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Il y a 50 ans ...

Extraits du Bulletin de l'OMM, Vol. 5 N° 2, avril 1956

Le numéro contenait des articles sur le premier cycle d’études sur les ouragans dans les Caraïbes, l’Année géophysique internationale 1957-58, les activités des commissions techniques, l’utilisation de l’énergie éolienne en Inde, la météorologie en Europe, l’emploi de microcartes en météorologie, la collaboration avec d’autres organisations internationales, le Programme d’assistance technique, les transmissions météorologiques en Europe et l’échelle internationale du rayonnement.

Photographie de la page de couverture 

La meilleure preuve de l'efficacité du service d'avertissement d'ouragans est la remarquable diminution, au cours des dernières années, des pertes en vies humaines dues aux ouragans. I.R. Tannehill a relevé qu'au début de ce siècle, un ouragan causant 10 millions de dollars de dommages aux biens risquait de provoquer la mort de plusieurs centaines d'êtres humains; de nos jours et dans les même circonstances, les pertes en vies humaines peuvent en général se compter sur les doigts d'une seule main. De nouvelles amélioration dans la prévision du développement et du déplacement des ouragans dépendent en grande partie d'une meilleure compréhension scientifique de la mécanique de ces systèmes et de la diffusion des connaissances acquises. 

Un moyen par lequel l'OMM peut contribuer à cette amélioration est d'organiser des cycles d'études dans le cadre du Programme élargi d'assistance technique des Nations Unies. ... la première entreprise de ce genre—le Cycle d'études sur les ouragans dans les Caraïbes—a eu lieu à Ciudad Trujillo du 16 au 25 février 1956. Préparé en commun par le Gouvernement de la République dominicaine, l'Administration de l'assistance technique des Nations Unies et l'OMM, le cycle a remporté un grand succès. Il est à espérer qu'il servira d'exemple à suivre dans d'autres parties du monde et pour d'autres branches de la météorologie.  

L'un des conférenciers était le Professeur H. Riehl de l'Université de Chicago; il a donné, au cours du cycle d'études, quatre conférences sur divers sujets en rapport avec les ouragans. La photographie de la couverture a été prise pendant sa conférence sur la structure des ouragans. Pour ceux qui n'ont pas participé au cycle d'études, les inscriptions au tableau noir seront sans doute plus intelligibles lorsque le texte de ces quatre conférences aura paru dans le rapport complet du cycle d'études!

Année géophysique internationale 1957-58 

Bien que l'élaboration du programme général de l'Année géophysique internationale incombe au Conseil internationale des Unions scientifique (CIUS) et que son exécution soit confiée en grande partie aux Comités nationaux de l'AGI, le rôle que l'OMM est appelée à jouer dans ce domaine est très important. L'OMM a déjà prêté son concours pour l'établissement du programme météorologique et l'adoption d'une résolution à ce sujet par le Deuxième Congrès sera sans aucun doute utile pour assurer que ce programme soit mis en oeuvre dans de nombreuses parties du monde. L'OMM a été priée d'établir un centre météorologique international pour l'AGI qui contribuera considérablement au succès de l'entreprise tout entière.

Au cours des quatre dernières années, un groupe de travail placé sous la présidence du Professeur J. Van Mieghem a étudié les diverses tâches qui lui ont été assignées par le Comité exécutif de l'OMM. Jusqu'à présent, le travail de ce groupe s'était fait par correspondance, mais depuis quelque temps on s'était rendu compte que certaines questions pourraient être plus facilement réglées lors d'une réunion de ses membres. Des dispositions ont donc été prises pour permettre au groupe de se réunir du 14 au 17 mars 1956 au Secrétariat de l'OMM... ...

Programme météorologique

Les principaux points du programme météorologique de l'AGI ont déjà été publiés et il ne restait au groupe qu'à examiner quelques questions dont l'adjonction avait été proposée. Le groupe a décidé de recommander une légère modification au programme du rayonnement et d'appuyer une proposition de l'Association internationale d'hydrologie scientifique visant à inclure dans le programme la mesure de l'évaporation et de l'évapotranspiration. 

Le groupe était saisi d'un document émanant du Bureau du Comité spécial pour l'AGI (CSAGI) du CIUS sur l'emploi de radiotraceurs peu nocifs pour l'étude de la circulation et de l'échange dans l'atmosphère et l'océan. En résumé, quelques pays avaient proposé d'inclure dans le programme de l'AGI des recherches utilisant le tritium, sous forme de vapeur d'eau lourde, comme moyen permettant de suivre les mouvements de l'air; par exemple, la libération de vapeur d'eau lourde au-dessus du continent antarctique pourrait contribuer à résoudre le problème du mélange des masses d'air antarctiques avec le reste de l'atmosphère. Bien qu'approuvant en principe de telles expériences, le Bureau du CSAGI a indiqué qu'il avait quelques doutes quant à la possibilité d'établir des plans pratiques à temps pour qu'ils puissent être exécutés au cours de l'AGI. Le groupe a exprimé le même doute, mais a néanmoins recommandé d'encourager toute expérience pouvant conduire à l'emploi de radiotraceurs peu nocifs dans les recherches météorologiques. 

Centre météorologique international 

Le groupe de travail a été prié par le Comité exécutif d'examiner, en consultation avec le Secrétaire général, un plan selon lequel le Secrétariat de l'OMM pourrait faire office de centre météorologique international pour l'AGI. Ce centre serait principalement chargé de rassembler les données météorologiques essentielles de l'AGI et de prendre des dispositions en vue de la fourniture de copies de ces données aux instituts scientifiques et au chercheurs.

Le groupe a décidé de recommander que ce travail soit confié à un service spécial de l'AGI au Secrétariat de l'OMM (service OMM/AGI). Dans le cadre du plan proposé, les services météorologiques seraient priés de fournir des données d'un certain nombre de leurs principales stations synoptiques en surface, de toutes leurs stations en altitude et de tous leur navires sélectionnés. Ces données seront communiquées sur des formulaires-types, ce qui devrait permettre d'obtenir un présentation assez homogène. Le service OMM/AGI s'occupera d'enregistrer les formulaires et de les faire reproduire sur microcartes. Des copies de ces cartes seront alors mises à la disposition des intéressés au prix coûtant. 

On s'est rendu compte que l'organisation du travail du service OMM/AGI poserait de nombreux problèmes qui ne pourraient être résolus qu' à la lumière d'une certaine expérience pratique. Le groupe de travail a donc recommandé de désigner la période du 1er au 5 janvier 1957 comme période d'essai de l'AGI, pendant laquelle tous les services météorologiques seront invités à remplir les formulaires-type et à les envoyer au Secrétariat de l'OMM en vue de leur enregistrement sur microcartes. 

Questions antarctiques 

Le groupe a appris que le Secrétariat avait été prié de coordonner les procédures d'attribution de chiffres indicatifs aux stations météorologiques de l'AGI qui seront établies dans l'Antarctique, ainsi que la mise au point des codes météorologiques qui seront utilisés par ces stations. Le groupe a noté avec satisfaction le travail déjà accompli par le Secrétariat et a décidé de recommander que le Secrétaire général soit autorisé à prendre les mesures d'exécution nécessaires.

Le groupe était également en possession de renseignements sur les fonctions du Central météorologique antarctique qui sera établi à Little America par les Etats-Unis. Il a noté avec une vive satisfaction que d'autre pays participants avaient été invité à désigner des représentants pour travailler à ce central. ... des arguments solides militaient en faveur de la création d'un second central météorologique antarctique, par exemple en Union Sud-Africaine, et il a donc recommandé que cette suggestion soit examinée à la prochaine conférence antarctique. 

Programme d'assistance technique 

L'année 1955 a vu un accroissement remarquable de l'activité déployée par l'OMM en matière d'assistance technique ... 

Au cours de 1955, des projets d'une grande diversité ont été mis en œuvre; il s'étendent à un total de 23 pays différents et comprennent les services de 22 experts, tandis qu'ils ont permis, en outre, à 36 fonctionnaires de divers services météorologiques de faire des études à l'étranger. 

Une bonne part de l'activité en matière d'assistance technique météorologique a porté en 1955 sur l'organisation de services météorologiques et la plupart de ces projets se poursuivent en 1956, certaines d'entre eux devant même se prolonger jusqu'en 1958. Sur un total de 22 experts ayant accompli des missions en 1955, au moins la moitié était chargée de fournir des avis et des conseils sur des questions d'organisation.  

Venait ensuite une description des projets d assistance techniques exécutés en Afrique orientale, en Afghanistan, en Birmanie, au Pakistan, au Pérou, au Nicaragua et en Yougoslavie. 

... il est logique et compréhensible que l'on se soit attaché principalement à conseiller et à donner des avis sur des problèmes d'organisation. On peut, toutefois, supposer qu'à l'avenir l'accent mis sur ces activités se déplacera avec le développement du programme d'assistance technique. On prévoit qu'au fur et à mesure que les services seront mieux organisés et qu'ils disposeront d'un personnel plus qualifié, l'attention en matière d'assistance technique glissera de ces questions vers les problèmes professionnels et techniques fondamentaux que pose l'application des connaissances météorologiques à l'économie du pays. En fait, on peut déjà constater cette tendance dans l'accroissement des demandes d'assistance technique, relatives à l'application de la météorologie aux problèmes importants de la mise en valeur des ressources hydrauliques et aux besoins urgents de l'agriculture. 

Transmissions météorologiques en Europe 

(Résultats de la deuxième session du Groupe de travail des télécommunications de l'Association régionale VI

Emissions par radio-téléscripteur 

De tous côtés, on demande d'augmenter le volume des renseignements transmis par les circuits météorologique qui, dans certains cas, ont presque atteint le point de saturation. Un moyen de remédier à cette situation serait d'augmenter l'efficacité et la vitesse des transmissions. 

Estimant que les transmissions par radio-téléscripteur (RTT) permettent de disséminer plus rapidement que par la radio-télégraphie (W/T) les renseignements météorologiques sous-continentaux, le groupe de travail a adopté une recommandation qui propose l'élaboration d'un plan des transmissions par radio-téléscripteur, basé sur les centres d'émissions actuels.  

Inclusion des données des niveaux 150 et 100 mb dans les messages d'observations aérologiques 

...la plupart des émissions W/T sous-continentales ne peuvent absorber ce surcroît de données. Le groupe de travail a donc estimé que le seul moyen de donner satisfaction à la Commission d'aérologie qui demande l'inclusion de ces données supplémentaires dans les messages d'observations aérologiques serait de réviser l'ordre de priorité des diverses catégories de données aérologiques. Il a en conséquence adopté une résolution qui invite l'AR VI à donner son avis à ce sujet. 

Organisation en Europe du réseau météorologique international par téléscripteur 

Etant donné les récentes modifications apportées en Europe au réseau météorologique par téléscripteur, un groupe spécial a élaboré un plan révisé ... [qui] a été adopté ultérieurement par le groupe et sera publié en temps voulu 

Utilisation des transmissions par facsimilé à des fins météorologiques et normalisation des appareils fac-similé 

... l'utilisation, à des fins météorologique, des transmissions par fac-similé et la normalisation nécessaire des appareils, pour permettre l'échange international des renseignements météorologiques par ce procédé. ... Une liste des caractéristiques à normaliser a été adoptée [qui] sera présentée au Comité consultatif international télégraphique comme une première contribution de l'OMM à la solution de cet important problème. 

Révision par l'OMM et l'OACI des télécommunications nécessaires à l'AR VI 

Jusqu'à un certain point, le groupe estime que l'on n'a pas suffisamment coordonné les diverses mesures prises de temps à autre pour développer les télécommunications nécessaires étant donné la demande toujours plus grande de renseignements météorologiques, que ce soit pour l'aéronautique ou à des fins synoptiques générales; en conséquence, les moyens actuels ne sont ni les plus efficaces, ni les plus économiques. Le groupe de travail a donc recommandé qu'une réunion régionale mixte de l'OMM et de l'OACI soit convoquée le plus tôt possible, afin de mettre au point un plan coordonné qui réponde efficacement et économiquement aux besoins exprimés par la région en matière de télécommunications.

 

Emploi des microcartes en météorologie 

Un article d'un peu plus de sept pages était consacré à l'emploi des microcartes en météorologie (voir la rubrique sur l'Année géophysique internationale). En voici un résumé. 

Les sociétés, institutions et organisations scientifiques assurent la continuité des connaissances scientifiques, et, plus encore, les étendent, les classifient, les préservent et les font connaître. C'est grâce à l'intelligence d'un petit nombre d'individus que la science fait des progrès. De nos jours, des équipes scientifiques munies de machines toujours plus complexes, remplacent des hommes qui n'avaient à leur disposition que plumes, papier, règle à calcul et abaque, pour calculer et classifier les données scientifiques. Pendant des siècles, la presse à imprimer et les machines plus spécialisées qui lui ont succédé ont accompli une tâche immense pour préserver et répandre les connaissances acquises. Plus récemment, l'invention du microfilm et des cartes perforées a permis de nouveaux progrès. La carte perforée est surtout utile pour classifier les données, mais son emploi n'est économique que dans les quelques institutions qui possèdent les installations nécessaires pour dépouiller, analyser et collationner de vastes quantités de données statistiques. 

Depuis longtemps un nouveau moyen de faire connaître les renseignements scientifiques était nécessaire, qui soit meilleur marché et plus pratique que les microfilms, cartes perforées ou méthodes par offset, et qui permette en même temps de préserver et de transporter sous un petit volume 10 à 100 copies, ou même plus au besoin. La micro-impression est la solution évidente de ce problème et, depuis dix ans, plusieurs méthodes de micro-impression à partir des originaux ou des négatifs on été mises au point. La micro-carte est une application—peut-être la plus pratique—de micro-impression et plusieurs procédés sont maintenant dans le commerce...d'autres institutions envisagent maintenant d'employer les microcartes...en particulier pendant l'Année géophysique internationale...

Sur les quelque 30 000 articles, monographies, etc., relatifs à la météorologie, analysés dans les Meteorological Abstracts au cours des six dernières années, environ 7 500 ont été reproduits sur microcartes. Chaque document ou article est photographié sur une pellicule de 16 ou 35 mm, des copies satinées sont faites, puis laminées au dos de fiches de bibliothèques du format standard 3 x 5 pouces (75 x 125 mm), contenant toutes les indications nécessaires pour la coordination et l'identification. Environ dix fichiers de dimensions ordinaires peuvent contenir une collection de 7500 articles ou publications ainsi reproduits. Si les cartes n'étaient pas laminées, la même collection n'occuperait que la moitié de cet espace.

La réduction est en général au dix-septième ou au vingt-troisième, ce qui permet d'identifier à l'oeil nu de grandes illustrations si elles sont claires et la nature générale du document. L'emploi d'une loupe n'est pas d'une grande aide. Un petit appareil standard de lecture agrandit 12 fois l'image et permet, sans quitter la table de travail ou, si l'on dispose pas d'appareil standard de lecture, d'identifier rapidement un titre, un chiffre, une référence, une équation, une donnée ou un texte assez court. 

Plusieurs modèles d'appareils de lecture sont maintenant sur le marché ... Dans une salle bien éclairée, la lecture est possible sous n'importe quel angle, grâce à un objectif grand angulaire et à un éclairage de champ plan. Cet appareil est moins volumineux et bien plus facile à manier que les appareils ordinaires de lecture sur microfilms. Un nouveau modèle actuellement mis au point permet d'obtenir des épreuves agrandies directement depuis l'image de la micro-carte sur l'écran, si l'on désire se servir plus tard d'une partie du document sans l'aide de l'appareil. Sur l'écran, l'image est réfléchie, ce qui élimine la fatigue fréquemment causée par la lecture des microfilms transparents...

... Il n'est pas nécessaire d'aller à de lointains rayons ou de défaire des rouleaux de cartes ou des paquets de publications. 

Les microcartes occupent bien moins d'espace que les documents originaux et, en général un peu moins que les microfilms. Toute une collection de 50 000 à 70 000 unités tient dans un meuble qu'une camionnette transporterait facilement sans qu'un emballage compliqué soit nécessaire. Enfin, si les microcartes sont détruites par l'eau ou le feu, de nouvelles copies peuvent être préparées rapidement à l'aide des négatifs.  

En bref: la microcarte permet de reproduire en 10 à 100 exemplaires, ou même plus, sans grand frais et sous une forme compacte, durable et facilement transportable, des documents manuscrits ou imprimés, des articles ou des compilations de données. Celui qui se sert de microcartes peut établir le classement qui lui convient, sans avoir recours à un système chiffré compliqué, il peut aussi réorganiser la documentation, à volonté et sans complications. Elle est aussi utile et son prix reste relativement le même pour une grande institution centrale, un petit institut ou le chercheur privé, si éloigné soit-il des grands centres de documentation. 

Si la microcarte ne remplace pas la page imprimée d'une part, le microfilm ou la carte perforée d'autre part, elle permet de distribuer, en quantités moyennes, toute la documentation sauf la plus fréquemment utilisée, et de préserver les publications scientifiques les plus endommagées comme les plus rares. Les lointaines bases météorologiques de l'Antarctique et les centres climatologiques et centres de prévision ou de recherches des îles de Pacifique ou dans l'Arctique possèdent déjà des appareils de lecture et des collections de microcartes, comme aussi les principales bibliothèques. D'ici quelques années, leur emploi sera universel et peut-être plus indispensable encore que le microfilm dans les centres de recherches météorologiques et dans les bibliothèques météorologiques des grands centres.

 

 

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