Décembre 2007

Il y a 50 ans...

Bulletin de l'OMM Vol. VI, N° 4
Octobre 1957

couverture

La photographie de la page de couverture montre des mécaniciens en instruments au travail dans un atelier du Service météorologique du Pakistan.

Photographie de la page de couverture

Comme la plupart des autres sciences naturelles, les progrès de la météorologie ont dépendu d'une aptitude toujours plus grande à mesurer les diverses quantités physiques. Si l'on ne disposait pas d'observations instrumentales suffisamment exactes il serait tout à fait impossible d'assurer le fonctionnement d'un service météorologique moderne ou d'effectuer des enquêtes sur des phénomènes tels que la tropopause et le jet stream. L'emploi d'appareils météorologiques est devenu, en fait, un tel lieu commun que l'on peut être porté à oublier les imperfections de certains de nos instruments actuels et de placer une trop grande confiance dans la lecture des données qu'ils permettent de recueillir.
Ces questions n'ont certainement pas été perdues de vue à la deuxième session de la Commission des instruments et des méthodes d'observation de l'OMM. Les nombreuses décisions prises au cours de cette session conduiront à de nouvelles études sur la manière d'améliorer nos techniques instrumentales.

Un entretien vigilant est, bien entendu, indispensable pour obtenir la meilleure performance de tous les types d'instruments et ceci s'applique particulièrement aux appareils météorologiques qui sont exposés à des conditions beaucoup plus rigoureuses que la plupart des instruments de physique.

Contenu

Il y a 50 ans les principaux points du Bulletin d’octobre étaient les deuxièmes sessions de la Commission des instruments et des méthodes d’observation et de la Commission d’aérologie, la coordination internationale des activités météorologiques, l’Année géophysique internationale, les comparaisons d’instruments de mesure du rayonnement de grandes longueurs d’onde effectuées à Hambourg, ainsi que les activités des commissions techniques et des associations régionales et le Programme d’assistance technique.


Année géophysique internationale

Le 1er juillet 1957, date du début de l'Année géophysique internationale, a été très opportunément annoncé par une poussée d'activité solaire et un violent orage magnétique qui ont été dûment signalés aux stations d'observation du monde entier par le système de diffusion d'alertes. Pour les météorologistes, l'AGI a commencé quelques minutes avant minuit le 30 juin 1957, lorsque plusieurs centaines de ballons sondes ont été lancés pour mesurer la température, la pression et l'humidité à des hauteurs atteignant jusqu'à 30 km. Pour le grand public, des programmes spéciaux d'émissions radiophoniques et de télévision ont été diffusés dans un grand nombre de pays et des articles, destinés à ce même public, ont paru dans la presse quotidienne. Un dépliant exposant les grandes lignes de la contribution que l'OMM a apportée à l'AGI a été élaboré au Secrétariat de l'Organisation et largement distribué par la suite. Pour un groupe de météorologistes au moins – celui qui participait aux sessions des Commissions d'aérologie et des instruments et méthodes d'observation – ce début se déroula dans une atmosphère moins austère: en effet, ils ont porté à minuit, dans un café des Champs-Elysées, un toast à la nouvelle Année géophysique en l'accompagnant de versions spéciales «AGI» de chants populaires. Il ne fait aucun doute que, sous ces heureux auspices, l'AGI a pris un bon départ.


Centre de données météorologiques de l'AGI

Les premières observations météorologiques de l'AGI parviennent au Centre de données météorologiques de l'AGI qui a été établi au Secrétariat de l'OMM. Les plans de reproduction de ces données sur des microcartes ont atteint un stade avancé. On envisage maintenant que les données météorologiques essentielles de l'AGI exigeront, au total, l'emploi de 18 500 microcartes et l'OMM a demandé aux intéressés de passer des commandes de séries complètes de ces cartes. (…)


Observations aurorales

Une partie importante du programme auroral poursuivi pendant l'Année géophysique internationale est l'étude synoptique à l'échelle mondiale de la morphologie des manifestations aurorales. En 1956, le Comité spécial pour l'Année géophysique internationale (CSAGI) a sollicité l'aide des services météorologiques en les invitant à effectuer les observations aurorales nécessaires et 40 pays environ ont informé depuis lors le Secrétariat de l'OMM qu'une surveillance spéciale des aurores sera maintenue pendant la durée de l'AGI dans leurs stations météorologiques sélectionnées à cet effet. (…)


Chimie atmosphérique

Le programme météorologique de l'AGI comprend des mesures de la composition chimique, de l'acidité et de la conductivité des précipitations ainsi que du contenu de l'air en anhydride carbonique. (…)


Récupération des appareils lancés pendant l'AGI

Conformément à une requête du CSAGI, le Secrétariat de l'OMM a demandé à ses Membres de s'efforcer de prendre des dispositions en vue de renvoyer dans les pays d'origine tous les instruments lancés pendant l'AGI qui pourraient être trouvés sur leur territoire. (…)


Quatrième Conférence de l'Antarctique

La plupart des 22 stations météorologiques de l'AGI qu'envisageaient de créer les 9 pays qui envoient des expéditions dans l'Antarctique fonctionnent maintenant. Le programme total des activités de l'AGI dans l'Antarctique a été examiné par la quatrième Conférence de l'Antarctique qui s'est réunie à Paris, du 13 au 15 juin 1957 […] Diverses décisions ont été prises pour améliorer les communications entre les stations de l'Antarctique et une attention spéciale a été accordée à la réception des données synoptiques au Central météorologique de Little America.

La question de la prolongation du programme antarctique de l'AGI pour une nouvelle année a été également discutée. On a fait valoir que le coût d'une telle extension serait bas comparé aux frais initiaux que comporterait l'établissement des stations et que la valeur scientifique des données portant sur une nouvelle année serait considérable. […] Comme certains doutes se sont élevés sur les compétences de la Conférence antarctique pour prendre une décision définitive en la matière, celle ci a décidé de recommander que le Conseil international des unions scientifiques (ICSU) établisse un comité scientifique chargé d'examiner les avantages qu'il y aurait à poursuivre des recherches dans l'Antarctique et de proposer à l'ICSU les meilleurs moyens d'exécuter ce programme de recherches. (…)

Le fait d'avoir pu parvenir à une décision unanime sur les aspects techniques de ce projet d'importance majeure illustre bien ce que l'on peut appeler «l'esprit de l'AGI», et c'est grâce à lui que les pays se sont montrés disposés à consentir des sacrifices considérables pour contribuer au succès de l'Année géophysique internationale.


Comparaisons d'instruments de mesure du rayonnement de grandes longueurs d'onde effectuées à Hambourg

L'étude des processus du rayonnement météorologique s'est développée en plusieurs étapes qui présentent des caractéristiques nettement distinctes. Pendant les premières décennies de ce siècle, les spécialistes attachaient au rayonnement solaire direct un intérêt prédominant. Ils ont reconnu par la suite l'importance climatologique et géophysique du rayonnement diffus du ciel et, bien que le rayonnement du ciel ait toujours une moindre intensité que le rayonnement direct du soleil, l'on s'est rendu compte que ces sommes climatologiques atteignent pratiquement les mêmes quantités que la composante verticale du rayonnement solaire direct. À des fins pratiques, le rayonnement global du soleil et du ciel se mesure généralement sur une surface horizontale.

Les théoriciens ont toujours souligné l'importance de l'échange des rayonnements invisibles de grande longueur d'onde entre le sol et l'atmosphère; il a été établi que ces flux de rayonnement atteignent, dans la moyenne de jour et de nuit, le même ordre de grandeur que le rayonnement global du soleil. Toutefois, l'on n'a pu mesurer pendant longtemps que l'échange de rayonnement nocturne en l'absence du rayonnement solaire et cela seulement dans des conditions spéciales.


Perfectionnement des instruments de mesure du rayonnement

Au cours des dernières années, cette évolution a été marquée par la construction de divers dispositifs, née de l'intérêt qu'attachaient les spécialistes à mesurer le bilan effectif des flux des rayonnements de courte et de grande longueurs d'onde tombant sur la terre et partant de celle-ci. En l'absence d'un modèle de bilan-mètre du rayonnement généralement reconnu, le désir d'arriver à une meilleure connaissance de l'économie radiative et thermique de la terre et de l'atmosphère a amené les spécialistes du rayonnement de maints pays à mettre au point, à cette fin, leurs propres appareils, de sorte qu'en 1956 il existait près de 20 instruments différents pour la mesure du bilan radiatif ou de l'échange radiatif de grande longueur d'onde. Une partie de ces dispositifs a été décrite avec tous les détails scientifiques, mais beaucoup d'entre eux n'étaient connus qu'approximativement; aussi n'exprimait-on que des opinions inexactes sur le principe de leur construction, la précision et la sûreté des résultats et, enfin, sur leur valeur scientifique. (…)

Les comparaisons se sont déroulées en deux étapes. […] Elles ont porté en partie sur les mêmes instruments et en partie sur des appareils différents. […] Seize modèles différents ont été examinés et 23 spécialistes du rayonnement, venus de dix pays, ont participé à ces premières comparaisons mondiales d'instruments du rayonnement.

(Vient ensuite un résumé détaillé des résultats des comparaisons.)


Problèmes que pose le perfectionnement des instruments

La mesure de l'échange des rayonnements de grandes longueurs d'onde et du bilan radiatif de courte et de grande longueurs d'onde fait surgir maints problèmes expérimentaux. Le constructeur de tels appareils doit tenir compte des qualités de la couleur noire absorbante de la surface réceptrice, du matériel des fenêtres et/ou de la ventilation artificielle. L'observateur doit s'occuper, d'autre part, de l'étalonnage et de l'installation de l'instrument, ainsi que de la catégorie de surface de référence au dessus de laquelle le bilan radiatif doit être mesuré. (…)

Les comparaisons des radiomètres de grandes longueurs d'onde et des bilan mètres du rayonnement effectuées à Hambourg constituent pour la coopération internationale un succès important dans le domaine de la recherche du rayonnement météorologique; elles ont permis en effet de mieux connaître les problèmes liés à de telles recherches et les divers types d'appareils utilisés. Toutefois, ces premières comparaisons ne constituent qu'un début et il se peut que les critiques exprimées au cours des réunions aient conduit à quelques améliorations des premiers modèles. La Commission du rayonnement de l'AIM ne s'estime donc pas encore en mesure de publier des recommandations formelles sur la précision et la valeur des différents instruments.

Pour quiconque désire acheter un appareil de rayonnement du type visé dans le présent article, la possibilité de l'obtenir dans le commerce constituera de toute évidence un facteur important à prendre en considération. […] Peut-être convient-il de souligner que tous ces appareils doivent fonctionner sous la surveillance directe d'un physicien compétent.

[…] Il est à espérer –et cela ne fait d'ailleurs aucun doute– que l'Année géophysique internationale contribuera à accroître l'intérêt pour l'étude des processus des rayonnements de grandes longueurs d'onde dans l'atmosphère et du bilan radiatif du sol.

W. Mörikofer


Avis et nouvelles

Les Annales de l'Année géophysique internationale […] donneront des renseignements sur les travaux préparatoires et les programmes de l'AGI et, le moment venu, sur les progrès réalisés et quelques-uns des principaux résultats obtenus. Le premier volume qui doit paraître est le Volume III –Instruction Manual for Ionospheric Studies in the International Geophysical Year (Manuel d'instruction pour les études ionosphériques de l'Année géophysique internationale) que l'on peut se procurer auprès des éditeurs au prix de £6 ($17). Parmi les autres sujets qui seront traités prochainement figurent les aurores et la lueur nocturne, les rayons cosmiques, le géomagnétisme, la radiation nucléaire, les observations de l'ozone, la séismologie, les latitudes et longitudes. On estime que quatre à six volumes d'environ 400 pages chacun seront publiés pendant les années 1957 et 1958.

Nouveau bâtiment du Secrétariat

Depuis 1951, date à laquelle le Secrétariat a été transféré de Lausanne à Genève, il s’est installé dans des locaux provisoires en bois mis temporairement à sa disposition par le Canton de Genève.
La question de la construction d’un bâtiment permanent pour le Secrétariat a été discutée dès le Premier Congrès mais la réalisation de ce projet a été ajournée en raison de diverses difficultés.
Du fait du développement de ses activités au cours de ces six dernières années, il est devenu de plus en plus difficile au Secrétariat de remplir ses fonctions de façon adéquate dans des locaux provisoires de dimensions trop restreintes et qui ne répondent pas à ses besoins. Il a fallu louer l’an dernier trois appartements à proximité du Secrétariat afin d’y installer le Service de l’assistance technique et le Centre de données météorologique de l’Année géophysique internationale, et des locaux à l’usage de dépôt ont dû être aussi loués dans d’autres parties de la ville. Cette dispersion des locaux a présenté de graves inconvénients.

Après avoir examiné de façon approfondie les diverses possibilités de construire un bâtiment permanent pour le Secrétariat, le Comité exécutif a décidé, en janvier 1957, que l'offre faite par le Canton de Genève de construire ce bâtiment à l'avenue Giuseppe Motta, près de la Place des Nations, devrait être soumise à l'approbation définitive des Membres de l'Organisation. À la suite d'un vote par correspondance, les Membres ont approuvé la proposition à une très large majorité. Des négociations se poursuivent actuellement avec les autorités cantonales au sujet de la construction du bâtiment qui devrait être terminée en 1959 ou 1960.

L'immeuble dont il s'agit comprendra un corps de bâtiments dans lequel seront installés les bureaux et une annexe contenant la bibliothèque et une salle de conférence suffisamment spacieuse pour les sessions du Comité exécutif. La surface utile totale sera d'environ 2360 m2. Le bâtiment pourra être soit loué par le Canton de Genève, soit acquis par l'Organisation.

Photographies météorologiques

Les archives photographiques du Secrétariat de l'OMM contiennent maintenant une série de photographies illustrant les activités de l'Organisation dans diverses parties du monde ainsi que les différents aspects de la météorologie et ses applications. Une sélection de ces photographies a paru dans le Bulletin de l'OMM.
(…)
La plupart de ces photographies ont été commandées spécialement tandis que d'autres ont été fournies par les services météorologiques. Afin d'améliorer encore la qualité de cette collection, le Secrétariat serait heureux de recevoir des services météorologiques ou de particuliers des négatifs ou du moins des reproductions de bonnes photographies sur la météorologie agricole ou maritime qu'ils auraient l'obligeance de lui envoyer.


Nécrologie du professeur Carl Gustaf Rossby

Le professeur Carl Gustaf Rossby est décédé subitement d'une crise cardiaque le 19 août 1957. Il est né en 1898 à Stockholm, où il a terminé sa formation universitaire. Pendant une période d'absence de l'Institut météorologique et hydrologique de Suède où il a passé quelques années comme assistant, il a étudié sous la direction du Professeur V. Bjerknes, à Bergen. (…)

Avec le professeur E. Palmén, Rossby a prouvé l'existence du jet stream et son travail sur la conservation de la rotationnelle absolue est devenu la base des méthodes actuelles de prévision numérique.
Alf Nyberg rappelle que Rossby a étudié sous la direction du professeur V. Bjerknes à Bergen. Il a ensuite effectué un stage à l’Institut de technologie du Massachusetts où il a créé un département de météorologie qu’il a dirigé jusqu’en 1939. Après deux ans au Weather Bureau des États-Unis, il est devenu en 1941 professeur à l’Université de Chicago. Six ans plus tard, il a été rappelé en Suède comme professeur à l’Université de Stockholm et conseiller scientifique de l’Institut météorologique et hydrologique de la Suède.
Rossby a créé l’Institut international de météorologie à Stockholm avec l’appui de l’UNESCO.

Membre

L'Albanie est ainsi devenue un État Membre de l'OMM le 28 août 1957. L'OMM compte maintenant 75 États Membres et 22 Territoires.

 

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