Novembre 2012

Nouvelles en bref

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Le Congrès extraordinaire approuve la gouvernance des services climatologiques et leur mise en oeuvre Quinzième session de la Commission des systèmes
de base
L’AMCOMET souscrit à la Déclaration d’Addis-Abeba Passage de la tempête tropicale Isaac
Antarctique: les blizzards bruns des collines Vestfold

Le Congrès extraordinaire approuve la gouvernance des services climatologiques et leur mise en oeuvre

Lors de sa session extraordinaire, tenue du 29 au 31 octobre, le Congrès météorologique mondial a approuvé le Plan de mise en oeuvre du Cadre mondial pour les services climatologiques. Les huit projets accélérés décrits dans ce plan permettront de mettre en évidence les effets positifs des services climatologiques sur les moyens de subsistance. La mise en oeuvre du Cadre mondial s’articulera autour des cinq composantes suivantes au sein desquelles les différentes activités seront coordonnées et intégrées:

  • Plate-forme d’interface utilisateur (lieux d’échange pour les prestataires
    et utilisateurs de services climatologiques);
  • Système d’information sur les services climatologiques;
  • Observations et surveillance;
  • Recherche, modélisation et prévision;
  • Renforcement des capacités.


Le Congrès a également adopté une résolution établissant le Conseil intergouvernemental des services climatologiques, afin d’assurer la coordination requise à l’échelle régionale et mondiale et d’engager l’ensemble du système des Nations Unies et d’autres parties prenantes à fournir dans le monde entier des services climatologiques adaptés aux besoins. Placé sous
l’égide du Congrès météorologique mondial, le Conseil intergouvernemental veillera à ce que les programmes des organisations partenaires servent les objectifs du Cadre mondial et s’attachera à mobiliser un vaste éventail de compétences dans l’intérêt des utilisateurs des services climatologiques.


Le Congrès a adopté une troisième résolution traitant de questions budgétaires et par laquelle il appelle les États Membres à verser d’urgence des contributions volontaires pour permettre des avancées rapides. Les participants ont affirmé leur volonté de garantir la disponibilité des ressources sur le long terme, question qui sera encore certainement d’actualité lors de la dix-septième session du Congrès météorologique mondial, en 2015.

participants Cg-Ext 2012

 

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L’AMCOMET souscrit à la Déclaration d’Addis-Abeba

La Conférence ministérielle africaine sur la météorologie (AMCOMET) a tenu sa deuxième session à Victoria Falls, au Zimbabwe, du 15 au 19 octobre. Organisée par l’OMM et la Commission de l’Union africaine, la Conférence était accueillie par le Gouvernement zimbabwéen. Y ont participé des représentants de 38 pays africains, dont 35 étaient représentés au niveau ministériel. Dans son allocation d’ouverture, la Vice-Présidente de la République du Zimbabwe, Mme Joice Teurai Ropa Mujuru, a souligné l’importance de ce nouveau mécanisme et a garanti le plein appui à l’initiative AMCOMET, qui favorisera le développement des services météorologiques et climatologiques sur le continent africain.


La Conférence a élu son Bureau, qui était composé des représentants suivants: Zimbabwe (président), République centrafricaine (premier vice-président), Tunisie (deuxième vice-président), Gambie (troisième viceprésident) et Ouganda (rapporteur).


Parmi les activités mises en oeuvre depuis la Conférence inaugurale tenue au Kenya figurent la création du Secrétariat de l’AMCOMET à l’OMM, avec l’appui de la Commission de l’Union africaine, et l’élaboration d’un projet de constitution et de règlement intérieur et d’un projet de stratégie africaine intégrée pour la météorologie (services météorologiques et climatologiques).


Ce dernier a été examiné et adopté par la Conférence à sa deuxième session. Les délégués ont été mis au courant des points essentiels de la Déclaration d’Addis-Abeba à l’appui de la mise en oeuvre du Cadre mondial pour les services climatologiques en Afrique, qui a été signée par la Commission de l’Union africaine, les communautés économiques régionales et le Secrétariat du Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Ils ont reconnu à sa juste valeur l’appui politique vigoureux apporté à la mise en oeuvre du Cadre mondial pour les services climatologiques en Afrique et ont décidé d’inclure la Déclaration dans les résultats de la session de l’AMCOMET.


L’AMCOMET a pour vocation de créer un cadre pour promouvoir la coopération, la sécurité, le développement socio-économique et la lutte contre la pauvreté à l’échelle panafricaine, grâce a une bonne gouvernance de la science météorologique et de ses applications. Elle a pour mission de donner un élan politique, de fournir des orientations en matière de politiques générales et de lancer des campagnes de sensibilisation pour garantir que les informations et les services météorologiques, hydrologiques et climatologiques fournis répondent aux besoins particuliers de différents secteurs.


L’AMCOMET doit désormais adopter une constitution et un règlement intérieur et élaborer une stratégie de mobilisation de ressources et un plan de mise en oeuvre complémentaire pour la Stratégie africaine intégrée pour la météorologie (services météorologiques et climatologiques).


Une Équipe spéciale a été chargée de déterminer s’il serait opportun de mettre au point un Programme spatial pour l’Afrique. Elle rendra compte de ses conclusions lors de la troisième session de l’AMCOMET, qui devrait se tenir au Bénin en 2014.

AMCOMET participants
 

 

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Quinzième session de la Commission des systèmes de base

L’Office indonésien de météorologie et de géophysique a accueilli la quinzième session de la Commission des systèmes de base (CBS‑15) qui s’est tenue à Jakarta du 10 au 15 septembre. L’après-midi du 12 septembre et la matinée du 13 ont été consacrées à une conférence technique.


Lors de cette quinzième session, la Commission des systèmes de base a examiné le projet de plan de mise en oeuvre de la stratégie de l’OMM en matière de prestation de services et a formulé des observations quant à l’établissement de sa version définitive. Elle a également approuvé les travaux en cours concernant l’élaboration d’un cadre de compétences pour les prévisionnistes et les conseillers des services météorologiques destinés au public et a demandé qu’il soit achevé et présenté pour approbation à sa seizième session en 2014. Une fois établi, ce cadre aidera les Membres à appliquer leurs systèmes de gestion de la qualité et fournira des orientations sur ce que l’on peut attendre des prévisionnistes et des conseillers des services météorologiques destinés au public.


La Commission a également confirmé les progrès accomplis en ce qui concerne le Système d’information de l’OMM (SIO), devenu opérationnel en janvier 2012, en approuvant la première liste de centres nationaux qui fourniront l’interface entre les échanges nationaux et internationaux d’informations.


Elle a recommandé des améliorations pour la norme de l’OMM relative aux métadonnées afin qu’y soient ajoutés des éléments nécessaires à la gestion du SIO. Les Membres ont été encouragés à enregistrer et à mettre à jour leurs métadonnées de recherche pour le SIO.


La Commission a pris note des résultats probants du Projet de démonstration concernant la prévision des conditions météorologiques extrêmes, mis en oeuvre à l’origine en Afrique et qui a permis aux services météorologiques nationaux d’exploiter des prévisions météorologiques numériques afin d’améliorer les interventions des pays en cas de phénomènes météorologiques violents imminents. Elle a jugé hautement prioritaire l’extension
du projet à d’autres pays et a décidé qu’un bureau devait être établi au Secrétariat de l’OMM pour sa coordination.


Lors de la première partie de la conférence technique, qui était axée sur le Système mondial intégré des systèmes d’observation de l’OMM (WIGOS), les délégués ont été amenés à étudier les conséquences du plan de mise en oeuvre du WIGOS sur les travaux de la Commission. Ce système a pour objectif d’établir un cadre pour la conception, la mise en oeuvre et la
maintenance des réseaux d’observation de façon que leurs produits soient compatibles entre eux, ce qui permettrait de renforcer les avantages tirés des investissements actuels et futurs.


Les services météorologiques destinés au public sont l’un des principaux outils permettant aux gouvernements et au grand public de bénéficier des retombées de la météorologie. Lors du second volet de la conférence technique, l’utilité des systèmes sur lesquels s’appuient les services météorologiques destinés au public a été démontrée. Par l’intermédiaire de présentations, les Membres ont donné de précieux conseils aux dirigeants des Services météorologiques et hydrologiques nationaux.


La quinzième session a été la réunion la plus courte jamais organisée par la Commission des systèmes de base. Deux facteurs expliquent son efficacité accrue: l’élaboration et la distribution électroniques des documents et le fait que tous les délégués aient mieux ciblé leurs travaux.

 

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Passage de la tempête tropicale Isaac

Chaque année, de juin à novembre, les grandes et les petites Antilles se trouvent sur la trajectoire de cyclones tropicaux ou d’autres systèmes dépressionnaires. Même si l’on avait prévu une saison cyclonique peu active cette année dans le bassin de l’Atlantique Nord, Haïti reste très vulnérable face au risque de fortes précipitations et de vents dévastateurs qui
peuvent provoquer des inondations et causer des dégâts considérables.


Actuellement, Haïti ne dispose pas de programme permettant de fournir des données d’observation fiables sur les vents et les précipitations. L’aéroport a connu des périodes pendant lesquelles ni girouette ni anémomètre ne fonctionnaient; le vent était estimé grâce à une manche à air et était censé représenter les conditions dans l’ensemble du pays.


Cette situation handicape fortement l’analyse et la prévision du temps et nuit également à l’évaluation météorologique post événementielle et donc à la compréhension du déroulement effectif des tempêtes.


Faute de données d’observation, la meilleure façon d’estimer la quantité de précipitations lors du passage d’une tempête reste le satellite météorologique. Ainsi, avec l’aide de l’OMM et des Membres de la région, le Centre national de météorologie d’Haïti peut continuer de diffuser des avis et alerter ainsi les responsables des administrations publiques et la population. Le passage de la tempête tropicale Isaac au mois d’août est un bon exemple de la façon dont le Centre procède à cet égard. Le texte intégral du présent article est disponible en pdf.

isaac satelite image
 

 

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Antarctique: les blizzards bruns des collines Vestfold

L’hiver en Antarctique est généralement associé à des images de mers glacées parsemées d’icebergs, de glace polie par les vents, de sastrugis s’étendant à perte de vue tels des meringues et d’étendues sans fin d’une neige du blanc le plus pur, soit une symphonie de paysages délicatement baignés de toutes les nuances diaphanes de rose et de bleu cobalt. En revanche, oasis et tempêtes de sable évoquent une caravane de chameaux serpentant dans l’erg sans fin de l’arrière pays nord-africain vers l’oasis où les attende un point d’eau bordé de palmiers-dattiers.


Difficile d’imaginer ces deux images côte à côte et pourtant, l’Antarctique abrite bel et bien plusieurs oasis. Ici, ni dunes de sable, ni chameaux, ni palmiers-dattiers, mais quelques vastes zones du continent antarctique, péninsule non comprise, qui restent libres de glace permanente et de neige. La région des collines Vestfold, dans l’Antarctique oriental, est l’une de ces oasis. Située en bordure nord-est de la baie de Prydz dans la partie revendiquée par l’Australie, et d’une superficie légèrement supérieure à 400 km2, la région est composée de crêtes orientées est-ouest dont les sommets dépassent rarement 150 m au-dessus du niveau de la mer.


Couvertes de blocs rocheux, de roche et de sable, ces crêtes abritent, ici et là, des plaques de mousse et de lichen. La région est ponctuée d’une kyrielle de lacs d’eau douce ou hyper salée et de fjords. La station australienne Davis est située sur les contreforts occidentaux des collines Vestfold, à environ 25 km de l’inlandsis. Les vents dominants, de forte intensité, soufflent du nord-est. Les chutes de neige sont très faibles, le cumul annuel moyen équivalant à 70 mm de pluie.


De ce fait, lorsque des tempêtes se lèvent et s’installent dans la durée, l’image d’un continent enneigé vierge de toute pollution peut s’en trouver ternie: souvent, les chutes de neige cessent, mais le blizzard persiste parfois lorsque le vent soulève la neige déjà présente sur le sol. Lorsqu’il est suffisamment fort et que toute la neige a été balayée, le vent arrache
le sable et les poussières alluviales des collines Vestfold dénudées et les emportent vers la mer.

C’est ce qui s’est passé le soir du 29 juin. Les 24 et 25, six millimètres de précipitations sont tombés sous forme de neige. En fin de journée, le 25, à mesure que le vent forcissait, la neige a commencé à être emportée.
Le 26, les chutes de neige ont repris et une chasse-neige élevée a été signalée alors que la bonne brise se transformait en vent frais pendant la journée (mais pas en coup de vent, la vitesse du vent étant inférieure à 34 noeuds).
La température de l’air était d’environ -12 °C avec un point de rosée autour de -16 °C jusqu’à 08:00, heure locale, le 27. Pendant la journée, ces températures ont augmenté, atteignant respectivement -6 °C et -8 °C à 24:00 et la vitesse moyenne du vent est demeurée supérieure à la force du coup de vent à partir de 17:00 le 27 et toute la journée du 28, et supérieure à 50 noeuds d’environ 19:00 à 22:00 le 29, avec une rafale maximale de 87 noeuds.


Puis la vitesse du vent a diminué régulièrement, pour repasser en général sous le seuil du coup de vent après 24:00, le 29. Pendant cette dernière phase, la température de l’air a augmenté et le point de rosée a diminué pour atteindre respectivement environ -3 °C et -12 °C. Les conséquences du coup de vent sont bien visibles sur la photo ci-dessus, prise le matin du 30. L’île visible à l’horizon se situe à 3,5 kilomètres de la côte, or on voit clairement que le sable et la poussière y ont été transportés par le vent.


Ce type d’événement n’est pas rare à la station Davis. Ainsi, même si cette tempête semble figurer parmi les plus violentes de ces dernières années, on raconte que, par le passé, des capots de véhicules ont été complètement abrasés, laissant la carrosserie à nu. Le personnel de la station a pour habitude de se garer dos aux vents dominants. Les observateurs météorologiques, quant à eux, doivent veiller à ce que les appareils comme les héliographes Campbell-Stokes, avec leur sphère de verre, soient protégées pendant les tempêtes. La durée de vie des abris Stevenson est plus courte qu’ailleurs, car le côté exposé au vent est régulièrement érodé par le sable transporté par les tempêtes.
Nombreux sont ceux qui trouveront sans doute déconcertants les «blizzards bruns» des collines Vestfold, de même que l’existence de ces oasis de l’Antarctique. Or ces phénomènes ne sont qu’un autre reflet de la fascinante mosaïque que représente la météorologie de l’Antarctique.


Philip Smart, Bureau météorologique australien

Vestfold Hills
 

 

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