Thèmes world map
Thèmes > Les océans

Historique de la Veille météorologique mondiale

Par James L. Rasmussen
(Directeur du Département de la Veille météorologique mondiale, 1989-1994)

Cet article figure dans le Bulletin de l'OMM de janvier 2003.

 


Introduction

Il y a 40 ans, en avril 1963, le Quatrième Congrès météorologique mondial approuvait le concept de Veille météorologique mondiale (VMM), mettant ainsi l’Organisation météorologique mondiale sur une voie qui allait révolutionner et accélérer l’évolution de la météorologie et des sciences de l’atmosphère. Pour commémorer cet événement unique dans l’histoire de l’OMM et de la météorologie internationale de manière générale, il convient de décrire les événements importants qui ont conduit le Congrès à prendre ces décisions, avant d’aborder l’évolution de la Veille météorologique mondiale et sa pertinence actuelle.


Historique

Le premier chapitre de l’ouvrage publié pour commémorer le quarantième anniversaire de l’OMM [1] contient un bref résumé de l’émergence de la météorologie en tant que science d’envergure internationale ainsi que de l’application progressive de cette science dans des buts pratiques.

 


Proposition du Lieutenant Matthew Fontaine Maury, marine des États-Unis d'Amérique, adoptée par la première Conférence météorologique internationale (Bruxelles, août 1853)

«… Les marines de tous les pays à vocation maritime devraient participer à l'exécution d'observations météorologiques dans des conditions et avec des moyens et un matériel tels que l'uniformité du système d'observation soit assurée et qu'on puisse comparer aisément les observations effectuées à bord d'un navire de guerre avec celles faitesà bord des autres navires de guerre, dans n'importe quelle partie du monde. En outre, comme il est souhaitable d'obtenir le concours bénévole de tous les navires marchands, aussi bien que celui des bâtiments de guerre de tous les pays pour ce programme de recherche, il serait non seulement opportun mais habile que les principales parties intéressées arrêtent d'un commun accord le modèle de carnet d'observation et le type d'instruments qu'il convient d'utiliser, les éléments à observer, le mode d'emploi des instruments et les méthodes d'observation.»

  Matthew Fontaine Maury


Même si les mots contenus dans le premier encadré remontent à 1853, ils sont tout à fait pertinents quant à l’évolution de la collaboration internationale en météorologie car ils contiennent l’essence même des besoins devenus depuis lors tellement nécessaires pour notre manière d’aborder la pratique de la météorologie: a) toutes les nations doivent coopérer, b) les observations doivent être normalisées, c) il doit s’agir d’une entreprise d’échelle globale, d) la mesure des paramètres, l’échange et l’enregistrement des données ainsi que les instruments et les méthodes d’observation doivent suivre un plan convenu.

Durant les 20 années qui ont suivi, les concepts énoncés par la communauté maritime se sont étendus aux nouveaux réseaux nationaux de stations d’observation, conduisant au Premier Congrès météorologique international, au mois de septembre 1873, à Vienne, à l’occasion duquel les pays disposant de Services météorologiques nationaux ont créé l’Organisation météorologique internationale (OMI). Ce Congrès permit d’aborder des questions pratiques, comme l’étalonnage et la vérification des instruments, les horaires des observations, les échelles et les unités, ainsi que l’échange des observations par télégraphe, et d’autres encore, sujets qui, sous une forme ou une autre, sont encore à l’ordre du jour actuellement. Il arrêta également un dispositif permanent pour accomplir ce travail. Le travail technique de l’OMI était en grande partie assuré par un système de Commissions techniques, composées de groupes d’experts étudiant des questions et proposant des solutions et des procédures qui ont fortement influencé la direction suivie par la météorologie et accéléré ses progrès. Les points techniques abordés comprenaient l’extension des réseaux d’observation, les instruments, les normes applicables aux observations, les codes et symboles et les communications télégraphiques et par la suite les communications sans fil. Avec la coordination entre les travaux de l’OMI et ceux du Bureau télégraphique international, la coopération internationale interagence était née.

Après une interruption imposée par la première guerre mondiale, le rythme des activités de l’OMI reprit avec de nouvelles forces vives, comme l’application de la météorologie à la navigation aérienne, l’utilisation des radiodiffusions et l’invention d’instruments plus perfectionnés, tels que les radiosondes. Le développement bien organisé de l’OMI devait être de nouveau interrompu par la guerre entre 1939 et 1945. L’Organisation devait toutefois retrouver un regain de dynamisme avec les progrès techniques intervenus durant la seconde guerre mondiale (radars, aviation, communications et progrès de la science météorologique, notamment) ainsi qu’avec l’importance acquise par la météorologie dans le nouvel ordre mondial. La Convention météorologique mondiale, qui mettait en place l’organisme intergouvernemental baptisé Organisation météorologique mondiale fut rédigée et approuvée en mars 1950. L’OMM reprit la structure technique et les fonctions de base de l’OMI et fonda ses efforts sur les traditions et les procédures héritées de cette institution moins formelle et non-gouvernementale. Les objectifs fixés pour l’OMM dans la Convention sont en fait un prolongement naturel de la déclaration adoptée presque un siècle auparavant à Bruxelles.



Extrait de la Convention météorologique mondiale (1953)


Les buts de l'Organisation sont les suivants:

  • Faciliter la coopération mondiale en vue de l'établissement de réseaux de stations effectuant des observations météorologiques ou d'autres observations géophysiques se rapportant à la météorologie, et encourager l'établissement et le maintient de centres météorologiques chargés de fournir des services météorologiques;
  • Encourager l'établissement et le maintien de systèmes pour l'échange rapide des renseignements météorologiques;
  • Encourager la normalisation des observations météorologiques et assurer la publication uniforme d'observations et de statistiques;
  • Encourager les applications de la météorologie à l'aviation, à la navigation maritime, à l'agriculture et à d'autres activités humaines; et
  • Encourager les recherches et l'enseignement en météorologie, et encourir à la coordination des aspects internationaux de ces domaines.


Le Premier Congrès de l’OMM lança une proposition qui, après examen par l’Assemblée générale des Nations-Unies, devait faire de l’Organisation l’une des agences spécialisées des Nations-Unies, lui permettant ainsi de participer au programme élargi d’assistance technique aux pays en développement mené par l’ONU. Ceci conduisit aussi l’OMM à un partenariat avec l’Organisation des Nations-Unies et permit à cette dernière de lui confier la responsabilité des programmes et activités relevant de ses attributions. Les événements de la décennie suivante ont bien montré la sagesse et l’esprit prévoyant des délégués à ce Premier Congrès qui définirent le rôle et les responsabilités qui devaient être ceux de l’OMM sur la scène mondiale.


L’étincelle

L’avènement de l’Ère spatiale conduisit les nations du monde à adopter les mesures qui devaient finalement mener à la Veille météorologique mondiale. Le lancement par l’urss de Spoutnik I, en octobre 1957, puis de Spoutnik II, en novembre de la même année, suivi en janvier 1958 par le lancement d’Explorer I par les Etats-Unis d’Amérique, suscitèrent un intérêt et des préoccupations considérables dans le monde entier, ainsi qu’un désir intense de voir cette nouvelle technologie utilisée à des fins pacifiques. Le Comité exécutif de l’OMM (devenu Conseil exécutif depuis lors) entrevit presque immédiatement le potentiel des satellites artificiels en orbite autour de la Terre pour la météorologie et désigna un rapporteur pour cette question dès sa 10e session, en 1958. Ce rapporteur (H. Wexler, Etats-Unis d’Amérique) présenta un rapport sur le sujet qui conduisit le Troisième Congrès de l’Organisation météorologique mondiale, en 1959, à adopter la résolution 28 Cg-III, fixant la stratégie en matière de satellites météorologiques, à savoir : a) encourager le développement des satellites météorologiques en tant que source de données et b) collaborer dans ce domaine avec l’ONU, d’autres agences spécialisées et la communauté scientifique.

Après ce Congrès, le Onzième Comité exécutif créa un Groupe d’experts pour les satellites artificiels en lui demandant de passer en revue les utilisations possibles des satellites artificiels en météorologie et de formuler des suggestions sur la manière dont l’OMM pourrait le mieux contribuer à ces activités. Les membres du groupe d’experts étaient V. A. Bugaev (URSS), W. J. Gibbs (Commission de météorologie synoptique de l’OMM), G. D. Robinson (Commission d’aérologie de l’OMM) et H. Wexler (Etats-Unis d’Amérique). Le premier satellite météorologique, Explorer VII, fut lancé presque tout de suite après, en octobre 1959, et le premier satellite de la série Tiros était mis en orbite en avril 1960. L’intérêt croissant suscité par l’application des données satellitales aux différents programmes de l’OMM devait conduire le Comité exécutif de l’Organisation à sa douzième session, en 1960, à demander au Groupe d’experts pour les satellites artificiels de coordonner les travaux des Commissions techniques dans ce domaine.

Dans le monde entier, se rendant compte des progrès considérables devenus ainsi possibles en sciences de l’atmosphère grâce aux nouvelles technologies (satellites, ordinateurs numériques, prévision numérique et communications), les scientifiques essayèrent de définir les possibilités pour les années à venir. L’Académie nationale des sciences des Etats-Unis d’Amérique entreprit ainsi à la fin des années 50 un processus d’évaluation et de planification qui devait aboutir à un rapport intitulé «The Atmospheric Sciences, 1961-1971» (Sciences de l’atmosphère, 1961-1971). C’est là semble-t-il qu’apparaît pour la première fois le titre de «Veille météorologique mondiale». Il s’agissait d’une couverture mondiale par des observations traditionnelles, des satellites météorologiques, des stations terrestres automatiques et des bouées océaniques, des systèmes de ballons, des sondages effectués par des navires marchands et des aéronefs commerciaux, un système mondial de télécommunications et un réseau de centres régionaux de services météorologiques [2].
 
Extrait du discours prononcé par le Président J.F. Kennedy à l'Assemblée générale des Nations Unies le 25 septembre 1961

… Les scientifiques étudient l'atmosphère depuis de nombreuses décennies et pourtant ses problèmes continuent à nous défier. … De nouveaux outils scientifiques sont désormais disponibles. Avec l'avènement des calculateurs électroniques, des fusées et des satellites artificiels, le temps est venu de mobiliser toutes sortes de disciplines en vue d'une offensive concertée... Les sciences de l'atmosphère exigent un système d'observation mondial et, par conséquent, une coopération internationale. Nous proposons de développer les efforts de coopération entre toutes les nations dans le domaine de la prévision et, éventuellement, du contrôle du temps. Nous proposons enfin d'instituer un système mondial de satellites de communications capable de relier toutes les parties du monde à l'aide du télégraphe, du téléphone, de la radio et de la télévision.


Cet exercice de planification en cours se fraya la voie dans le discours prononcé par le Président des Etats-Unis d’Amérique, John F. Kennedy, devant l’Assemblée générale des Nations Unies, le 25 septembre 1961. Dans ce discours, le Président Kennedy demandait instamment aux Nations Unies de lancer de nouvelles initiatives majeures en matière de prévision météorologique et de communications par satellites [voir encadré].

L’Assemblée générale réagit en adoptant la résolution N° 1721 (XVI), le 20 décembre 1961. Cette résolution priait l’OMM d’entreprendre une étude complète sur les mesures propres:

  • à faire progresser la science et la technique atmosphériques de manière à mieux connaître les forces physiques fondamentales affectant le climat et à donner la possibilité de modifier à grande échelle les conditions météorologiques;
  • à développer les moyens de prévision météorologique actuels et à aider les Membres à employer efficacement ces moyens grâce à des centres météorologiques régionaux.

M. D.A. Davies, Secrétaire général de l’OMM, demanda immédiatement au professeur
V. Bugaev (URSS) et à M. H. Wexler (Etats-Unis d’Amérique) de réaliser l’étude demandée. C’est ainsi qu’avec l’aide de M. M.A. Alaka (Etats-Unis d’Amérique) et celle du personnel du Secrétariat de l’OMM, le Premier rapport sur l’avancement des sciences atmosphériques et de leurs applications, à la lumière des progrès réalisés dans le domaine de l’espace extra-atmosphérique [3], fut préparé et présenté à l’ONU en juin 1962. Ce rapport exposait dans les grandes lignes le concept, la structure et le rôle de la Veille météorologique mondiale (voir encadré).

Le premier rapport demandait la nette amélioration de la couverture mondiale des observations classiques et des observations par satellites et suggérait des points précis pour améliorer les réseaux; il requérait également une amélioration radicale des télécommunications par le biais d’un système mondial coordonné et suggérait que le système de traitement des données basé dans les Centres mondiaux et régionaux proposés, assure l’information requise par chaque nation pour son Service météorologique. Il faudrait aussi une assistance technique aux Services en développement, y compris de meilleures possibilités d’enseignement et de formation professionnelle. Le rapport suggérait en outre que les données et analyses mondiales produites par la VMM soient fournies aux Centres mondiaux de données à des fins climatologiques et de recherche, anticipant ainsi le rôle important que la Veille météorologique mondiale serait par la suite appelée à jouer dans les domaines liés au climat.

 

Extrait du premier rapport ... 

La Veille météorologique mondiale doit constituer un système coopératif d'observation et de prévision météoroloogiques à l'échelle du globe, destiné à aider les Services météorologiques du monde à assumer leurs responsabilités sans que chacun d'eux doive effectuer tous les travaux nécessaires à cet effet. La mise en place de ce système et la coordination qu'il implique constitueraient une extension naturelle du rôle que joue déjà l'Organisation météorologique mondiale dans l'exécution et la normalisation des observations météorologiques, l'établissement des horaires de télécommunications météorologiques, etc. L'activité nouvelle pour l'OMM consisterait à préparer et à diffuser méthodiquement des renseignements météorologiques dépouillés (obtenus par les moyens classiques ou à l'aide des satellites), selon un système de Centres mondiaux et de Centres régionaux dont le but serait d'éviter des doubles emplois lors de la préparation des analyses et des analyses prévues, mais qui permettraient toujours à chaque Service météorologique d'obtenir les données et les renseignements généraux dont il a besoin pour assumer ses responsabilités.

 

Le rapport dressait également une liste préliminaire de sujets de recherche susceptibles d’être traités par le biais d’efforts de coopération internationaux en vue d’atteindre les buts énoncés dans la résolution 1721 et proposait également la création d’un Comité consultatif de l’OMM. Ce comité, composé de membres de la communauté scientifique au sens large, par le biais d’organisations comme l’UNESCO et le CIUS, devait également étudier plus avant les besoins et les priorités en matière de recherche et en affiner la liste. La liste préliminaire des thèmes de recherche suggérés comprenait:

  • les problèmes de la circulation générale et du bilan thermique;
  • les problèmes de la prévision numérique du temps;
  • la prévision à moyenne et à longue échéance;
  • les problèmes liés aux influences du soleil et à d’autres influences extérieures sur l’atmosphère terrestre et à l’interaction entre l’atmosphère supérieure et l’atmosphère inférieure.

Dans sa résolution 1802 (XVII), adoptée à sa dix-septième session, en décembre 1962, l’Assemblée générale des Nations-Unies priait instamment l’OMM « … d’établir sous une forme plus détaillée son projet de programme élargi de renforcement des services et de la recherche météorologiques, en insistant sur l’utilisation des satellites météorologiques et sur des moyens accrus de formation et d’enseignement dans ces domaines». Par ailleurs, cette résolution invitait le Conseil international des unions scientifiques à développer un programme élargi de recherche en sciences atmosphériques complétant les programmes parrainés par l’Organisation météorologique mondiale.


La Veille météorologique mondiale

En avril 1963, le Quatrième Congrès météorologique mondial, assumant la charge que lui confiaient les résolutions 1721 (XVI) et 1802 (XVII) de l’Assemblée générale des Nations Unies, lançait la mise en place des programmes et des structures administratives nécessaires pour que l’Organisation soit en mesure de relever les défis qui se présentaient à elle. Entre autres, l’Organisation approuva le concept de Veille météorologique mondiale tel qu’il était présenté dans le Premier rapport, créa le Comité consultatif pour la recherche atmosphérique de l’OMM, constitua un Fonds de développement de l’OMM pour soutenir la VMM et créa, au sein du Secrétariat de l’Organisation, un service de planification de la VMM.

Les années 1963 à 1967 ont été des années de planification intense tant au niveau national qu’international. Les percées de la technologie et les premières résolutions de l’ONU sur ce sujet avaient donné un élan, mais le tissu politique, financier et administratif de cette entreprise naissante requérait de la part de l’ensemble de la communauté météorologique une attention, un engagement et une énergie constants. Certains pays désignèrent des comités nationaux ou des groupes de travail afin d’élaborer leurs programmes nationaux et de décider de ce que pourrait être leur contribution à l’effort international. Ces activités menées par les pays venaient compléter les travaux du Secrétariat et y contribuaient directement. A la lecture des rapports de chaque session annuelle du Comité exécutif de l’OMM tenue durant cette période, on ressent l’atmosphère d’excitation et de dur labeur qui prévalait à l’époque dans toute l’Organisation. En outre, l’OMM prépara chaque année une suite au Premier rapport présenté à l’ONU [4] ce qui devait contribuer à assurer la visibilité de l’évolution de la VMM sur la scène internationale. L’Assemblée générale réagit à nouveau en 1963, par sa résolution 1963 (XVIII) qui renforçait les résolutions précédentes et priait les Etats Membres de «collaborer à la mise en place de la Veille météorologique mondiale». Cet intérêt si marqué, manifesté par l’organe intergouvernemental suprême, fut d’une grande aide aux représentants permanents de l’OMM dans les efforts qu’ils déployaient pour remporter l’adhésion de leur pays. Le Service de planification du Secrétariat, travaillant avec des experts du monde entier et avec les Commissions techniques de l’OMM, organisa des réunions de planification afin de préparer les divers éléments du plan pour les soumettre au Comité exécutif. Par ailleurs, la série des Rapports sur la planification de la Veille météorologique mondiale, dont plus de 25 furent publiés durant la seule année 1967, fournissait des détails, des définitions et des explications sur diverses composantes du nouveau plan.

Les activités concernant les aspects du programme touchant à la recherche ont suivi deux courants. D’une part les travaux du Comité consultatif de l’OMM créé par le Quatrième Congrès et de l’autre la création par le CIUS/UGGI du Comité pour la recherche atmosphérique. Entre 1963 et 1967, ces deux courants ont convergé avec l’émergence du concept d’un Programme de recherches sur l’atmosphère globale sous les auspices d’un Comité mixte d’organisation OMM/CIUS. L’OMM pouvait ainsi se consacrer à la formulation de plans et de stratégies de mise en œuvre pour le programme opérationnel de la VMM pendant que les activités menées conjointement dans le domaine de la recherche permettaient de réunir une large gamme d’organismes gouvernementaux et non-gouvernementaux, tels que les académies nationales des sciences, dans un effort commun destiné à concevoir un programme de recherche bien orienté.

Pour ce qui est de la VMM, le GARP devait:

  • recommander à l’OMM les techniques et les procédures élaborées dans le cadre des programmes du GARP et applicables au fonctionnement de la VMM;
  • recommander à l’OMM le meilleur moyen pour la VMM de satisfaire les besoins scientifiques du GARP.

En 1967, l’adoption du Plan et programme de mise en œuvre de la Veille météorologique mondiale pour 1968-1971 lors du Cinquième Congrès de l’OMM (Annexe à la résolution 16 (Cg-V)) a représenté un véritable jalon dans la riche et longue histoire de la coopération internationale en météorologie et en sciences de l’atmosphère de manière générale. Ce premier plan devait constituer le premier pas dans un processus de développement de la science et des services météorologiques au plan mondial, tirant parti des progrès scientifiques et de l’évolution de la technologie. La VMM, et le processus de planification lui-même, étaient perçus comme dynamiques – suffisamment souples pour s’adapter aux conditions changeantes – et ouverts aux progrès de la science et de la technique.

Le plan était centré sur les principaux concepts suivants:

  • le principal objectif de la VMM était de veiller à ce que tous les Membres de l’OMM reçoivent les informations météorologiques requises pour leurs activités opérationnelles et de recherche. (En principe, tout ce dont les Membres avaient besoin pour participer à la VMM était un téléscripteur!);
  • la VMM devait être un système mondial composé de moyens et installations et de services assurés par les différents Membres, avec la coordination, et dans certain cas le soutien, de l’OMM et d’autres organisations internationales;
  • la VMM devait être utilisée uniquement à des fins pacifiques;
  • la VMM devait être utilisée pour stimuler et faciliter la recherche;
  • la VMM nécessiterait un programme approprié d’enseignement et de formation professionnelle;
  • les informations requises par les Membres comprendraient à la fois des observations et des données traitées, échangées de manière opportune et coordonnée et accessibles sous des formes pratiques;
  • les moyens et installations et les arrangements existants dans tous les domaines d’activité seraient utilisés au maximum.

Les éléments fondamentaux de la VMM décrits dans le Plan étaient les suivants:

  • Les réseaux d’observation et autres moyens et installations – Système mondial d’observation (SMO);
  • Les centres météorologiques et les arrangements concernant le traitement des données d’observation – Système mondial de traitement des données (SMTD);
  • Les moyens et installations de télécommunication et les arrangements permettant l’échange rapide de l’information – Système mondial des télécommunications (SMT);
  • Le programme de recherche;
  • L’enseignement et la formation professionnelle.

 

Extrait de l'intervention de M. Robert White devant le Cinquième Congrès météorologique mondial

L'Organisation météorologique mondiale se trouve actuellement à un carrefour. Notre décision au sujet des questions financières dont nous sommes saisis déterminera dans une large mesure la direction que nous prendrons. L'un des chemins conduit à la réalisation des promesses offertes par notre technique moderne, l'autre ne nous mène qu'à une continuation du passé. ... Le Congrès actuel doit maintenant passer à l'action. ...

 
Dr Robert White

 

Les Actes du Cinquième Congrès donnent un aperçu de l’ampleur des engagements pris par les Membres en matière de programmation et dans le domaine financier tant par leurs programmes nationaux qu’en matière de soutien de l’OMM et de son Secrétariat. Le rôle de chef de file du Représentant permanent des Etats Unis d’Amérique, M. Robert White, doit d’ailleurs être souligné à cet égard. La force de ses prises de position et sa conviction sont illustrées par une citation tirée de l’intervention faite après la présentation par le Secrétaire général des propositions budgétaires pour la cinquième période financière (voir encadré).

Le dispositif de gouvernance et de bon développement de la VMM reposait sur le règlement technique de l’OMM et ses annexes, les manuels du SMO, du SMTD et du SMT. L’organisme chargé du gros du travail de mise au point des détails techniques du programme et de la mise en œuvre des éléments convenus au plan international était la Commission des systèmes de base (CSB), commission technique de l’OMM, appelée Commission de météorologie synoptique jusqu’en 1971 (CMS). La tâche confiée à la CSB était accomplie par des groupes de travail axés sur chacune des trois principales composantes et par un Groupe de travail consultatif chargé de coordonner les activités complexes et interconnectées et de répondre aux besoins des autres commissions techniques et programmes. Les associations régionales de l’OMM étaient chargées de la mise en œuvre du Programme de la VMM au niveau des régions.


Mise en œuvre et évolution de la Veille météorologique mondiale

Depuis 1963, les années et décennies qui se sont écoulées ont amené des progrès significatifs en sciences de l’atmosphère et des océans et dans les technologies connexes, avec une incidence sur la VMM et, à son tour, la VMM a elle-même alimenté cette évolution. Les progrès dans la mise en œuvre du Plan d’origine et l’évolution constante des possibilités offertes par la technologie ont amené à arrêter à chaque Congrès un Plan et Programme de mise en œuvre actualisé, jusqu’en 1983, date à laquelle cette activité a été reprise par le processus de planification à long terme de l’OMM.

De manière tout à fait réaliste, on peut dire que la VMM sera toujours un système incomplet et inachevé. Si l’on considère que la VMM se compose des moyens et installations et des opérations des Services météorologiques nationaux des 185 Membres de l’OMM, chacun avec des besoins uniques en matière de services météorologiques et des moyens techniques et financiers de niveaux différents, il n’est pas surprenant qu’il y ait eu des frustrations et des lacunes dans la recherche des objectifs fixés dans les diverses éditions du Plan. A partir de 1967, les rapports du Congrès et des sessions du Conseil exécutif, des associations régionales et des commissions techniques, notamment de la CSB, témoignent de ces «douleurs de croissance». Souvent, les progrès technologiques (communications au niveau global et capacité et vitesse de calcul) ne peuvent pas être appliqués assez vite sur l’ensemble du système mondial pour que tous les Membres puissent en bénéficier.

Bien qu’extrêmement profitables pour de nombreux services en développement, les programmes de coopération technique n’ont tout simplement pas pu satisfaire tous les besoins. Constamment, les nécessités concernant l’enseignement et la formation professionnelle des personnels des Services météorologiques des pays en développement ne sont assurées que partiellement – et le taux de renouvellement du personnel ayant bénéficié d’une formation technique appropriée reste un problème persistant pour de nombreux Services météorologiques. Au début des années 80, la CSB a entrepris l’Etude des systèmes intégrés pour évaluer le développement global de la VMM et fixer les priorités dans le cadre de sa mise en œuvre afin d’en maximiser l’impact sur l’ensemble du système intégré. La composante du système de base intitulée Gestion des données de la VMM a été conçue pour que les idées modernes telles que les bases de données partagées et l’échange de logiciels entre les Membres puissent faire leur chemin. Toutes ces étapes, et d’autres encore, ont contribué à la mise en œuvre du Plan ces dernières années.

Le rôle joué par les instituts et programmes de recherche dans le développement de la VMM est un sujet qui mérite à lui seul un article à part entière. Le GARP a eu une influence majeure grâce à des efforts soutenus pour développer la science et la technologie applicables à la prévision numérique du temps et à la conception et à l’organisation d’expériences sur le terrain centrées sur des problèmes météorologiques précis, souvent à l’aide de systèmes d’observation nouveaux et novateurs. L’Expérience tropicale du GARP dans l’Atlantique (ETGA) fut lancée en 1974 dans le but d’assurer les données nécessaires pour comprendre l’effet exercé par des systèmes météorologiques tropicaux d’échelle réduite sur la circulation à plus grande échelle. Cinq ans plus tard, en 1979, la Première expérience mondiale du GARP (PEMG) permettait de mettre en place avec succès des installations d’observation spéciales qui, prises ensemble, se rapprochaient de la couverture mondiale rêvée par ceux qui avaient planifié la VMM au début et au milieu des années 60. Le programme d’observation intégré comprenait:

  • Un réseau élargi de stations en surface et en altitude de la VMM, à la fois sur terre et à bord de navires;
  • Une constellation de cinq satellites géostationnaires et de quatre satellites à défilement assurant véritablement une couverture globale du champ de vent déduit des observations du mouvement des nuages et des profils verticaux de la température;
  • Un système de ballons en surpression circulant à haute altitude dans la ceinture tropicale et fournissant des données en temps réel grâce à un système de communications et de positionnement à satellites (ARGOS);
  • Des observations d’aéronefs provenant d’avions de ligne et d’une flotte d’aéronefs de reconnaissance dédiée déployant des sondes à parachute;
  • Le mouillage de bouées dérivantes dans les vastes étendues de l’océan Austral en faisant appel au système ARGOS pour les communications et le positionnement;
  • Une flottille de navires de recherche équipés pour enregistrer des profils verticaux haute résolution du champ de vent dans les régions tropicales.

En même temps que la PEMG étaient également lancés des programmes régionaux destinés à étudier les systèmes de circulation de mousson en Asie (MONEX) et en Afrique occidentale (WAMEX), afin de profiter des ressources mondiales considérables en matière d’observation et d’apporter également une contribution à l’effort planétaire en intensifiant les observations dans ces régions.

Ces programmes de recherche ont pu être menés grâce à l’infrastructure mondiale assurée par les systèmes d’observation, de communication et de traitement des données de la VMM. Beaucoup des systèmes et technologies conçus et mis en place au cours de ces expériences sont devenus partie intégrante de la composante opérationnelle de la VMM. La matérialisation de la vision qu’avaient les premiers responsables de la planification de la VMM, d’un partenariat complémentaire entre communauté des sciences de l’atmosphère et communauté météorologique opérationnelle, a été l’une des grandes réussites de ce programme et reste une réalité à ce jour.

Durant les 20 dernières années, les offres commerciales de fourniture de services météorologiques se sont multipliées. Ce secteur commercial comprend à la fois les entreprises non gouvernementales, d’une portée quasi mondiale, et des composantes de certains Services météorologiques nationaux. Dans le contexte de cette activité commerciale se sont posés des problèmes menaçant la tradition de la VMM d’un échange gratuit et sans restriction des données et des produits. Après avoir soigneusement étudié la question, le Douzième Congrès météorologique mondial a adopté la résolution 40 (Cg-XII) pour fixer les politiques et pratiques en matière d’échange des données et des produits et fournir des directives concernant les relations entre les SMN et le secteur commercial. L’aspect futur de la VMM repose sur la bonne mise en œuvre des politiques d’échange des données.

Il est impossible, dans un court article, d’aborder comme il conviendrait les jalons, réalisations et défis importants que compte l’histoire de la VMM au cours des quatre dernières décennies. L’auteur a donc tenté ci-après de résumer brièvement les éléments qui lui paraissent personnellement les plus significatifs dans le contexte des trois composantes de la VMM.


Système mondial d’observation (SMO)

Systèmes spatiaux

Comme indiqué précédemment, les satellites météorologiques ont toujours joué un rôle majeur dans la conception comme dans la mise en œuvre de la VMM. Au début des années 60, la mise au point du système automatique de transmission des images (APT) a offert à tous les Services météorologiques nationaux l’occasion d’avoir directement accès à l’imagerie satellitale en temps réel pour leurs prévisions et leurs analyses. Jusqu’à ce que les moyens de communication grande vitesse permettent de transporter une plus large gamme de données satellitales, le système APT a permis à tous ces Services nationaux d’accéder en temps réel aux informations des satellites météorologiques. Les installations APT constituent un exemple frappant de l’application des concepts fondamentaux de la VMM.

 

L’évolution progressive du système spatial, du système de satellites à défilement rudimentaire des débuts de la VMM à l’actuelle configuration opérationnelle de trois ou quatre systèmes à défilement et cinq ou six satellites en orbite géostationnaire est peut-être la réalisation individuelle la plus importante quant aux moyens dont nous disposons pour observer l’atmosphère du globe et les océans. Ce jugement ne s’appuie pas uniquement sur le nombre des satellites mais également sur la technologie des capteurs, en constants progrès, et la sophistication croissante des moyens opérationnels.
  satellites
Les opérateurs de satellites ont assuré une étroite coordination de leurs plans avec ceux de la VMM et l’apport des données satellitales au système de la VMM s’est révélé un modèle en matière de réponse internationale aux besoins des usagers. Mis à part l’application des images dans le visible et dans l’infrarouge aux analyses météorologiques, l’incidence pratique des données satellitales sur les analyses numériques à l’échelle mondiale, régionale et locale ne s’est matérialisée que lentement. Dans les années 90, les principaux centres de prévision numérique du temps ont mis au point des méthodes leur permettant d’assimiler les valeurs de la luminance énergétique observées par les satellites dans leurs programmes d’analyse, commençant ainsi à octroyer aux données satellitales la valeur annoncée de longue date.

Actuellement les exploitants de satellites recherchent le moyen de mettre à la disposition des utilisateurs les données des systèmes expérimentaux en suivant les protocoles de la VMM. Comme l’ont démontré les expériences du GARP, l’application de nouvelles données dans un contexte opérationnel est souvent le meilleur moyen de tester leur valeur à terme.


Systèmes d’observation en surface

Observations aérologiques

L’un des problèmes auxquels s’est constamment heurtée la VMM a été la mise en place et le maintien du réseau mondial de radiosondes. Le passage de systèmes basés sur les radars à des systèmes basés sur les balises radio d’aide à la navigation et aux systèmes actuels qui font appel au Système de positionnement global ont conduit à une amélioration constante de la qualité des données et de la facilité d’exploitation. Toutefois, du fait du coût élevé de l’équipement et du matériel non récupérable, le réseau mondial prévu n’a pas pu être mis en place. Ceci a pu être compensé partiellement à l’aide des systèmes de radars à visée verticale (profileurs), des systèmes d’avionique modernes à bord des aéronefs commerciaux – qui fournissent des données en phase de montée et de descente ainsi qu’à l’altitude de vol, et des moyens de sondage améliorés dont sont dotés les satellites ainsi que de la poursuite de la mise en place de systèmes aérologiques à bord de navires. Le réseau d’observation aérologique in situ restera l’un des principaux problèmes pour la VMM. Les programmes de recherche utilisant des aéronefs sans pilotes et différents systèmes embarqués sur des ballons semblent prometteurs pour tenter d’atteindre la densité et la couverture requises.

Réseaux de surface

L’évolution des observations météorologiques à la surface de la Terre a été principalement marquée par deux grands progrès. Le premier est la mise au point des techniques automatiques d’observation météorologique qui ont permis d’utiliser le personnel de manière plus efficace et de mettre en place des systèmes d’observation dans des emplacements isolés. Le second a été l’amélioration majeure des observations effectuées dans les zones océaniques. Les accords de collaboration passés entre la COI et la VMM/OMM, qui ont permis la mise en œuvre du système du SMISO, ont constitué l’une des premières étapes dans la recherche de la couverture voulue en matière de données pour les océans. La mise au point et le mouillage de systèmes de bouées dérivantes et de bouées ancrées sur l’ensemble des océans du globe, l’acquisition des données et le positionnement étant assurés par des systèmes à satellites, ont permis d’accroître considérablement la couverture en données.


Système mondial de télécommunications (SMT)

Historiquement, le SMT fonctionnait à trois niveaux: a) le Réseau principal de télécommunications – un circuit grande vitesse qui reliait les Centres mondiaux et se subdivisait en tronçons régionaux qui permettaient aux régions d’être effectivement reliées au système mondial; b) des Réseaux régionaux de télécommunications météorologiques; et c) des Réseaux nationaux de télécommunications météorologiques. Avec les années, le plan du SMT est passé du système original de «transmission différée» avec son mélange d’installations automatiques et d’installations dotées de personnel, qui exigeait une gestion très poussée et était sujet à des pannes et des interruptions, notamment au niveau régional, à un système que l’on pourrait qualifier de «mixte», avec des composantes nationales et régionales utilisant des systèmes à satellites bi-directionnels «point-multipoint» et d’autres systèmes fonctionnant selon le mode traditionnel. Certains circuits particulièrement difficiles utilisent la solution de l’Internet. La grande force du SMT de la VMM est qu’il permet aux Membres concernés de définir les liens de télécommunications entre les pays, entre les Régions et au sein des Régions, du moment que les engagements et les protocoles d’échange international fixés dans les règlements techniques de l’OMM sont respectés. En permanence, la CSB suit le SMT et l’une des grandes priorités est de planifier les améliorations du système mondial pour tirer parti des progrès révolutionnaires des techniques de communication tout en veillant à ce que tous les Membres reçoivent les informations météorologiques dont ils ont besoin. 


Système mondial de traitement des données (SMTD)

À l'origine, le Plan de la VMM était articulé sur la création de trois Centres météorologiques mondiaux (CMM) et prévoyait l’éventuelle constitution de différents centres régionaux (CMR). Le concept opérationnel prévoyait que les CMM s’occupent de rassembler des données et des informations comme les champs produits par les modèles mondiaux de prévision numérique et de les interpréter pour les besoins des différents CMR qui, à leur tour, ajouteraient un niveau de détail supplémentaire pour aider les Centres météorologiques nationaux (CMN) à assurer les services dont ils sont responsables. Avec les années, les contributions apportées par les recherches réalisées dans le cadre de grands programmes sur le terrain comme la PEMG et l’apparition de grands centres de modélisation (comme le CEPMMT en Europe et le GFDL et le NCAR aux Etats-Unis d’Amérique, ainsi que de grands programmes de recherche d’universités et d’instituts de recherche dans le monde) ont largement contribué à une meilleure définition et à une extension du rôle du SMTD de la VMM. La prévision numérique du temps à l’échelle continentale et sous-régionale et jusqu’à méso-échelle est devenue opérationnelle. La structure du SMTD a évolué et compte actuellement 25 Centres météorologiques régionaux spécialisés (CMRS) à spécialisation géographique. Ceux-ci exploitent une suite de modèles et d’analyses conçus et affinés tout spécialement pour fournir des guides à la prévision pour des zones topographiques ou océaniques données, souvent à partir de sources de données à caractère local ou régional, telles que des données radar. Il existe en outre six CMRS responsables en matière de prévision des cyclones tropicaux et huit chargés de la modélisation du transport. Ces derniers sont responsables pour leur région de la fourniture de produits des modèles du transport atmosphérique pour les situations d’urgence environnementale en cas d’accident nucléaire, d’éruption volcanique ou d’autre épisode à caractère d’urgence. Par ailleurs, plusieurs CMRS désignés fournissent des prévisions météorologiques à moyenne échéance, assurent une surveillance de la sécheresse et des prévisions de sécheresse à échéance prolongée et à longue échéance. Trente-deux CMN supplémentaires sont dotés à un degré ou un autre de capacités de prévision numérique allant de modèles globaux complets à des modèles a domaine limité et à des modèles à méso-échelle à plus haute résolution.

Les remarquables progrès des techniques d’assimilation des données dans les modèles et des procédures de traitement des produits de modèles, comme les systèmes de prévision d’ensemble, qui permettent d’atteindre objectivement les meilleures prévisions possibles, continuent à accroître l’exactitude et l’utilité des produits de la prévision numérique.

La poursuite de l’amélioration de la précision et de l’échéance des prévisions météorologiques démontre les progrès réalisés dans la mise en œuvre du système de la VMM dans son ensemble et dans le développement des sciences de l’atmosphère en général et de la prévision numérique en particulier. Actuellement, les prévisions à cinq jours sont plus précises que les prévisions à deux jours des années 70 et la prévision des phénomènes extrêmes, notamment celle de l’occurrence, de l’intensité et de la trajectoire des cyclones tropicaux a également été nettement améliorée.

L’archivage systématique des données météorologiques au long des 40 années d’histoire de la VMM a permis aux instituts de recherche, aux Centres météorologiques mondiaux et à certains CMRS d’entreprendre ce que l’on appelle des «ré-analyses». Pour ce faire, ils utilisent les dernières techniques d’analyse numérique de pointe et les appliquent à l’ensemble des relevés de données historiques ce qui donne un jeu d’analyses cohérentes au plan physique couvrant toute la période du relevé. Cet outil d’une grande puissance trouve son application dans les études de la circulation générale, la recherche sur la prévision météorologique à long terme et les études climatiques.


Résumé

La Veille météorologique mondiale fut conçue il y a 40 ans comme un système mondial intégré d’installations d’observation, de télécommunications et de traitement des données météorologiques et d’activités de soutien reliant tous les pays du monde pour aider les Services météorologiques nationaux dans leur tâche de prestation de services aux gouvernements et aux populations. Ce système devait se composer de moyens et installations et de services nationaux appartenant aux Services météorologiques nationaux des différents Etats Membres de l’OMM et exploités par eux. Sa coordination et sa régulation se ferait par l’OMM tout comme pour les Programmes de coopération technique et d’enseignement et de formation professionnelle associés. Le fonctionnement de cette entreprise devait s’appuyer sur le concept fondamental selon lequel chaque Etat Membre de l’OMM (185 en 2002) entreprend, selon ses moyens, d’assumer certaines responsabilités au sein du système mondial convenu de sorte que tous les pays puissent profiter de la mise en commun de ces efforts.

Le défi lancé il y a 40 ans s’est traduit par un succès unique en matière de coopération internationale et d’opportunités. Le système de base de la VMM est devenu à bien des égards la «colonne vertébrale» des installations opérationnelles, non seulement pour la prévision météorologique mais également pour tous les programmes de l’OMM et aussi pour beaucoup de programmes internationaux d’autres agences. Comprendre le climat et les changements climatiques, lutter et réagir contre les catastrophes naturelles et protéger l’environnement ne sont que trois des sujets d’une liste croissante de ces vastes programmes. Les prochaines années devraient être le théâtre de progrès technologiques encore plus rapides et l’on peut également s’attendre à ce que les programmes encore plus intégrés relevant des sciences de la Terre fassent peser de nouvelles exigences sur les systèmes de base. Le système souple et évolutif conçu à l’origine continue actuellement à s’adapter et à accommoder ces nouvelles exigences. Il est à espérer que les futurs Congrès de l’OMM auront la même vision et les mêmes capacités d’anticipation que ceux démontrés il y a 40 ans – permettant à l’OMM d’assurer la situation, le rôle prépondérant et la coopération qui ont caractérisé la Veille météorologique mondiale.


Références

[1] OMM, 1990; Sir Arthur Davies (Ed.). Forty Years of Progress and Achievement, A Historical Review of WMO.
[2] OMM, 1966. Severre Pettersen, WWW Planning Report No. 5. Research Aspects of the World Weather Watch.
[3] OMM, 1962. Premier Rapport sur l’avancement des sciences atmosphériques et de leurs applications, à la lumière des progrès réalisés dans le domaine de l’espace extra-atmosphérique.
[4] OMM, 1963. Deuxième Rapport sur l’avancement des sciences atmosphériques et de leurs applications, tenant compte des progrès réalisés dans le domaine de l’espace extra-atmosphérique.
OMM, 1964. Troisième Rapport sur l’avancement des sciences atmosphériques et de leurs applications, tenant compte des progrès réalisés dans le domaine de l’espace extra-atmosphérique.
OMM, 1965. Quatrième Rapport sur l’avancement des sciences atmosphériques et de leurs applications, tenant compte des progrès réalisés dans le domaine de l’espace extra-atmosphérique. Veille météorologique mondiale – Phase I.
OMM, 1966. Cinquième Rapport sur l’avancement des sciences atmosphériques et de leurs applications, tenant compte des progrès réalisés dans le domaine de l’espace extra-atmosphérique .Veille météorologique mondiale – Phase II.

 

 

 
top
© Organisation Météorologique Mondiale | OMM, 7bis, avenue de la Paix, Case postale No. 2300, CH-1211 Geneva 2, Switzerland - Tel.: +41(0)22 730 81 11 - Fax: +41(0)22 730 81 81 Nous contacter Copyright | Confidentialité | Messages frauduleux | Responsabilité | Directives | Achat | Nations Unies | Accessibilité