ORGANISATION METEOROLOGIQUE MONDIALE
Treizième congrès de l'OMM, Genève, mai 1999
RESOLUTION 25 (Cg-XIII)
ECHANGE DE DONNEES ET DE PRODUITS HYDROLOGIQUES
LE CONGRÈS,
NOTANT :
- la résolution 40 (Cg-XII) Politique et pratique adoptées par lOMM pour léchange de données et de produits météorologiques et connexes et principes directeurs applicables aux relations entre partenaires en matière de commercialisation des services météorologiques,
- le fait que lexécution dobservations spécifiques du système climatique (portant notamment sur des phénomènes hydrologiques) constitue lune des quatre principales orientations du programme Action pour le climat, entériné par le Congrès à sa douzième session,
- le fait que selon le Règlement technique de lOMM section [D.1.1]8.3.1 k) lune des fonctions courantes des Services hydrologiques nationaux en général devrait être de faire le nécessaire pour que les utilisateurs aient accès aux données en respectant leurs exigences quant à lheure, le lieu et la forme de présentation; le fait aussi que le Règlement technique de lOMM contient la liste complète des données et des produits nécessaires à lappui de tous les programmes de lOrganisation,
- le fait que lAssemblée générale des Nations Unies, à sa dix-neuvième session extraordinaire convoquée aux fins de lexamen et de lévaluation densemble de la mise en uvre dAction 21, est convenue quil était urgent de faciliter la diffusion et léchange dinformations dans le cadre dune coopération régionale et internationale plus étroite, notamment entre les organismes des Nations Unies
,
- le fait quà sa cinquante et unième session, lAssemblée générale des Nations Unies a adopté, aux termes de la résolution 51/229, la Convention sur le droit relatif aux utilisations des cours deau internationaux autres que la navigation, dont larticle 9 porte sur l «échange régulier de données et dinformations»,
- le fait quà sa douzième session, le Conseil intergouvernemental du Programme hydrologique international de lUNESCO a adopté la résolution XII-4 qui a trait à léchange des données et dinformations hydrologiques requises pour la recherche, au plan régional et international,
CONSIDERANT :
- limportance accordée par la Conférence internationale sur leau et lenvironnement (Dublin, 1992) au développement des connaissances sur leau et à lamélioration de la capacité des spécialistes du secteur de leau à appliquer tous les aspects de la gestion intégrée des ressources en eau,
- lappel lancé par les dirigeants du monde entier lors de la Conférence des Nations Unies sur lenvironnement et le développement (CNUED) (Rio de Janeiro, 1992) en faveur dune intensification de lévaluation des ressources en eau, dun renforcement des capacités dans ce domaine et dun engagement international plus marqué sagissant dassurer léchange de données et danalyses scientifiques ainsi que laccès aux observations systématiques,
- le fait que la Commission du développement durable (CDD), dans sa décision 6/1 concernant la stratégie relative à la gestion des ressources en eau douce, a fortement encouragé les Etats à promouvoir léchange et la diffusion de données et dinformations relatives à leau et a reconnu la nécessité de procéder à des évaluations périodiques «afin de brosser un tableau mondial des ressources en eau douce et des problèmes qui peuvent se poser»,
- lappel lancé par lAssemblée générale des Nations Unies lors de sa dix-neuvième session extraordinaire concernant la nécessité «de donner la priorité absolue aux graves problèmes dapprovisionnement en eau douce que connaissent de nombreuses régions, et en particulier les pays en développement», et de «renforcer [durgence] la capacité des gouvernements et des institutions internationales de recueillir et de mettre à jour des informations ... environnementales de manière à mieux coordonner lévaluation et la gestion des ressources en eau»,
- la nécessité dassurer et de faciliter léchange rapide de tous les produits et données hydrologiques nécessaires à lappui de diverses conventions internationales, telles que la Convention sur la diversité biologique, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ou la Convention sur la lutte contre la désertification,
- la nécessité de mettre sur pied un échange international dinformations hydrologiques à lappui des études scientifiques du changement planétaire et du cycle hydrologique mondial ainsi que des programmes et projets pertinents de lOMM, des autres institutions des Nations Unies, du CIUS et des organisations ayant le même statut,
- les perspectives offertes de mieux gérer les ressources en eau et la nécessité dune coopération pour atténuer les risques liés à leau dans les masses deau des bassins fluviaux internationaux, coopération tributaire de léchange international de données et dinformations hydrologiques,
- limportance accrue, mise en évidence par des entreprises scientifiques et techniques telles que GEWEX, des données et produits hydrologiques sagissant de mieux comprendre les processus météorologiques afin de pouvoir améliorer lexactitude des produits hydrologiques,
RECONNAISSANT :
- que les Membres et leurs Services hydrologiques nationaux (SHN) ont le devoir de contribuer à la sécurité et au bien-être des populations de leur pays par le biais dune réduction des risques associés à leau et dune gestion durable des ressources en eau,
- quun échange accru de données et dinformations hydrologiques au niveau des bassins fluviaux et des aquifères partagés dans le cadre daccord conclus entre les Membres concernés, pourrait avoir des avantages,
- quil est en permanence nécessaire de renforcer les capacités des SHN, dans les pays en développement en particulier,
- que les gouvernements ont le droit de choisir de quelle manière, et dans quelle mesure, ils diffuseront des données et des produits hydrologiques à léchelle nationale et internationale,
- que les gouvernements ont aussi le droit de choisir dans quelle mesure ils diffuseront internationalement des données vitales pour la défense et la sécurité nationales, étant entendu quils coopéreront en toute bonne foi avec dautres Membres de façon à fournir le plus grand nombre de données possible dans des circonstances données,
- que certains Membres imposent à leurs SHN de percevoir une taxe auprès des utilisateurs et/ou dadopter des pratiques commerciales,
- que de nombreux produits et services hydrologiques sont fournis de longue date sur une base commerciale et dans un marché concurrentiel, ce qui comporte des aspects à la fois positifs et négatifs,
SOUSCRIT à lengagement délargir et de renforcer dans toute la mesure du possible léchange international libre et gratuit des données et des produits hydrologiques pour tenir compte du fait que les programmes scientifiques et techniques de lOMM sont de plus en plus sollicités;
ADOPTE la pratique ci-après en matière déchange international dinformations hydrologiques :
- les Membres fourniront gratuitement et sans restriction les données et produits hydrologiques requis dans le cadre des services destinés à sauvegarder les personnes et les biens et à assurer le bien-être de toutes les nations;
- les Membres devraient aussi fournir, lorsquils en disposent, les données et produits supplémentaires nécessaires pour appuyer les programmes et projets de lOMM, ceux des autres institutions des Nations Unies, ceux du CIUS et des organisations jouissant dun statut équivalent, quil sagisse de programmes dhydrologie opérationnelle ou de programmes de recherche sur les ressources en eau à léchelle mondiale, régionale et nationale, et, en outre, pour aider dautres Membres à fournir les services hydrologiques requis dans leurs pays;
- les Membres devraient mettre gratuitement et sans restriction à la disposition des chercheurs et des enseignants pour leurs activités non commerciales toutes les données et tous les produits hydrologiques échangés, sous les auspices de lOMM;
- sagissant des paragraphes 2) et 3) ci-dessus, les Membres peuvent soumettre à condition la réexportation à des fins commerciales de leurs données et produits hydrologiques par un pays, ou un groupe de pays formant une entité économique;
- les Membres devraient faire connaître à tous les autres Membres, par lintermédiaire du Secrétariat de lOMM, les données et les produits hydrologiques soumis à une condition telle que celle stipulée en 4) ci-dessus;
- les Membres devraient sassurer dans toute la mesure du possible que les conditions imposées par le fournisseur dorigine pour lacquisition de données et produits hydrologiques supplémentaires soient connues des destinataires, initiaux et ultérieurs;
- les Membres doivent sassurer que léchange des données et produits hydrologiques aux termes de la présente résolution est conforme aux dispositions de la résolution 40 (Cg-XII);
PRIE INSTAMMENT les Membres, sagissant de lapplication pratique et scientifique des données et des produits hydrologiques :
- de faire tout leur possible pour mettre en uvre la pratique concernant léchange international de données et de produits hydrologiques, telle quelle est décrite aux paragraphes 1) à 7) de la partie du dispositif intitulé «ADOPTE»;
- de prêter leur concours à dautres Membres, dans la mesure du possible et comme convenu, pour mettre en uvre la pratique décrite aux paragraphes 1) à 7) de la partie du dispositif intitulé «ADOPTE»;
PRIE le Conseil exécutif :
- dinviter la Commission dhydrologie à prodiguer conseils et assistance en ce qui concerne les aspects techniques de la mise en uvre de la pratique relative à léchange international des données et des produits hydrologiques;
- de suivre de près lapplication de la présente résolution et de faire rapport au Congrès à sa quatorzième session;
DECIDE de faire le point sur lapplication de la présente résolution à sa quatorzième session.
Au sens de la présente résolution, le terme «échange» désigne la circulation de données et de produits entre pays, ou, ce qui est plus souvent le cas dans le domaine de lhydrologie, dun pays à lautre.
«Libre et gratuit» veut dire sans rétribution ni discrimination aucune. Dans le contexte de la présente résolution «sans rétribution» signifie que seuls les frais de reproduction et dexpédition sont facturés, à lexclusion des données et des produits eux-mêmes.
Dans le contexte de la présente résolution «réexportation» veut dire redistribution des données et des produits, directement ou par lintermédiaire dun tiers, sur un support électronique ou par dautres moyens, par pays destinataire, groupe de pays formant une entité économique ou centre de données régional ou mondial. |