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Il y a 50 ans ...

Extraits du Bulletin de l'OMM, Vol. 6 N° 1, janvier 1957

Il y a cinquante ans, les principaux articles du Bulletin de janvier étaient consacrés à la climatologie, à l'assistance technique, au rayonnement et aux comparaisons de radiosondes ainsi qu'à la seconde session de la Commission de météorologie maritime, à la Conférence internationale sur le rayonnement, à l'agrométéorologie et à l'Année géophysique internationale 1957-1958.

 

On reconnaît de plus en plus l'importance de la météorologie dans les programmes d'assistance technique mis en œuvre dans les pays appelés sous-développés, ou pays en développement, comme quelqu'un a eu l'heureuse idée de les nommer.  La météorologie est indispensable pour mener à bien d'autres missions importantes d'assistance technique.  Sans les données météorologiques fondamentales, les hydrologues, agronomes, les spécialistes de l'aéronautique et du transport, les économistes – pour n'en citer que quelques-uns – ne sont pas en mesure d'aborder leurs problèmes sur des bases solides.

C'est avec plaisir que l'on peut signaler que pour 1957 use somme de 288.000 dollars des Etats Unie a été mise à la disposition des projets d'assistance technique à exécuter dans le cadre de l'OMM. Au regard de la somme de 22.950 dollars allouée en 1952, première année du programme de l'OMM, ce chiffre est encourageant. Il est certain, néanmoins, que la somme attribuée pour 1957 ne permettra pas de répondre à toutes les demandes. On peut affirmés également que tous les besoins fondamentaux d'assistance technique en météorologie n'ont pas encore été exprimés par des requêtes gouvernementales officielles, sans lequelles aucun projet ne peut être entrepris.

En ce qui concerne l'assistance technique fournie par l'OMM, la priorité a toujours été accordée à l'installation de services météorologiques dans les pays qui n'en possèdent pas ou dont le service existant est très rudimentaire.  La mission en Afghanistan se rapporte à un projet de cet ordre.  La photographie de la couverture montre M. H.I. Anda, expert de l'OMM, s'occupant de la formation de stagiaires afghans à Kaboul.

 


l'Année géophysique internationale 1957-58

Comparaison des instruments

La réunion a porté son attention sur les instruments météorologiques qui seront utilisés pendant l'AGI et a souligné l'importance d'obtenir la plus grande précision possible dans les observations météorologiques.  Il a été recommandé que les instruments employés soient comparés périodiquement entre eux conformément aux spécifications de l'OMM, que des comparaisons régionales entre les instruments–étalons de chaque pays soient effectuées et que le CSAGI obtienne, par le truchement de l'OMM, une liste des instruments-étalons utilisés dans chaque pays de l'hémisphère occidental, en vue de la coordination des programmes de comparaison recommandés.  Une autre résolution relative à la comparaison des instruments invite la Commission du rayonnement de l'Association internationale de météorologie (AIM) à désigner deux ou trois instruments-étalons parmi les 16 instruments actinométriques qui ont été comparés à Hambourg afin que l'on puisse procéder, à l'échelle régionale, à la comparaison des instruments n'ayant pas été comparés à Hambourg en septembre 1955 et mai 1956.

Réseaux en altitude

Plusieurs décisions ont été prises concernant l'emplacement des stations de radiosondage et de ballons-pilotes.  Il a été recommandé que les pays d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale établissent et entretiennent à de grandes altitudes des stations de ballons-pilotes et que ces stations effectuent leurs observations avec deux théodolites pendant toute la durée de l'AGI.  Cette résolution complète la résolution soulignant la nécessité d'avoir des renseignements sur la circulation atmosphérique dans les régions équatoriales.  Eu égard à l'insuffisance actuelle des réseaux d'observation en altitude dans ces régions, les pays équatoriaux de l'hémisphère occidental ont été instamment priés d'installer un réseau complet de stations de radiosondage et de radiovent pendant l'AGI.  Une troisième résolution recommande aux comités nationaux des pays de l'hémisphère occidental d'envisager l'installation et la mise en service de stations de radiosondage à proximité de stations possédant des télescopes à mésons cubiques.  Dans la mesure du possible elles devront être situées dans un rayon de 25 km des stations d'observation des rayons cosmiques et devraient faire au moins quatre, et de préférence six radiosondages par jour pendant l'AGI.  Des renseignements sur les niveaux de pression entre 50 et 100 millibars sont particulièrement demandés.

Contenu chimique de l'atmosphère

L'importance des mesures de l'anhydride carbonique (CO2) de l'atmosphère a donné lieu à deux résolutions.  L'une d'elles demande instamment que des mesures de l'anhydride carbonique de l'atmosphère soient effectuées chaque fois que cela sera possible, afin d'obtenir une évaluation précise de la teneur totale en CO2 de l'atmosphère terrestre et de l'importance des échanges entre l'atmosphère, les océans et le sol.  Il est surtout nécessaire de procéder à des mesures au-dessus des océans, à des stations côtières éloignées des villes et à des stations situées à grande altitude.  Une attention particulière sera donnée à la teneur en CO2 des différentes masses d'air.  Dans la seconde résolution, le CSAGI a recommandé que des stations océanographiques de l'hémisphère occidental analysent des échantillons d'eau superficielle pour en examiner la teneur en CO2 chaque fois et partout où cela sera possible, et selon une méthode uniforme.  Ces mesures pourront fournir des renseignements sur l'échange de CO2 entre l'eau de la mer et l'atmosphère et son influence éventuelle sur la variation annuelle de la teneur en CO2 de l'atmosphère.

Le CSAGI a recommandé également que des stations d'observation météorologiques judicieusement réparties dans l'hémisphère occidental mesurent les constituants chimiques des précipitations pendant l'AGI.  Des renseignements détaillés sur les méthodes utilisées devraient être échangés et les échantillons devraient être analysés en double dans des centres de mesure différents afin de permettre l'intercomparaison des résultats. 

Centres mondiaux de données de l'AGI

Trois centres au moins seront établis:  un aux États-Unis, un en U.R.S.S. et le troisième, qui consistera en un certain nombre de centres répartis dans différents pays, rassemblera les données pour certaines disciplines particulières de la géophysique.

Chaque centre conservera (originaux ou copies) les relevés, observations et tableaux préliminaires de l'AGI.  Un catalogue de toute la documentation détenue par chaque centre sera mise à la disposition de tous les comités nationaux et des organes scientifiques et chercheurs compétents.  Chaque centre devra être disposé à fournir au prix coûtant des copies des données dont il dispose.

Chaque comité national de l'AGI doit fournir à ses propres frais toutes les données de l'AGI qu'il possède à au moins un des centres mondiaux et il fera savoir au CSAGI à quel centre il fournira ses données.

La liste des centres n'a pas encore été complètement dressée.  L'OMM continuera à fonctionner comme centre de dépôt pour la météorologie et il a été admis que les autres centres devront payer pour obtenir des copies des données météorologiques requises.

Récupération des appareils

Comme il sera indispensable d'assurer le retour dans les plus brefs délais des appareils lancés pendant l'AGI, le Comité a recommandé que des mesures appropriées soient prises sur le plan international.  Il a demandé au Comité exécutif de l'OMM de désigner un groupe de travail chargé de l'élaboration d'un modèle type de fiche internationale de récupération.  Afin de favoriser le retour des appareils, une indemnité de récupération en monnaie locale devrait être fixée et son montant devrait figurer de façon très apparente sur la fiche.  Des dispositions devraient être prises avec les autorités douanières de chaque pays participant afin de faciliter le libre passage des appareils récupérés vers leurs pays d'origine.

Radiation nucléaire dans l'atmosphère

L'utilisation des radiotraceurs dans le domaine des sciences géophysiques a été étudiée dans ses grandes lignes lors de la réunion de Barcelone et en particulier par un groupe de travail spécialement constitué à cet effet.  Le CSAGI a recommandé que les radiations nucléaires de l'air et des précipitations à la surface terrestre et des particules solides déposées sur le sol soient mesurées à l'échelon mondial pendant l'AGI.  Les comités nationaux devront mettre leurs ressources en commun afin de faciliter l'analyse des échantillons recueillis.

 

Activités du secrétariat de l'OMM

Le Centre de données météorologiques de l'AGI vient d'être établi au Secrétariat de l'OMM sous la direction de Mme G. London (Israël).  Le bâtiment du Secrétariat ne disposant pas de locaux suffisants, le Centre s'est installé dans un des appartements d'un immeuble voisin.  Les frais d'exploitation du Centre seront couverts par la vente des microcartes et des diverses publications;  comme fonds de roulement on utilisera l'excédent de la première période financière.

Le premier soin du Centre a été de terminer les préparatifs pour la période d'essai de l'AGI (6 au 10 janvier 1957);  à cette fin des formulaires types ont été adressés en temps voulu à tous les intéressés.

Brochure de l'AGI

Toute la documentation relative au programme météorologique de l'AGI a été rassemblée et publiée dans un volume imprimé.  Le texte principal d'environ 60 pages a été rédigé par le Professeur J. Van Mieghem.  Il retrace l'historique et l'évolution de l'AGI et expose en détail les divers aspects du programme qui intéressent les météorologistes.  Le reste du volume se compose de 14 annexes traitant notamment des sujets suivants:  formulaires types, questions se rapportant aux télécommunications, journées mondiales et recommandations des organes internationaux compétents sur les observations en mer et sur les observations de radiosondage, du rayonnement de l'ozone et des parasites atmosphériques.

 

Les tâches qui attendent la climatologie

C.W. Thornthwaite

Président de la CCI

Il me semble que celui-ci n'a jamais été aussi rapide que pendant ces quatre dernières années.

Origine de la climatologie

Ce n'est qu'après la période d'essor rapide de l'exploration géographique qu'il fut démontré que les climats ne sont pas circonscrits dans de simples bandes déterminées par la latitude.  Qu'il s'agissait au contraire, de zones aux contours très irréguliers offrant des contrastes en ce qui concerne l'apport d'humidité, les mouvements de l'air et la chaleur solaire, qui sont des reflets de la circulation générale de l'atmosphère et qui sont à leur tour fortement influencés par la répartition, l'orientation et la configuration des grandes masses continentales et des vastes étendues d'eau de la surface du globe.

Le perfectionnement des instruments et le rassemblement des données apportèrent à cette nouvelle orientation de la climatologie une forte impulsion.  Pour la première fois, les différences régionales de la température, des précipitations, du vent et de la pression purent être exprimées quantitativement.  Mais le thermomètre et l'anémomètre révélèrent de grandes différences locales dans la température et le vent, aussi bien dans leur distribution verticale qu'horizontale.  Pour les besoins climatologiques, on estima qu'il fallait trouver un moyen d'éviter ces variations locales ou tout au moins les considérer d'un point de vue plus général.  En conséquence, les premiers chercheurs consacrèrent leurs efforts à établir des normes pour les instruments et leur exposition.

En même temps, on perdait insensiblement de vue la qualité géographique fondamentale de la climatologie.  À l'heure actuelle pour de nombreuses personnes, le rôle et la portée de la climatologie consistent seulement à mesurer, enregistrer et établir la moyenne des éléments météorologiques;  la climatologie ne peut être que stérile et sans profit.

La faute en revient, au moins pour une part, aux climatologistes chargés du rassemblement et de la compilation des données fondamentales.  Ils se sont trop souvent contentés d'user de la vieille méthode conventionnelle et d'employer les anciennes techniques sans tenir compte des progrès accomplis dans les domaines connexes.

Portée de la climatologie

Les études modernes en climatologie physique nous montrent que les climats doivent leurs caractéristiques propres à la nature des échanges d'énergie cinétique, de chaleur et d'humidité entre la surface terrestre et l'atmosphère.  Le climat d'un lieu représente l'équilibre existant entre les flux assurant le transfert de chaleur et d'humidité dans les deux sens.

Ainsi l'étude de la climatologie ne se limite pas à l'atmosphère seule, mais doit porter aussi sur la surface terrestre.  Comme je l'ai fait remarquer à cette tribune il y a quatre ans, chaque région est composée d'innombrables climats locaux:  le climat du ravin, celui de la pente orientée vers le sud, de la crête de la colline, de la prairie, du champ de blé, des forêts, du roc dénudé.  Les échanges de chaleur et d'humidité varient selon qu'il s'agisse du ravin, de la colline ou du roc, à cause de la variation des caractéristiques physiques, de l'emplacement, de l'exposition et de l'orientation de ces différentes surfaces.  La couleur, la densité apparente, la capacité calorifique, le degré d'humidité et la perméabilité du sol;  les caractéristiques de la végétation qui le recouvre;  l'albédo et les inégalités du terrain;  voilà autant d'éléments qui influent sur les échanges de chaleur et d'humidité et qui constituent donc d'importants facteurs climatiques.

Problèmes connexes

Lorsque nous étudions l'interdépendance du climat et des sols, des plantes, des animaux et des hommes et de leurs vêtements, de leurs maisons et des matériaux, nous traitons encore de problèmes relatifs aux bilans thermique et hygrométrique entre le sujet et son milieu.  Nous devons étudier un animal à sang chaud ou l'homme lui-même de la même façon que nous examinons un bloc de pierre, une route macadamisée, un buisson ou un arbre.  Mais ce faisant, notre problème se complique du fait que le corps doit se maintenir à une certaine température constante et qu'il produit d'autre part de la chaleur qui doit être éliminée.  Sous des conditions de climat variables, le flux de chaleur sera dirigé vers le corps ou s'en éloignera.  Certains animaux possèdent des moyens physiologiques d'éliminer la chaleur superflue, d'autres non;  ces derniers doivent chercher des microclimats où la chaleur est tolérable.

Il convient toutefois de nous rappeler ici que la climatologie est plus une science géophysique qu'un aspect de la biologie.  Quelle que soit l'utilisation que nous fassions de la plante à titre d'indicateur, aussi vital que nous considérions le processus de transpiration, notre intérêt porte toujours en dernier ressort sur les échanges d'énergie et d'humidité bien plus que sur les processus vitaux de la plante.  Nous devons considérer la couverture végétale comme un agent de ces échanges physiques.  La climatologie physiologique de l'homme et des animaux à sang chaud peut être traitée d'une façon très semblable.  Il s'agit encore d'échanges d'humidité et de chaleur.  Ici le degré de contrôle biologique est beaucoup plus grand, mais les résultats doivent tout de même être en accord avec les lois de la thermodynamique.

Les principaux problèmes de climatologie ont trait aux bilans thermique et hygrométrique et comprennent la mesure des échanges de chaleur et d'humidité entre la surface du globe et l'atmosphère.  Toutefois, comme je l'ai dit lors de notre réunion précédente, les climatologistes ne détiennent pas le monopole de ce problème.  Les chimistes et les ingénieurs doivent en tenir compte lorsqu'ils mettent au point leurs procédés industriels.  Ces problèmes entrent en jeu dans les projets architecturaux.  Quelques-uns des progrès les plus fructueux en architecture ont été réalisés en matière de climatisation:  par application de principes physiques, on rend les intérieurs des immeubles plus frais et plus secs en été et plus chauds et plus humides en hiver.  À vrai dire, ce vaste domaine technologique est du ressort de la climatologie technique.

Ces dernières années ont apporté de nombreux exemples de l'application des principes climatologiques à la solution de problèmes pratiques en matière d'agriculture, d'industrie et de défense nationale.  J'estime que ceci représente un progrès salutaire et hautement souhaitable.  Toutefois, pour que notre science aille de l'avant, il nous faut accroître constamment notre bagage de connaissances climatologiques fondamentales.  En climatologie, l'application et la recherche fondamentale doivent aller de pair.

Il y a quatre ans, en concluant mon allocution, j'avais exprimé l'espoir de voir la climatologie abandonner bientôt l'échelon inférieur qu'elle occupait dans la hiérarchie de la météorologie.  Ceci s'est réalisé jusqu'à un certain point;  la climatologie a prouvé son importance et dans plusieurs services météorologiques sa position est beaucoup plus forte maintenant qu'auparavant.  Nous pouvons être heureux de ce progrès sans nous laisser aller cependant à un optimisme béat.  Ce n'est que par des efforts soutenus que nous conserverons à la climatologie le respect qu'elle vient de gagner.

Assistance technique et météorologie 

H. Treussart

C'est pourquoi nous pensons indispensable, au début de cet exposé, de chercher à situer la météorologie à sa place véritable, au milieu des différentes autres formes d'assistance technique, en nous efforçant de répondre à cette simple question: la météorologie a-t-elle au sein des différentes activités de l'assistance technique la place qu'elle mérite?  À cette question, nous répondrons:  non.

La brutalité de cette réponse peut surprendre, mais elle est basée sur une série d'expériences personnelles, qui ont conduit l'auteur à penser qu'il serait nécessaire de ne pas mettre toutes les missions d'assistance technique sur le même pied et d'introduire en particulier la notion mission-clé.

En effet, si nous considérons la très grande diversité des missions d'assistance, il apparaît que nombre d'entre elles ont une influence non négligeable sur le déroulement des autres missions, de la même manière que certaines missions ne peuvent être entièrement menées à bien que postérieurement à d'autres qui semblent cependant n'avoir aucun lien avec elles.  Pour illustrer ceci, nous citerons les difficultés rencontrées dans certains pays sous-développés, par les experts des diverses disciplines, dans le recrutement d'élèves d'un niveau suffisant pour recevoir avec profit leur enseignement.  Il y a là, le plus souvent, la preuve que le système scolaire et universitaire est défectueux et qu'il est nécessaire de le réformer.  Il y a là travail pour un ou plusieurs experts de l'enseignement, dont la présence est indispensable non seulement pour la réforme des écoles, mais aussi indirectement pour la bonne marche de l'ensemble du programme d'assistance.  C'est là un exemple typique de ce que nous appelons une mission-clé.

En effet, si nous nous appuyons sur l'exemple de la mission effectuée par l'auteur en Afghanistan, il apparaît que nombreux sont les experts qui ont besoin, dans l'exécution de leur tâche, de renseignements météorologiques et qui reconnaissent qu'en l'absence de ces renseignements leur mission perd une grande partie de son efficacité.  Pour appuyer cet exposé sur des faits précis, l'auteur citera les demandes de renseignements sur la pluie d'un expert en irrigation, sur l'évaporation d'un expert en sol, sur la micrométéorologie d'un expert de l'Organisation mondiale de la santé chargé de l'établissement des égouts de Kaboul, sur l'humidité d'un expert en laiterie, et sur les températures du sol et sur le vent d'un expert en construction de pistes pour aérodromes.  Malheureusement, et bien qu'une importante mission d'assistance technique fût au travail en Afghanistan depuis plusieurs années, il n'était possible de fournir que des renseignements squelettiques et insuffisants parce que la météorologie n'avait été l'objet d'une mission que depuis quelques mois.

Doit-on en conclure pour cela que les missions d'assistance en météorologie sont toutes des missions-clés?  Ce serait faire preuve de parti pris que de répondre oui.  En effet, au sein de l'assistance en météorologie, on peut également faire une classification des missions.  Si nous nous en tenions à la terminologie officielle, il serait possible de classer celles-ci en indiquant simplement pour chacune d'entre elles la fonction de l'expert qui l'accomplit.  Nous aurions ainsi des missions d'expert en instruments, d'expert en observation, en prévision, etc.  En fait nous pensons qu'une classification plus sommaire mais peut-être valable pourrait être établie en distinguant les missions de perfectionnement et les missions d'organisation.

Missions de perfectionnement

Un exemple typique de mission de perfectionnement peut être donné en citant la mission accomplie par l'auteur, l'an passé, en Israël.  Il s'agissait d'établir un service aérologique avec tout ce que cela comporte:  installation d'un équipement, instruction d'une équipe d'opérateurs et réalisation d'un programme d'entretien de l'équipement, etc.  C'est donc une mission essentiellement technique, avec un but suffisamment bien défini, pour que les résultats puissent être jugés sans équivoque et d'une façon quasi définitive.  Le directeur du Service météorologique israélien, M. Gilead, pouvait d'ailleurs les résumer, à la fin de la mission, en indiquant simplement qu'une équipe de météorologistes de son service avait effectué seule un radiosondage radiovent qui avait pu être transmis au réseau international normal. 

C'est là, comme nous l'indiquions précédemment, le propre des missions de perfectionnement:  elles s'adressent à des services météorologiques solides, souffrant d'une lacune dans un secteur bien déterminé mais désirant la combler au plus vite.  Elles impliquent donc l'existence de météorologistes susceptibles de recevoir sans difficulté un enseignement de spécialisation.  Les buts à atteindre étant d'autre part bien définis, il est possible de fixer avec une assez grande précision le temps nécessaire à l'accomplissement de la tâche.  Ce fut en particulier le cas de la mission mentionnée;  sa durée fut fixée à trois mois et au bout de cette période, le travail était effectivement terminé.

Mission d'organisation

Il n'en est plus de même lorsque l'on considère une mission d'organisation.  Le problème est cette fois plus complexe car il fait appel à des données qui malheureusement ne sont pas toujours météorologiques.

Le plus souvent, en effet, ces missions conduisent les experts dans des pays où il n'existe pratiquement pas de service météorologique, ni même parfois de météorologistes.  Il leur faut donc assurer directement les rapports avec le gouvernement et provoquer les décisions nécessaires à l'implantation du service, décisions qui peuvent se trouver retardées du fait qu'elles vont parfois à l'encontre des projets de certains autres services ou même de certains ministères.  Il n'y a pas, comme dans le cas précédent, la possibilité de préparation du travail par le service météorologique avant même l'arrivée de l'expert et le démarrage du travail peut être rendu lent par suite de difficultés administratives qui n'avaient pu être prévues.

Si nous prenons l'exemple de l'Afghanistan, où l'OMM a envoyé à la fin de 1955 une mission de deux experts, le service météorologique à l'arrivée de ceux-ci était pratiquement inexistant et il leur a fallut tout d'abord surmonter, aidés en cela par M. A. Khalek qui venait d'être nommé directeur du Royal Afghan Meteorological Institute, un certain nombre de difficultés non météorologiques:  problème des salaires qui ne peut être résolu que dans le cadre des salaires déjà existants dans d'autres branches, problème du recrutement qui fit apparaître que les besoins en personnel ne pouvaient être satisfaits par le programme déjà établi pour l'utilisation des élèves sortant des différents établissements scolaires.

Une autre des caractéristiques de ces missions d'organisation est qu'elles ne peuvent pas se réduire uniquement à l'envoi d'experts.  En effet, intéressant des pays où le service météorologique est nettement insuffisant, elles doivent résoudre un problème de matériel, problème auquel le gouvernement ne peut, le plus souvent, apporter une solution complète, n'étant pas en mesure malgré toute sa bonne volonté de faire face aux importantes dépenses qui en résultent.  C'est pourquoi il est fréquemment nécessaire d'adjoindre à l'envoi d'experts l'envoi d'un important équipement.  Revenant toujours au cas de l'Afghanistan, cette aide dans le domaine de l'équipement prit des formes très diverses.  Ce fut tout d'abord un prêt d'instruments météorologiques achetés en U.R.S.S. par l'assistance technique des Nations Unies;  ce fut ensuite le prêt d'un outillage pour assurer l'entretien de ces instruments et mener à bien l'entraînement d'un certain nombre de techniciens;  enfin ce fut l'acquisition d'un véhicule pour permettre aux experts la réalisation d'un atelier mobile pour effectuer la mise en place des stations.

En fait, une mission d'organisation est un ensemble qui fait appel à tous les moyens mis à la disposition de l'assistante technique pour accomplir son œuvre:  elle a ses experts, elle a son matériel et elle peut même avoir ses boursiers puisque c'est le plus souvent au cours d'une mission de ce genre qu'apparaît le mieux la nécessité d'envoyer étudier à l'étranger un certain nombre d'éléments.

Mission-clé en Afghanistan

La mission actuellement en cours en Afghanistan est tout cela;  elle n'a cependant pas trop de tout cela pour assurer avec la rapidité souhaitable le développement du Royal Afghan Meteorological Institute.  Il est en effet peu d'exemples aussi frappants de mission-clé.  L'aviation attend actuellement la météorologie, l'agriculture espère ses renseignements et certains départements de la santé publique voient leur activité limitée par suite de l'absence de ceux-ci.  Le gouvernement est parfaitement conscient de l'importance du but à atteindre et fait de son côté un important effort qui permet d'assister à un magnifique exemple de coopération internationale, car à l'assistance technique de l'OMM, s'est adjoint dernièrement un programme d'assistance bilatérale, entre l'Inde et l'Afghanistan, qui a abouti à l'ouverture de deux stations d'observation sur les aérodromes les plus importants du pays:  Kaboul et Kandahar.  Ces stations fonctionnent actuellement avec des météorologistes indiens, qui attendent d'être relevés par les observateurs afghans, qui auront été formés grâce au matériel et aux experts de l'OMM.

Et, pour conclure, comment ne pas évoquer ces réunions qui voyaient à Kaboul des gens de provenances si diverses discuter de la meilleure utilisation d'instruments venant d'un pays qui n'était celui d'aucun d'eux, pour le développement d'une météorologie afghane qui, en apportant sa participation au grand travail commun des météorologistes, servirait la cause de tous les peuples.

 

Le temps et le mildiou de la pomme de terre au Chili

P.M. Austin Bourke

Service météorologique irlandais

C'est en 1845, que la maladie causée – on le sait maintenant – par le champignon Phytophthora infestans a fait sa première apparition spectaculaire dans les cultures de pommes de terre d'Europe.  Elle a causé de sérieuses pertes et semé la désolation parmi les fermiers d'Angleterre, de France, de Belgique, d'Allemagne et de Pologne.  En Irlande, le pays d'adoption de la pomme de terre, elle causa des désastres rarement égalés.  Sur une population totale de huit millions, un million d'habitants sont morts directement à la suite de la Grande Famine due aux ravages causés aux récoltes de pommes de terre;  un million et demi d'Irlandais émigrèrent au cours des années immédiatement suivantes.

De nos jours, le mildiou de la pomme de terre se rencontre dans presque toutes les régions se livrant à la culture de la pomme de terre.  Bien que des conséquences aussi désastreuses que celles du siècle dernier soient actuellement inimaginables, la maladie continue à prélever souvent un lourd tribut sur les récoltes.

La maladie au Chili

Le Chili était jusqu'à une époque très récente une des rares zones de culture de la pomme de terre n'ayant pas été touchée par le fléau;  en effet, ce n'est qu'à la fin de 1950 que l'apparition du mildiou y fut confirmée.

Il n'est pas possible de déterminer avec certitude comment la maladie parvint au Chili, mais il semble probable qu'elle y fut introduite en même temps que des tubercules malades, peut-être bien sous la forme de rebuts alimentaires de navires s'étant approvisionnés en Argentine ou au Pérou où la maladie avait pris pied depuis un certain nombre d'années.

Une fois de plus, comme dans d'autres pays, le mildiou de la pomme de terre montra qu'il pouvait frapper avec brutalité et violence.  Pendant l'année ayant suivi sa découverte, la maladie sévit dans tout le Chili, de La Serena dans le nord jusqu'à Castro dans le sud, et 50 % des récoltes furent détruites.  Dans l'île de Chiloé, où la culture de la pomme de terre est très répandue, il y eut une répétition – bien que sur une échelle plus réduite – du désastre survenu en Irlande un siècle auparavant et environ 3 000 habitants de l'île furent obligés de s'expatrier.

Mesures de protection

Comme on ne connaît aucun moyen efficace pour extirper la maladie, les autorités chiliennes adoptèrent deux mesures préventives appliquées ailleurs:  l'importation de variétés de pommes de terre plus résistantes et l'emploi de fongicides pour enrayer la propagation du fléau.

Le développement, la multiplication et l'introduction commerciale d'une variété de pommes de terre résistantes qui combinerait en même temps les deux avantages – un bon rendement et les qualités culinaires désirées – ne se font forcément qu'à un rythme assez lent.  Entre temps, l'emploi de fongicides présente également des difficultés.  La pulvérisation est un procédé coûteux même dans des régions où la main-d'œuvre n'est pas chère;  les dispositifs utilisés pour le traitement sont rares et le transport du matériel n'est pas facile dans un pays où les régions de culture de la pomme de terre s'étendent sur des milliers de milles de terrain souvent accidenté

Contribution des météorologistes

Le cycle de vie du cryptogame qui cause le mildiou de la pomme de terre dépend dans une si grande mesure des conditions ambiantes que l'on a cru au début que c'était le temps lui-même qui était à l'origine des dégâts causés en fait par la maladie.  Dans certaines conditions d'humidité, le champignon forme des spores à l'extérieur de la plante et c'est à ce moment que la maladie de prête le mieux à des mesures de protection.  Par conséquent, le météorologiste peut contribuer considérablement à rendre l'application des fongicides plus efficace et moins coûteuse en indiquant aux cultivateurs les moments les plus propices à la pulvérisation:  ni trop tard, lorsque le mal est déjà fait (étant donné que le fongicide n'a pas d'effet curatif), ni trop tôt, lorsque la couche de protection sur les plantes peut être enlevée par la pluie et qu'un assez grand nombre de nouvelles feuilles non protégées auront poussé avant la disparition de la maladie.

En sollicitant des avis météorologiques pour la solution de ce problème, les autorités chiliennes désiraient surtout jeter les bases d'un tel service consultatif pour les applications d'un fongicide.  Mais elles cherchaient également des réponses à bien d'autres questions.  Dans quelle mesure les dégâts moins importants causés par le mildiou au Chili de 1952 à 1956 étaient-ils dus à un temps moins favorable à la maladie pendant cette période comparée à l'année 1951?  Dans quelle mesure cela était-il dû à une introduction partielle de variétés de pommes de terre résistantes et à d'autres mesures similaires?  Quelles étaient les probabilités – climatologiquement parlant – pour que le mildiou frappe aussi brutalement qu'en 1951?  Quelles régions se prêtent le mieux – en raison de la fréquence élevée de conditions météorologiques favorables au mildiou – à des essais rigoureux sur le terrain concernant la résistance des variétés de pommes de terre?  Quelles régions pourraient être utilisées, en remplacement du sud humide et prédisposé au mildiou, pour la production des pommes de terre à semence, du fait qu'elles possèdent des conditions météorologiques défavorables à la fois au mildiou et aux insectes vecteurs qui transmettent les maladies à virus?

Résultats obtenus au Chili

Il a été possible de répondre au moins partiellement à ces questions.  Les réponses données pourront être amplifiées et confirmées lorsque l'on dispose d'observations plus complètes sur le temps et la maladie.  Les critères utilisés en Irlande pour la détection et la prévision du temps favorable au mildiou se sont également révélés applicables au Chili;  il s'agit d'une période minimum de 12 heures pendant laquelle l'humidité relative ne descend pas au-dessous de 90 % de la température pas au-dessous de 10°C, suivie d'une période d'au moins quatre heures pendant laquelle les feuilles des plantes sont mouillées par la pluie, la bruine, la rosée ou le brouillard humide.  Dans la région pluvieuse du sud du Chili (Chiloé, Puerto Montt, Valdivia) ces conditions sont, comme en Irlande, associées la plupart du temps à des systèmes de basse pression et souvent à des flux de masses d'air tropical maritime.  Dans les régions côtières du nord du Chili (La Serena), où la pluie est rare et où les cultures doivent être irriguées, l'humidité qui favorise l'invasion du mildiou provient des brouillards fréquents qui sont causés par le courant froid Humboldt et qui sont souvent accompagnés de bruine matinale en quantité trop faible pour apporter une contribution mesurable aux précipitations enregistrées.

L'analyse des périodes de temps favorable au mildiou au cours des années 1950-56 a montré que ces périodes concordaient parfaitement avec les premières manifestations du mildiou à la fin de 1950, sa propagation et sa virulence en 1951, le faiblissement de l'attaque à la fin de cette même année et la réapparition spasmodique de la maladie sous une forme plus bénigne au cours des années suivantes.  On peut s'attendre en moyenne à une année sur huit où le temps est aussi favorable au mildiou qu'en 1951.  Entre les saisons de mildiou épidémique très répandu, les conditions locales de presque chaque année entraîneront des pertes pour les plantations situées dans des endroits abrités et humides.  Même pendant les saisons où la maladie s'attaque relativement peu aux feuilles (comme en 1955-56), les cultures risquent de subir des pertes considérables lorsque les spores tombées sur le sol sont entraînées par la pluie et contaminent les tubercules.

Création de stations agrométéorologiques

Afin de fournir, entre autres, des données pour un service de prévision du mildiou de la pomme de terre, les autorités chiliennes ont l'intention de créer un réseau de stations agrométéorologiques dans leurs fermes expérimentales.  Les observations seront également utilisées pour les recherches sur les relations entre le milieu et d'autres maladies des plantes d'une importance économique pour le Chili, comme par exemple la rouille du blé, la tavelure du pommier et la rouille du tournesol.   Ces données seront également utiles pour l'organisation de plans de culture et l'introduction de nouvelles cultures et de nouvelles variétés de plantes, pour déterminer les besoins en eau des cultures avant la mise en place d'un système d'irrigation scientifiquement conçu et pour de nombreux autres aspects de l'agriculture chilienne où le temps joue un rôle important.

Rôle futur de la météorologie au Chili

Il est clair comme le jour qu'au Chili ce n'est pas l'agriculture seule qui a besoin de l'application de méthodes météorologiques modernes.  De nombreux autres aspects de l'économie nationale en plein essor – sylviculture, pêche, tourisme, construction, hygiène, santé publique, aviation, travaux hydroélectriques, services de l'eau, etc. – doivent en retirer des bénéfices considérables.  On se rend de plus en plus compte que le climat du Chili fait partie de ses richesses naturelles tout autant que ses mines de cuivre et ses gisements de nitrate et qu'il pourrait être utilisé bien plus efficacement qu'à présent dans le cadre des efforts généraux destinés à élever le niveau de vie.  En réalité, un avenir brillant et utile s'ouvre pour la météorologie moderne au Chili.

Deuxième session de la commission de météorologie maritime

Observations en mer

Les navires d'observation volontaires, au nombre de 3 000 environ, sont classés par l'OMM en navires sélectionnés, navires supplémentaires et navires auxiliaires.  C'est pourquoi une personne peu familiarisée avec les travaux de la CMM eût été for étonnée d'entendre parler d'abondance d'une sorte de navires inconnue jusqu'ici – les navires Crawford.  L'explication de ce mystère réside dans le fait que la Commission, à la suite d'une proposition de M. A. Crawford (Union Sud‑Africaine), a déployé des efforts considérables en vue d'améliorer le réseau d'observation dans des zones ordinairement peu fréquentées par les navires marchands.  La Commission, tenant compte surtout de l'Année géophysique internationale, a estimé qu'un effort concerté devrait être fait en vue de compléter les messages d'observations des navires sélectionnées et des navires supplémentaires dans les zones où les observations sont rares, en faisant appel à la collaboration d'autres navires.  Quoique beaucoup de ces navires ne possèdent que des baromètres et des thermomètres non certifiés, leurs messages pourraient cependant être utiles.  La Commission a recommandé que le plus grand nombre possible de ces navires soit recruté, que leurs instruments soient vérifiés par des agents de liaison météorologiques et que l'on demande à ces bateaux de signaler la pression et la température dans un cinquième groupe facultatif (PPxTT) de la forme symbolique FM 23.A, tout au moins pendant la durée de l'AGI.  Une partie essentielle de ce plan consisterait à pourvoir chaque navire d'une carte-code simplifiée pour faciliter le travail de l'observateur.

Un autre point a été chaudement débattu.  Il s'agit de la révision des équivalents de la vitesse du vent en chiffres Beaufort.  Certaines délégations ont même suggéré que l'évaluation de la force du vent dans l'échelle Beaufort pourrait être remplacée par des mesures ou des évaluations de la vitesse du vent en nœuds ou mètres par seconde.  Cependant, la majorité des délégués n'a pas partagé ce point de vue.  Il a été constaté que les vitesses du vent correspondant aux chiffres Beaufort qui avaient été provisoirement adoptées pour l'usage international en 1947 ne sont pas entièrement satisfaisantes et qu'en particulier, elles ne sont pas représentatives des évaluations de la force du vent en mer.  Estimant que l'adoption d'une série d'équivalences de la vitesse du vent mieux adaptées est d'une importance fondamentale en ce qui concerne ces observations, la Commission a recommandé de modifier ces équivalents de la façon suggérée par les Pays-Bas.  Si cette recommandation est adoptée, le chiffre Beaufort 8, par exemple, correspondra à 32-36 nœuds au lieu de 34-40 nœuds et le chiffre Beaufort 10, à 43-48 nœuds au lieu de 48-55.

La Commission a étudié également le problème déjà ancien de l'observation des vagues et de la transmission de ces données.  Après de longues discussions en comité, on a conclu que l'observation et le chiffrage des vagues pourraient être effectués avec plus d'efficacité qu'actuellement.  À cet effet, le groupe a jugé préférable, plutôt que de recommander une modification des codes existants, d'essayer d'améliorer la situation actuelle en donnant aux observateurs des instructions meilleures et plus précises quant à l'utilisation des codes existants.

Applications maritimes de la météorologie

Un groupe de travail s'est penché sur les problèmes de la ventilation des cargaisons et un projet de Note sur la ventilation des cargaisons, rédigé par le Président du groupe, M. W.F. McDonald, avait été distribué avant la session aux personnes spécialement intéressées.  La Commission a estimé qu'une version de ce document, revue et augmentée à la lumière des commentaires formulés à son sujet, devrait être approuvée par le Président de la CMM et soumise au Secrétaire général en vue de sa publication comme Note technique de l'OMM.  Ce faisant, la Commission a apporté une contribution importante à l'application de la météorologie au transport des marchandises par mer.

L'attention s'est portée également sur les pêcheurs, autre groupe important d'utilisateurs de renseignements météorologiques.  Les pêcheurs connaissent tous l'importance vitale de prévisions météorologiques et d'informations climatologiques exactes, qu'il s'agisse de la préparation de leurs opérations de pêche, de la construction de leurs engins de pêche, des problèmes d'emmagasinage ou de leur sécurité en mer.  La Commission a estimé cependant qu'il arrive souvent que les flottilles de pêche du monde ne soient pas complètement informées des possibilités actuelles de recevoir les informations météorologiques.  Il est nécessaire d'étendre davantage la collaboration entre l'OMM et les organisations internationales de pêche et les autres institutions intéressées, telle que l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.  À cet effet, un groupe de travail restreint a été constitué en vue d'étudier ces questions et de formuler des recommandations pertinentes.

Conclusion

La Commission a adopté en tout six résolutions et 33 recommandations;  seules quelques-unes d'entre elles ont pu être mentionnées dans cet article succinct.  Un certain nombre d'autres décisions ont été consignées dans les procès-verbaux de la session.  Certaines modifications relatives à la météorologie maritime devant être apportées au Règlement technique ont été proposées et seront examinées en temps voulu par le Comité exécutif et le Congrès.  Lors de sa séance de clôture, la Commission a établi des groupes de travail chargés des questions suivantes:  problèmes techniques, questions relatives à l'organisation et à l'exploitation, climatologie maritime, atlas des nuages à l'usage des observateurs en mer, glaces en mer.

À l'unanimité, M. H. Thomsen (Danemark) et M. K.T. McLeod (Canada) ont été élus respectivement Président et Vice-Président.

 

Comparaisons d'instruments de mesure du rayonnement à Hambourg

Les mesures du bilan radiatif de la surface terrestre se bornent principalement à déterminer le rayonnement total du soleil et du ciel sur une surface noire horizontale, c'est-à-dire ce qu'on appelle le rayonnement global.  La mesure ou l'enregistrement de la seconde partie importante du bilan, le rayonnement de longue longueur d'onde ou rayonnement terrestre, rencontre de grandes difficultés.  C'est ainsi, par exemple, que l'instrument le plus ancien et le mieux connu, le pyrgéomètre d'Ångström, ne permet de faire des mesures que par temps calme.  Il est toutefois très souhaitable de déterminer le bilan radiatif totatl.  C'est une des sources du bilan énergétique et des échanges d'énergie dans l'ensemble de l'atmosphère, dont l'évaluation sur une grande échelle est la tâche principale inscrite au programme météorologique de l'Année géophysique internationale.

Au cours des dernières années, divers dispositifs ont été mis au point indépendamment dans de nombreux pays pour mesurer uniquement le rayonnement de longue longueur d'onde ou pour déterminer le bilan des flux de radiations de longue et de courte longueurs d'onde dirigés vers le haut et vers le bas.

Il a été recommandé en même temps d'entreprendre des comparaisons systématiques et critiques entre les différents types de bilanmètres, afin de déterminer leurs propriétés et leur degré de précision.

Du 1er au 15 septembre 1955, une série de comparaisons eut lieu à l'Observatoire de Hambourg‑Fuhlsbüttel.  Au cours de ces travaux, auxquels prirent part quelques inventeurs des instruments comparés, dix instruments différents furent utilisés.  Comme il n'avait malheureusement pas été possible d'employer pour ces expériences certains des instruments connus, une seconde série de comparaisons fut faite du 15 au 30 mai 1956, de nouveau à Hambourg.  Certains inventeurs eurent ainsi l'occasion de corriger de petits défauts constatés au cours de la première confrontation et de présenter des modèles perfectionnés pour la seconde.

Les participants y eurent l'occasion d'étalonner leurs instruments, mais surtout parce qu'ils purent y procéder à de très larges échanges de vues.

La seconde réunion avait principalement pour objet de comparer les instruments destinés à mesurer le rayonnement de courte longueur d'onde;  par conséquent les pyranomètres pour la mesure des flux de rayonnement de courte longueur d'onde dirigés vers le haut ou vers le bas n'ont pas été inclus dans les comparaisons.  Les instruments qui mesurent uniquement le rayonnement de longue longueur d'onde ou qui mesurent à la fois le rayonnement de longue et de courte longueurs d'onde peuvent être classés selon la direction et la gamme de longueurs d'ondes des flux de rayonnement mesurés.  Une telle classification est particulièrement importante pour quiconque désire choisir un instrument approprié.

Chaque groupe d'instruments basés sur le même principe a ses avantages ou désavantages propres.  Il faut d'autre part tenir particulièrement compte, lors d'un examen critique des différents instruments, du but auquel l'instrument est destiné:  a-t-il été construit pour des mesures portant sur une longue période dans toutes sortes de conditions météorologiques, pour la détermination des sommes de rayonnement pendant de courtes périodes, pour mesurer des valeurs instantanées exactes du rayonnement ou enfin pour des mesures d'échantillons dans des milieux différents ou lors d'une expédition?  Ce qui constitue un avantage pour une application peut être un désavantage pour une autre;  par exemple, les instruments destinés à l'enregistrement continu peuvent présenter une plus grande erreur absolue dans la valeur instantanée, parce que ces instruments ont une inertie plus considérable.

Enfin, last but not least, la question se pose de savoir si l'instrument peut être obtenu dans le commerce ou s'il s'agit d'un modèle unique, ayant peut-être d'excellentes propriétés, mais qui ne peut pas être acheté ou qu'il est difficile de reproduire en série.

Les comparaisons de Hambourg ne devraient être considérées que comme un début.  À la lumière de ces comparaisons et discussions, des améliorations seront certainement apportées aux instruments;  en fait, l'auteur sait que de telles améliorations ont déjà été effectuées.  Il se peut donc que les avis moins favorables exprimés au sujet de certains instruments soient déjà périmés.

Conférence internationale du rayonnement

Un nombre considérable d'autres experts du rayonnement, appartenant à des services météorologiques nationaux et à des instituts spécialisés de recherches, ont également assisté à cette conférence.   Une telle participation, inconnue jusqu'à présent, reflète l'intérêt croissant porté aux problèmes du rayonnement en général et l'importance attachée à des recommandations sur les mesures du rayonnement à effectuer pendant l'AGI.

La discussion relative à bon nombre des 22 points de l'ordre du jour a abouti à des résultats définitifs et à des recommandations formelles, tandis que dans d'autres cas, les discussions ont apporté une contribution précieuse à notre compréhension de certaines questions, en particulier en ce qui concerne les méthodes d'observation et d'évaluation.

La plus importante des huit recommandations est, sans aucun doute, celle préconisant la création d'une nouvelle échelle pyrhéliométrique.  Vu la nécessité urgente d'introduire, à la place des deux échelles pyrhéliométriques traditionnelles, une seule échelle internationale pour exprimer des observations du rayonnement solaire, spécialement pendant l'AGI (voir Bulletin de l'OMM, Vol. V, N° 2, p. 77) la conférence a recommandé d'adopter avant le commencement de l'AGI et, si possible, dès le 1er janvier 1957, l'Échelle pyrhéliométrique internationale 1956.  Comme la différence entre les deux échelles employées, ainsi que ses origines sont bien connues, la conférence a pu recommander que des mesures faites d'après l'échelle originale d'Ångström et sans corrections, soient augmentés de 1,5 % et que des mesures exprimées selon l'échelle Smithsonienne (1913) soient diminuées de 2,0 %.  Espérons que, dès le commencement de l'AGI, toutes les mesures du rayonnement en météorologie seront exprimées d'après cette nouvelle échelle qui offre deux avantages:  elle est commune à tous et se trouve plus près de la valeur exacte que les deux échelles traditionnelles.

D'autres problèmes déjà anciens, comme les meilleures conditions de l'ouverture des actinomètres et le choix des méthodes à suivre pour la détermination actinométrique du trouble atmosphérique ont également fait l'objet de recommandations.  Des problèmes plus récents, discutés à la conférence, se rapportaient à la nécessité de mesurer les différentes composantes du rayonnement au-dessus des océans, ainsi que dans l'atmosphère libre, ou aux méthodes permettant de mesurer la radiation ultraviolette de petite longueur d'onde, le rayonnement du ciel, l'éclairement diurne ou les composantes du bilan radiatif.

Des instructions pratiques pour les mesures du rayonnement, ainsi qu'une terminologie de l'actinométrie, sont en préparation.  Un aperçu des projets relatifs aux mesures du rayonnement pendant l'AGI a démontré qu'un grand nombre de stations effectuera des observations, mais que la répartition des stations dans le monde est loin d'être uniforme.  Finalement, la Conférence du rayonnement a examiné les possibilités d'une exploitation technique de l'énergie solaire et la contribution que la recherche scientifique pourrait apporter dans ce domaine.

Remise du Prix de l'OMI

Le premier Prix de l'OMI a été remis, à Oslo, le 21 septembre 1956 à M. Th. Hesselberg, docteur en philosophie et ancien directeur de l'Institut météorologique norvégien. La remise du prix a été faite par M. André Viaut, Président de l'OMM, au cours d'une cérémonie qui s'est déroulée à l'Institut météorologique de Blindern. Parmi les présents, on remarquait des représentants du Gouvernement norvégien et d’autres gouvernements, M. Alf Nyberg (Président de l'Association régionale VI), ainsi que de nombreux professeurs d'université et météorologistes.

Dans son hommage au récipiendaire, M. Viaut a évoqué les trois aspects de l'activité de M. Hesselberg—organisation de son service météorologique, direction importants travaux de recherche scientifique et coopération internationale. Il a signalé que dès 1919, M. Hesselberg prit une part active aux travaux de la météorologie internationale et que l'OMM est en grande partie redevable à ce grand météorologiste de notre temps de la place éminente qu'elle s'occupe maintenant parmi les institutions des Nations Unies. M. Viaut a poursuivi: "s'il ne s'était pas voué à la météorologie, il se serait également fait un nom dans toute autre activité vers laquelle son destin l'aurait orienté. Il possède, en effet, l'art d'allier l'affabilité la plus courtoise et la sensibilité la plus aiguë à un ferme refus de composer avec ses principes et à une foi profonde en son idéal.

D'autres témoignages d'admiration ont été rendus à M. Hesselberg par M. Nyberg et par M.R. Fjörtoft, directeur actuel de l'Institut météorologique norvégien. Ce dernier a exprimé sa vive satisfaction de voir attribuer le premier Prix de l'OMI à un fils de la Norvège, pays où la météorologie est une science de grande valeur pratique.

M. Hesselberg a reçu une nouvelle distinction le 28 septembre 1956, lorsque le Gouvernement français l'a fait officier de la Légion d'honneur.

Composition de l'OMM

Le Soudan a accédé ainsi le 2 janvier 1957 à la catégorie des États Membres de l'OMM.

L'OMM compte maintenant 70 États Membres et 25 Territoires Membres.

Timbres spéciaux pour l'OMM 

Les Nations Unies vont émettre le 28 janvier 1956 deux timbres en l'honneur de l'OMM.  Ces timbres dont la valeur postale est de 3 et 8 cents des États-Unis seront d'un dessin identique, excepté que le nom de l'OMM sera inscrit en anglais sur le timbre de 3 cents et en français sur celui de 8 cents.  Les timbres ne seront valables que pour la correspondance déposée au bureau de poste des Nations Unies à New York.

Le dessin du timbre, exécuté par M. A.L. Pollock, représente un ballon-sonde symbolisant le globe et la portée mondiale des activités de l'OMM.

 

 

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