LA DECLARATION DE LA CONFERENCE SUR L'OBSERVATION
ET L'EVALUATION DES RESSOURCES EN EAU EN AFRIQUE
1. "Une stratégie africaine d'évaluation des
ressources en eau" a été élaborée par
la Conférence OMM/CEA sur les ressources en eau :
politique et évaluation, tenue à Addis-Abeba du 20 au 25
mars 1995 et à laquelle participaient de hauts
représentants des organismes chargés des ressources en
eau en Afrique.
2. La Conférence avait pour objet de formuler une
stratégie pour restaurer, mettre en place, et/ou adapter les
moyens institutionnels, humains, financiers et techniques
nécessaires des services nationaux ainsi que des organes
régionaux concernés, afin qu'ils soient en mesure
d'évaluer les ressources en eau dans le cadre d'une mise en
valeur et d'une gestion globales et intégrées de ces
ressources, en vue du développement socio-économique
durable.
3. La stratégie s'inspire des résultats et des
recommandations du projet du PNUD et de la Banque mondiale portant
sur l'évaluation hydrologique de l'Afrique subsaharienne et de
l'évaluation des ressources en eau préparée par
l'Unesco et l'OMM.
4. La stratégie a pris en compte les principes du chapitre
18 du programme "Agenda 21" de la Conférence des Nations
Unies sur l'environnement et le développement (CNUED) (1992),
la politique de la Banque mondiale sur la gestion des ressources en
eau et la stratégie de gestion des ressources en eau pour
l'Afrique subsaharienne, en cours de préparation.
5. La stratégie africaine d'évaluation des
ressources en eau repose sur une ferme volonté de surmonter
les problèmes, les difficultés et les conditions qui
ont systématiquement désorganisé par le
passé les activités d'évaluation des ressources
en eau. A cet effet, il est proposé : que les organismes
chargés des ressources en eau améliorent leur
productivité et leur efficacité; que les ressources
humaines et financières soient utilisées de
façon optimale; que les organismes d'appui extérieur et
les organisations des Nations Unies coordonnent davantage leurs
actions afin d'appuyer les activités d'évaluation des
ressources en eau à différents niveaux; que la demande
de données et d'informations sur les ressources en eau soit en
rapport avec le stade de développement socio-économique;
et qu'il y ait au niveau politique la nécessaire
volonté de coopérer à l'échelle des
bassins fluviaux et lacustres ainsi que des zones aquifères.
6. Les mesures stratégiques recommandées par la
Conférence concernent les domaines ci-après : gestion,
renforcement des capacités, activités de promotion et de
sensibilisation quant aux capacités des services hydrologiques
et à la valeur des données hydrologiques, mise au point
d'une capacité financière durable, mise en valeur
intégrée des ressources en eau, initiatives et
réponses diverses à l'échelle régionale et
sous- régionale, et rôle nouveau pour les organismes
d'appui extérieur.
7. La stratégie est recommandée :
- Aux gouvernements et aux organisations sous-régionales et régionales pour qu'ils
l'incorporent dans leurs programmes d'évaluation des ressources en eau, en vue du
développement durable;
- Aux organismes des Nations Unies s'occupant de ressources en eau pour qu'ils l'adoptent et
l'utilisent dans leurs programmes d'assistance à l'évaluation des ressources en
eau, destinés aux pays et aux organisations sous-régionales et régionales;
- Aux organismes d'aide extérieure pour qu'ils l'intègrent au volet évaluation des ressources en eau de leurs programmes d'assistance à la
mise en valeur et à la gestion intégrées des ressources en eau, aux niveaux national, sous-régional et régional.
8. L'élaboration de la stratégie par la
Conférence s'insère dans le processus pour
l'évaluation des ressources en eau de l'Afrique. Le processus
va également promouvoir largement cette stratégie au
sein des autorités compétentes aux niveaux national,
sous-régional et régional et également des
organismes d'appui extérieur. Cette stratégie sera
présentée à la Conférence des Ministres de
la CEA et aux organes directeurs de l'OMM pour qu'ils
l'approuvent.