

En sa qualité d'institution des Nations Unies spécialisée dans les questions relatives au temps, au climat et à l'eau et en tant qu'organisme cofondateur et coparrain du GIEC, l'OMM est le principal fournisseur des informations scientifiques et techniques sur lesquelles le Groupe d'experts fonde ses évaluations, et ce grâce aux systèmes opérationnels adaptés aux besoins des utilisateurs qu'elle a mis au point avec les Services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) de ses 188 Membres.  Pratiquement tous les programmes de l'OMM apportent leur contribution aux évaluations du GIEC tout en tirant largement parti des conclusions du Groupe d'experts. 

Les incidences des changements climatiques sont perceptibles dans de nombreux domaines tels que la gestion des ressources en eau, la sécurité alimentaire et la santé.  Elles portent notamment préjudice au développement et à la sécurité des pays les plus démunis, qui sont souvent les plus exposés aux dangers naturels liés aux changements climatiques et les moins à même de s'adapter à l'évolution rapide de l'environnement.  Aussi les pays les moins avancés (PMA), les petits États insulaires en développement (PEID) et d'autres pays vulnérables seront-ils parmi les premiers à être touchés, et ce le plus durement, en particulier en Afrique.  Alors qu'ils sont manifestement parmi les moins responsables des changements climatiques, ces pays sont aussi les moins armés pour s'y préparer.  Il faut donc les aider à se donner les moyens de s'adapter aux changements climatiques, s'agissant notamment de recourir à des systèmes d'alerte rapide pour la prévention des catastrophes naturelles, dans la perspective du développement durable.

Une tâche capitale attend le GIEC et je voudrais aussi souligner que l'année dernière, le Quinzième Congrès météorologique mondial a décidé d'encourager le Groupe d'experts à poursuivre ses activités sur la base de son mandat actuel et à continuer de collaborer étroitement avec la CCNUCC et de fournir aux responsables de celle-ci les évaluations scientifiques, techniques et socio-économiques dont ils ont besoin.  L'OMM est donc déterminée à soutenir activement le Groupe d'experts comme elle l'a fait tout au long des vingt dernières années, notamment en facilitant la participation d'un nombre croissant de scientifiques des pays développés et en développement dans tous les domaines où un savoir spécialisé est nécessaire, pour être à même de relever les défis que posent les changements climatiques planétaires.  

L'OMM est heureuse et fière d'avoir coparrainé le GIEC avec le PNUE durant toute cette période et je souhaite que les activités que mènera le Groupe d'experts dans les années à venir soient couronnées de succès.

En conclusion, je tiens à féliciter une fois de plus la Suisse et la République et Canton de Genève de leur décision d'accueillir cette conférence historique.

Je vous remercie de votre attention.

 

 
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