Août 2006 Téléchargements & liens
Il y a 50 ans ...

Extraits du Bulletin de l'OMM, Vol. 5 N° 3, juillet 1956

Photographie de la page de couverture 

Un facteur dont le rôle a été des plus importants dans les progrès rapides que la météorologie a réalisés récemment est, sans nul doute, l'introduction du radiosondage comme méthode courante pour mesurer la pression, la température et l'humidité de l'atmosphère libre.  One ne peut que reconnaître l'importance des premiers résultats obtenus au siècle dernier grâce à l'œuvre des pionniers des passagers des premiers ballons, puis dans la première moitié du XXe siècle au moyen de cerfs-volants et de ballons météorographes et par les vols d'aéronefs.  Ce n'est toutefois que lorsque les météorologistes ont disposé de données aérologiques en grand nombre et venant d'un vaste réseau de stations de radiosondage qu'ils ont pu vérifier et perfectionner leurs théories sur les processus atmosphériques à trois dimensions et les appliquer aux analyses et aux prévisions journalières.

 

Moins de 30 ans se sont écoulés depuis qu'en 1927 Idrac et Bureau lâchaient la première radiosonde, mais cette période a vu mettre au point plus de 50 types différente de radiosondes, dont peut-être 15 sont maintenant d'usage courant.  L'impossibilité de comparer de façon satisfaisante la précision de ces instruments en laboratoire, étant donné la difficulté de simuler les conditions de vol, rendait hautement désirable l'organisation de comparaisons internationales, au cours desquelles les instruments seraient lancés comme pendant les sondages courants.  La plus récente et, de loin, la plus importante de ces comparaisons a eu lieu sous les auspices de l'OMM à Payerne (Suisse), du 23 mai au 15 juin.  La couverture illustre divers aspects de ce travail.

Comité exécutif 

La huitième session du Comité exécutif s'est tenue au Palais des Nations, à Genève, du 17 au 30 avril 1956, sous la présidence de M. A. Viaut.

Aspects météorologiques de l'énergie atomique

Il est évident qu'un grand nombre de techniques nouvelles employant des substances radioactives pourraient être appliquées utilement à la météorologie;  par exemple, pour la mise au point d'instruments perfectionnés destinés à mesurer l'épaisseur de la couche de neige et l'humidité du sol, et l'utilisation de radiotraceurs permettant d'étudier le mouvement des masses d'air.

Le Comité exécutif a également examiné la question de l'effet des explosions atomiques sur le temps, et a estimé qu'il n'y avait aucune raison de conclure que les explosions nucléaires ayant eu lieu jusqu'à présent aient eu une incidence notable sur le temps.

Mise en valeur des ressources hydrauliques

Un des objectifs devrait être la coordination des activités hydrologiques et météorologiques dans tous les pays Membres, tandis que l'OMM devrait s'efforcer de réaliser parallèlement une coordination du même genre à l'échelle internationale.  Le Comité exécutif a constaté que l'Organisation était handicapée par l'absence d'un spécialiste de l'hydrométéorologie parmi les fonctionnaires du Secrétariat et a prié le Secrétaire général d'examiner ce qui pourrait être fait pour remédier provisoirement à cet état de choses avant que l'ensemble de la question ne soit examiné à la prochaine session du Congrès.

Réseaux

L'amélioration des réseaux de stations météorologiques est une des questions les plus vitales de la météorologie internationale.  Le Secrétariat prépare actuellement une série de cartes régionales indiquant les réseaux existants et recommandés pour les observations en surface et en altitude.  Le Comité exécutif a reconnu l'utilité de ces cartes et a esquissé un projet élargi prévoyant la distribution régulière des cartes aux Membres, ainsi que la création d'un service d'amendements.

Météorologie aéronautique

Afin de surmonter certaines difficultés rencontrées dans le passé, une procédure améliorée a été adoptée pour donner suite aux recommandations qui sont formulées par les réunions régionales de navigation aérienne de l'OACI et transmises pour action à l'OMM conformément aux arrangements de travail OMM/OACI.

Le président de l'Association régionale II (Asie) a indiqué au Comité que la situation actuelle en ce qui concerne les observations communiquées en cours de vol par les aéronefs n'est pas entièrement satisfaisante dans sa Région.  D'autres Membres ont exprimé des avis analogues.  Or les services météorologiques utilisent immédiatement ces messages d'observation pour satisfaire aux besoins de l'aviation.

Questions administratives et juridiques

Le Comité exécutif devait examiner un certain nombre de questions juridiques, telles que le règlement intérieur du Comité, l'éventuelle révision de la Convention et l'application par les Membres des résolutions et recommandations. 

Une des questions principales concernait le siège permanent du Secrétariat dont les bureaux se trouvent encore dans des locaux temporaires.

L'Organisation des Nations Unies avait offert de construire une nouvelle aile au Palais des Nations Unies à Genève, destinée à abriter l'OMM et l'Union internationale de télécommunications, tandis que le Canton de Genève avait proposé de construire soit un bâtiment spécial pour l'OMM, soit une annexe à un bâtiment existant.  Le Comité exécutif a donné sa préférence à la proposition du Canton prévoyant la construction d'un bâtiment séparé pour l'OMM;  il a chargé le Secrétaire général de poursuivre les négociations avec les autorités cantonales et de soumettre le détail du projet final à l'approbation des Membres.

Questions financières

Le Comité exécutif s'est préoccupé des difficultés que pose l'exécution d'un programme réellement satisfaisant à l'aide de fonds très restreints.  Le montant maximum des dépenses pour la période de 1956 à 1959 fixé par le Congrès laisse peu de latitude pour modifier les budgets annuels d'année en année.  Le budget adopté pour 1957 est donc sensiblement le même que celui de l'exercice en cours, le montant total des dépenses prévues étant de 425 013 dollars des États-Unis.

Le budget prévoit pour chaque année le financement des réunions d'un ou de deux groupes de travail et, comme il est probable qu'un plus grand nombre de groupes désirent se réunir, la préférence sera accordée aux groupes restreints qui doivent examiner des questions urgentes ne pouvant être résolues par correspondance.

Le Congrès a décidé de créer un fonds de développement des activités techniques et pratiques d'un montant de 9 600 dollars.

Le Comité exécutif a décidé d'appuyer deux projets:  l'organisation d'une période d'essai de l'AGI et l'exécution d'un programme de radiosondage en Birmanie pendant l'AGI.

 

Deuxième session de l'Association Régionale VI

La deuxième session de l'Association régionale VI s'est tenue à Dubrovnik en mars 1956.

Observations

L'Association s'est prononcée en faveur de l'adoption des heures synoptiques principales (0000, 0600, 1200 et 1800 du temps civil de Greenwich) pour effectuer les observations en altitude qui ont lieu actuellement aux heures synoptiques intermédiaires 0300, 0900, 1500 et 2100.

En décidant que tous les pays de la Région européenne effectueraient le lâcher du ballon emportant les instruments de mesure en altitude une heure exactement avant l'heure fixée pour l'observation, l'Association a fait un nouveau pas décisif vers une normalisation des observations en altitude.

Codes

On relèvera l'adoption d'un nouveau code spécial (préfixe EXFOR) pour les échanges de prévisions de température et l'adoption des niveaux de 150 et 100 millibars comme niveaux standards dans la Région pour les observations en altitude.

Transmissions

Les points les plus importants sont les suivants:

  • L'établissement d'un plan d'émissions par radiotélétypes appelé à se substituer au système actuel des émissions en radiotélégraphie morse;

  • Une réorganisation du plan des transmissions des stations météorologiques océaniques de l'Atlantique Nord opérées par des pays européens.  Cette réorganisation permet l'émission successive par les cinq stations de leurs observations de surface dans un délai de 2 à 8 minutes après l'heure d'observation, de leurs sondages de vents par ballons-pilotes dans un délai de 10 à 30 minutes et de leurs radiosondages dans un délai de 25 minutes à une heure.

  • Le développement des émissions expérimentales par fac-similé, la normalisation des appareils et les caractéristiques de transmission. 

  • Une révision générale, qui pourrait être finalisée au cours d'une réunion commune avec l'Organisation de l'aviation civile internationale, si cette organisation accepte, de l'ensemble des transmissions météorologiques de la Région européenne.  L'Association en proposant cette étude a souligné que le système actuel d'échanges de données météorologiques dans la Région par émissions radiotélégraphiques morse, complétées par les réseaux internationaux de téléimprimeurs affectés à la météorologie, était encore insuffisant pour couvrir les besoins en renseignements météorologiques. 

  • Les connexions à réaliser pour assurer le transit d'un réseau à l'autre des différentes diffusions est en cours entre les pays intéressés.

L'Association a décidé de procéder à une étude de la normalisation des instruments et méthodes d'observation hydrologiques et de la préparation de cartes climatologiques devant être utilisables pour les hydrologistes.  Elle a adopté un projet d'études comparatives des méthodes de prévision pour les vols à haute altitude et envisagé une réunion spéciale d'experts sur le sujet.

Élections

M. A. Nyberg, directeur de l'Institut météorologique et hydrologique de Suède, a été élu Président et M. M. Perovic, directeur du Service hydrométéorologique de la République populaire fédérative de Yougoslavie, a été élu Vice-Président.

Année géophysique internationale 1957-58

Les problèmes météorologiques qui doivent être étudiés à l’aide des observations effectuées pendant l’AGI ont trait aux grands processus physiques, dynamiques et thermodynamiques de la circulation générale.  Il est donc indispensable que tous les services météorologiques du monde collaborent tant pour effectuer les observations que pour aider à en rendre les résultats accessibles aux chercheurs.

Afin d’assurer que les données météorologiques de l’AGI soient facilement accessibles à tous, le Comité exécutif a adopté une proposition selon laquelle un Centre de données météorologiques de l’AGI sera créé au sein du Secrétariat de l’OMM.  Les services météorologiques seront priés de communiquer leurs principales observations de l’AGI à ce centre sur des formulaires-types (ce qui permettra d’avoir une présentation uniforme des données) qui seront ensuite catalogués et reproduits sur des microcartes.

Il y aura quatre formulaires-types:  un pour les observations synoptiques en surface des stations terrestres, un pour les mêmes observations synoptiques en surface des stations terrestres, un pour les mêmes observations émanant de navires, un pour les observations combinées de radiosondage-radiovent et enfin un dernier pour les observations du vent en altitude.

Afin que le nombre de données traitées garde des proportions raisonnables, les observations en surface devant être reportées sur les formulaires-types se limiteront aux observations des quatre heures synoptiques principales.

Les observations maritimes proviennent de tous les navires qui fournissent habituellement des messages d’observations météorologiques, mais pour les observations continentales ne seront requises que celles de certaines stations sélectionnées.  Le choix de ces stations s’est fait de façon à obtenir un canevas de stations suffisant pour l’élaboration des cartes synoptiques à une échelle hémisphérique.

On estime qu’une série complète de données météorologiques de l’AGI rassemblées d’après les principes généraux indiqués ci-dessus nécessitera l’emploi d’environ 30 000 microcartes.  Chaque carte contiendra environ 50 formulaires-types, et chaque formulaire comprendra jusqu’à 40 observations en surface ou quatre observations par radio-sonde.

On peut donc constater que le Centre de données météorologiques de l’AGI aura à dépouiller une documentation portant sur plusieurs millions d’observations.

Les dépenses totales afférentes au fonctionnement du Centre sont estimées à 300 000 dollars des États-Unis environ.

Le Comité exécutif a décidé qu’une période d’essai serait organisée du 6 au 10 janvier 1957.

Le Comité a décidé que l’Antarctique serait considérée comme une région distincte de l’OMM pendant l’AGI en ce qui concerne les codes météorologiques et les chiffres indicatifs des stations.  Le Comité a également décidé à l’unanimité qu’il fallait utiliser l’échelle Celsius et le système métrique pour tous les messages météorologiques de l’Antarctique. 

Ce sera un nouveau pas vers l’uniformité des unités météorologiques, qui a été depuis si longtemps un des objectifs les plus souhaitables, mais également les plus difficiles à atteindre, que s’est fixés la météorologie internationale.

Stations pluviométriques automatiques au Japon

Depuis 1952 l’Observatoire météorologique central du Japon a installé des stations pluviométriques automatiques comprenant 109 stations émettrices et 70 stations réceptrices.  Ces stations ont pour but d’obtenir rapidement et directement des renseignements sur la pluie dans les régions montagneuses où ces observations ne peuvent être obtenues d’une autre manière.  Des destructions et des désastres ont souvent été causés au Japon par des chutes de pluies abondantes, surtout lorsque celles-ci étaient accompagnées de typhons.  L’établissement d’un système d’avis d’inondations est devenu un besoin impérieux et urgent.

Depuis le printemps jusqu’à la fin de l’automne, les stations émettrices transmettent toutes les heures en UHF les hauteurs de pluie (en millimètres) en utilisant des signaux du code morse.  Les stations réceptrices accordent toues les heures leurs récepteurs et captent les signaux en vue de leur transmission ultérieure.

L’installation complète comprend sept éléments:  le collecteur de pluie, l’élément mesureur, l’élément chiffreur, la minuterie, l’émetteur, l’alimentation et le récepteur.  Les six premiers éléments constituent la station automatique de transmission, tandis que le fonctionnement du dernier élément est assuré par un observateur se trouvant à la station réceptrice.  Chaque élément est transportable.

Le principe du fonctionnement de ce matériel est simple.  La pluie est recueillie par le collecteur qui comporte un entonnoir de 14,14 cm de diamètre avec un écran protecteur contre le vent et est exposé sur le toit de la cabane de la station émettrice.  L’élément mesureur comprend un auget basculant qui agit sur un contacteur à mercure.  L’impulsion électrique instantanée, provoquée par le contacteur à mercure chaque fois que l’auget bascule (1 mm de pluie), excite un relais électro‑magnétique dans l’élément de mise en code et détermine la position de trois sélecteurs cylindriques permettant de composer des signaux du code morse.  Ces sélecteurs peuvent composer trois chiffres correspondant à une quantité de pluie de 000 à 999 mm, après quoi ils reprennent de nouveau leur position de 000 mm.  Un doigt explorateur se déplace le long des sélecteurs après avoir déclenché un signal d’appel et interrompt le courant-plaque de l’émetteur.  La tension-plaque est obtenue à l’aide d’un vibreur entraîné par un moteur, à partir d’une batterie de piles du bloc d’alimentation qui fournit également l’énergie électrique de la station émettrice.

Le déroulement dans le temps et le contrôle de l’ensemble du programme sont assurés grâce à une minuterie.

Le récepteur est du type standard avec un équipement auxiliaire analogue à celui qui est employé par le système de radiosondage japonais.  Des signaux morse sont perçus comme fréquence audible correspondant à la fréquence du vibreur.

En raison de leur fiabilité croissante et de la facilité de leur entretien, les instruments se révèlent des plus utiles pour le réseau pluviométrique du Japon.

Recherches dans la zone tropicale humide

Réunion de spécialistes à Kandy (Ceylan) du 22 au 24 mars 1956, organisée en collaboration avec l'UNESCO et précédée d'un colloque sur la végétation tropicale. 

Un programme de recherches, soigneusement établi, permettrait de mieux connaître ces régions climatiques, ce qui contribuerait de façon sensible à résoudre les problèmes qui entravent le peuplement et le développement économique de la zone tropicale humide.

Les participants ont estimé que les recherches de base relatives aux aspects scientifiques de ces régions présentaient la plus haute importance et ils ont recommandé la création d’un comité permanent qui serait chargé de donner des conseils sur toutes les questions du domaine des sciences naturelles dans les zones tropicales humides.

La session a accordé une grande attention aux aspects météorologiques de la plupart des problèmes traités, ainsi qu’à la météorologie et à la climatologie des zones tropicales humides.

Il a été suggéré que les auteurs des travaux sur la végétation tropicale fournissent les renseignements suivants sur la région étudiée:  i) température moyenne mensuelle;  ii) moyennes annuelle et mensuelle des précipitations;  iii) moyenne mensuelle des maxima et minima de l’humidité de l’air.  Il est recommandé en outre qu’un colloque soit organisé pour coordonner les buts et les méthodes de l’étude aux tropiques de la végétation, du climat et des sols.  Il est proposé aussi que les services météorologiques soient encouragés à continuer les observations de la température et de l’humidité atmosphérique et d’autres éléments présentant un intérêt pour les écologistes et que des observations de ce genre soient entreprises dans les régions qui en sont actuellement insuffisamment pourvues.

Il a estimé que l’on omettait souvent d’utiliser complètement les données météorologiques existantes tandis que, d’un autre côté, les besoins spéciaux des recherches ne sont pas toujours portés à la connaissance des météorologistes qui seraient pourtant en mesure de les satisfaire. 

Le comité préparatoire a admis qu’il n’était pas possible de tracer une ligne de démarcation simple entre la zone tropicale aride et la zone tropicale humide.  Il a toutefois estimé qu’on pouvait les distinguer d’une façon utile sur une carte à petite échelle.

Il a été suggéré d'inclure les sujets ci-après dans le programme de recherches de l'UNESCO sur la zone tropicale humide:

 

  • Amélioration du programme d’observation, notamment en ce qui concerne la radiation solaire, les caractéristiques de la pluviosité et l’évaporation;

  • Études endochronologiques pour se rendre compte de l’histoire climatique de régions tropicales humides;

  • Étude du climat du sol;

  • Études bioclimatologiques, notamment la bioclimatologie de l’homme;

  • Recherches à l’échelle mondiale sur le jet-stream, en vue d’améliorer la prévision des orages tropicaux;

  • Établissement d’observatoires équipés de microsismographes, d’instruments pour le repérage des atmosphériques et de radar, pour aider à la prévision des tempêtes d’origine cyclonale et des grains orageux.

Récompenses pour navires sélectionnés Australiens 

Le Bureau de météorologie a instauré un système d’Excellence Awards pour navires météorologiques australiens comme moyen permettant de reconnaître de façon concrète la collaboration des capitaines et officiers de navires fournissant bénévolement des messages météorologiques quotidiens.

Cette mesure a été prise à la suite de la résolution adoptée à la Conférence des météorologistes du Commonwealth qui s’est tenue à Londres en 1955, résolution préconisant que chaque service météorologique du Commonwealth britannique décerne des récompenses aux navires sélectionnés dont les observations et les messages météorologiques se sont maintenus constamment à un niveau élevé de qualité.

Les Excellence Awards ne seront attribués que dans des cas où l’excellence des observations météorologiques effectuées, du livre de bord météorologique et des messages régulièrement transmis s’est maintenue pendant cinq ans au moins.

En inaugurant ce système de récompenses, le Bureau de météorologie souligne l’importance qu’il accorde aux messages de navires provenant non seulement des eaux australiennes, mais également des vastes étendues des océans Indien, Pacifique et Austral, ainsi que son désir d’encourager les capitaines et les officiers de navires à transmettre des observations aussi régulières et précises que possible.  C’est avec plaisir que l’on peut noter le nombre croissant de messages transmis par les navires sélectionnés.

Actuellement, le Bureau de météorologie reçoit des messages de 27 navires qui constituent la flotte australienne d'observation;  16 de ces navires battent pavillon australien et 11 pavillon étranger.  Comme bon nombre des navires battant pavillon australien se livrent pour ainsi dire exclusivement au cabotage, il n’est pas rentable de les recruter et de les équiper comme navires sélectionnés, mais on profite de chaque occasion pour encourager tous les navires à transmettre des observations pendant les périodes de tempêtes et de cyclones.

Comparaison des méthodes de repérage des orages 

Une comparaison entre les orages observés visuellement ou auditivement et ceux détectés par les différents types d'appareils de repérage d'atmosphériques en usage en France, au Royaume-Uni et en Suisse a eu lieu du 11 janvier au 11 février 1955.

 

Le rapport de la comparaison reprend d’abord brièvement les principes du matériel utilisé par les trois pays participants, puis donne des détails sur les méthodes suivies pour la comparaison et sur les heures d’observation.  Il contient en outre la liste des 13 pays européens invités à fournir des rapports sur les orages observés pendant la période en question, ainsi qu’une carte indiquant la position des stations de repérage d’atmosphériques, utilisées pour la comparaison, et la région couverte par l’observation visuelle ou auditive des orages.

Résultats

La caractéristique la plus importance est le très petit nombre de coïncidences entre les relèvements effectués en France et en Suisse et entre ceux du Royaume-Uni et de la Suisse.  Ceci est attribué au fait qu’en hiver les zones orageuses sont généralement  plus nombreuses sur terre que sur mer, ce qui signifie que nombre d’entre elles se trouvaient au-delà de la portée maximum de 800 km, limite des repérages précis des deux stations suisses.  Le nombre de coïncidences entre les relèvements effectués en France et au Royaume-Uni est considérablement plus élevé.

Comme en hiver l’activité orageuse est, sur le continent, en général faible et de courte durée, le rapport conclut que le radiogoniomètre cathodique (CRDF), dont les lectures n’ont lieu que 10 minutes pour chaque observation, donne une faible probabilité de repérage à ce moment de l’année.  En outre, le fait que le radiogoniographe à secteur étroit laisse échapper les parasites qui ne se trouvent pas à l’intérieur du secteur, diminue statistiquement la précision des localisations.  La plupart des orages de la période de comparaison ont échappé au repérage suisse car ils se trouvaient à l’intérieur du secteur mort.

Il y a lieu de remarquer que la liste des orages observés n’est pas très complète.  Dans certains pays, seuls les orages signalés par les stations synoptiques sont indiqués et la densité du réseau est insuffisante pour représenter l’activité orageuse globale réelle.

 

Exploration au groenland

Malgré l’attention toujours plus grande que lui ont porté les expéditions scientifiques du XXe siècle, le Groenland reste l’une des plus vastes masses terrestres les moins explorées, qui défient encore l’initiative de l’homme.  La longue histoire de l’exploration du Groenland, commencée il y a mille ans, a dû hanter l’esprit des hommes de science de huit pays réunis à Grindelwald et à la station de recherches du Jungfraujoch (Suisse), du 3 au 8 avril 1956, pour mettre sur pied le programme scientifique et l’organisation d’une nouvelle expédition, l’Expédition glaciologique internationale au Groenland (EGIG).

Sans dépendre du programme officiel de l’Année géophysique internationale (AGI), les travaux de l’expédition seront cependant coordonnés avec le programme de l’AGI.  Des recherches seront entreprises dans diverses disciplines scientifiques, météorologie, glaciologie, géophysique et géodésie.  Des groupes d’études travailleront tant sur les côtes que sur la calotte glaciaire (inlandsis) et l’expédition sera probablement sur le terrain de 1957 à 1960.  Deux ou trois stations météorologiques seront établies pour étudier notamment la couche basse de l’atmosphère, jusqu’à environ 300 m au-dessus de la surface du névé et les problèmes posés par le déplacement des neiges sous l’action du vent.

Bien que le viking Éric le Rouge ait établi des colonies au Groenland avant la fin du Xe siècle, le pays était fort peu connu avant que le navigateur anglais Martin Frobisher n’y débarque en 1578.  Le travail d’exploration qu’il amorça fut poursuivi au XVIIe siècle par de fameux explorateurs comme Davis, Hudson, Baffin, et au siècle suivant par les colons danois établis à Godthaab.

Au cours du XIXe siècle, des expéditions danoises, anglaises, américaines et allemandes relevèrent presque complètement la topographie des régions côtières et certaines d’entre elles entreprirent l’exploration de l’inlandsis qui avait jusque là arrêté toute tentative d’atteindre l’intérieur.  Cette masse énorme, cinq fois plus grande que la France, couvre tout le Groenland à part les régions côtières et constitue le plus vaste glacier de l’hémisphère nord.  Elle atteint un niveau général de 3 000 m et l’on croît qu’elle a une épaisseur de 2 000 m au centre du Groenland d’où elle glisse lentement vers les côtes.  Sa fonte produirait une masse d’eau suffisante pour élever le niveau de la mer de plus de 7 m dans le monde entier.

L’explorateur danois Jensen fut le premier à réaliser des progrès notables à travers l’inlandsis en atteignant en 1878 une hauteur de 1 700 m.  En 1886, Peary et Maigaard pénétrèrent jusqu’à 160 km à l’intérieur, 2 300 m au-dessus du niveau de la mer, à la latitude 69° 30 N.  Deux ans plus tard, Nansen réussit la première traversée complète de l’inlandsis d’est en ouest.  Peary et Astrup le traversèrent pour la seconde fois en 1892 au cours d’une expédition qui permit de déterminer la limite septentrionale de l’inlandsis.

La fondation en 1910 d’une station à Thulé par K. Rasmussen inaugura une période d’exploration intensive du Groenland septentrional par le Danemark.  Cinq expéditions sous la direction de Rasmussen et Koch eurent Thulé pour base et Peary y équipa son expédition polaire.  Plus tard, Thulé devait devenir la première d’une chaîne de stations météorologiques arctiques.

D’autres traversées de l’inlandsis par A. de Quervain – de Disko à Angmagssalik – et par Koch et Wegener – de la Terre Louise à Upernavik – marquent les étapes de l’exploration du Groenland au XXe siècle.  L’Allemagne fut le premier pays à organiser une traversée par air en 1931.  La même année, une expédition britannique conduite par Gino Watkins fit des observations météorologiques dans l’inlandsis au-delà du cercle polaire, alors qu’une expédition allemande menée par Wegener hivernait 300 milles plus au nord.  Depuis la deuxième guerre mondiale, les expéditions françaises et britanniques ont établi des stations sur l’inlandsis.

 

 

Version imprimable français
Archives MétéoMonde
Il y a 50 ans...
Anniversaires
Événements météorologiques et climatiques à fort impact
 
Liens
Galerie d'art
GEO
Année polaire internationale (IPY)