| Mois 2008
L’impact des changements climatiques sur la production de canne à sucre aux Fidji 1 par J. Gawander2
La canne à sucre et le climat Le climat de la région du Pacifique Sud est très largement déterminé par le phénomène El Niño/Oscillation australe (ENSO), entraînant une importante variabilité interannuelle de la fréquence de nombreux types d’événements météorologiques extrêmes, notamment des cyclones tropicaux et des ondes de tempête, inondations et sécheresses qui en découlent, sévissant dans cette région (Prasad, 1979). La canne à sucre est l’une des principales cultures agricoles des Fidji. Étant donné que l’industrie sucrière fidjienne est totalement tributaire des précipitations, la variabilité climatique a un impact majeur non seulement sur la production sucrière mais également sur l’économie nationale. Il est donc essentiel de comprendre l’impact des principales variations climatiques affectant le rendement de la canne à sucre et le rendement sucrier. Partout dans le monde, l’industrie de la canne à sucre est exposée aux incertitudes liées au climat, tout au long d’une chaîne intégrée, constituée des différentes étapes de ce secteur comprenant la culture, la récolte, le transport, le broyage, la commercialisation et l’expédition (Muchow et al., 1999). Il existe des possibilités de maîtriser cette situation, par exemple en mettant en place des systèmes d’irrigation pour atténuer certains impacts néfastes de la variabilité climatique. Comme dans l’industrie sucrière des Fidji, un grand nombre de décisions dépendent du climat, il peut être utile de mieux connaître les variations climatiques grâce à des outils de prévision climatique, afin d’améliorer la planification à chaque étape de la production. Cela réduirait les effets néfastes qui se répercutent sur le système socio-économique dans les zones rurales. L’augmentation des capacités permettant d’utiliser des prévisions climatiques dans les décisions de gestion sera profitable à l’industrie fidjienne de la canne à sucre et devra être poursuivie, étant donné l’impact actuel et prévisible de la variabilité climatique sur la canne à sucre et sur d’autres cultures agricoles.
L’industrie sucrière aux Fidji L’industrie sucrière s’est installée aux Fidji il y a plus de 100 ans. C’est désormais la troisième source de revenus du pays après le tourisme et l’industrie du vêtement. L’industrie sucrière fidjienne est unique de par les techniques de plantation et de récolte manuelles employées et le système foncier spécifique de petites exploitations. En dehors des Fidji, il n’existe que quelques rares pays au monde où l’économie est aussi tributaire du sucre. Le sucre est la principale source de devises, représentant près de 40 % de l’ensemble des exportations du pays et 12 % du produit intérieur brut (PIB). Ce secteur emploie environ 25 % de la population économiquement active des Fidji et un grand nombre de Fidjiens en vivent indirectement. En outre, le système de petites plantations de canne à sucre apporte des avantages étendus et a un effet multiplicateur majeur sur l’économie. Alors que les efforts de diversification des secteurs qui sont à la base de l’économie du pays se poursuivent à un rythme accéléré, le sucre demeurera l’épine dorsale de l’économie nationale pour quelque temps encore, faisant obstacle à des changements majeurs du marché international et à des changements nationaux. Le sucre étant un produit commercialisé sur le marché international, l’industrie sucrière doit faire face à d’importantes fluctuations de prix qui changent et ont changé par le passé le cours de son destin. Elle a cependant survécu, prospéré et conservé sa position dominante dans l’économie des Fidji même si le principal et unique facteur responsable de la production est la variabilité du climat.
Le climat en tant que ressource Le climat est rarement considéré comme une ressource naturelle précieuse pour la croissance économique et sociale, jusqu’à ce qu’un événement majeur vienne perturber la production énergétique ou l’agriculture ou présente un risque pour la santé de la population. La sensibilisation aux changements climatiques menée récemment a permis, dans une certaine mesure, d’utiliser raisonnablement cette importante ressource. Selon des études récentes, les pays insulaires du Pacifique auraient connu un réchauffement de 0,3 °C à 0,8 °C au cours du siècle dernier. Sur les quatre dernières années de ce siècle, on a continué à enregistrer des températures supérieures à la normale tandis que le nombre de journées et de nuits plus chaudes par an augmente. Les projections les plus récentes établies à l’aide de modèles du climat mondial (Lal, 2004) indiquent que, dans le Pacifique Sud, la température moyenne annuelle en surface devrait connaître une hausse comprise entre 2,5 °C et 3,5 °C d’ici la fin de ce siècle. En ce qui concerne les précipitations, on prévoit une augmentation moyenne d’environ 3 % à 8 % chaque année. Il s’agit là d’un sujet de préoccupation majeur pour la production sucrière aux Fidji car l’accumulation de saccharose risque d’être affectée par la hausse de la température minimale, avec en plus une élévation du niveau de la mer, une intrusion d’eau salée et des inondations à grande échelle dans les régions côtières suite à des ondes de tempête.
Impacts récents du climat sur la production de canne à sucre et la production sucrière Étant donné que l’industrie sucrière est totalement tributaire des précipitations, la variabilité du climat a un impact majeur non seulement sur la production de canne à sucre et la production sucrière, mais également sur l’économie de la nation. Le rendement de la canne à sucre et le rendement sucrier ont fluctué suite aux événements extrêmes qui ont frappé les Fidji. En 1994, on a enregistré une production record de 516 529 tonnes de sucre grâce à d’excellentes conditions météorologiques favorables au mûrissement, pendant les mois d’avril et de mai. Des niveaux records ont été enregistrés en 1979 pour les années 70 et 80 puis, en 1986, lorsque la production de canne a atteint respectivement 4,06 millions et 4,1 millions de tonnes et la production sucrière respectivement 473 000 et 501 800 tonnes. Malheureusement, la sécheresse de 1997 et les cyclones tropicaux Evan et Freda (19 janvier et 2 février 1997) et Gavin (8 mars 1997) ont entraîné une baisse de la production à 2,2 millions de tonnes de canne et 275 000 tonnes de sucre. En 1998 et 2003, la production a chuté une nouvelle fois dans des proportions considérables pour atteindre respectivement 255 703 et 293 653 tonnes de sucre, en raison des sécheresses. Une chute similaire avait été enregistrée en 1983 mais la production était revenue rapidement au niveau d’avant la sécheresse, au cours des années suivantes. Il est donc essentiel de comprendre l’impact des principales variations climatiques, qui sont des facteurs importants influençant le rendement de canne à sucre et le rendement sucrier.
Évolution probable du climat selon les saisons dans le Pacifique Sud-Ouest Le climat de la région du Pacifique Sud est très largement déterminé par le phénomène El Niño/Oscillation australe (ENSO), entraînant une importante varia-
Des efforts sont en cours afin de mieux comprendre les mécanismes liés aux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes, en liaison avec des circulations à grande échelle.
Effets du climat à différents niveaux de l’industrie Le climat affecte tous les niveaux de l’industrie, allant même jusqu’au niveau politique. À ce niveau, des connaissances approfondies des conditions climatiques de la saison aident à formuler et planifier les politiques liées à d’éventuels phénomènes extrêmes. Au niveau commercial, une estimation précise de l’étendue des cultures permet de mieux prévoir les expéditions et d’établir des stratégies de vente et de stockage plus élaborées. Même les conditions de l’offre et de la demande pourraient être mieux comprises si l’on disposait de connaissances avancées des conditions climatiques dans d’autres pays. Au niveau des usines, des prévisions de bonne qualité ont un impact majeur sur les décisions de gestion. Le fait d’avoir une idée précise du volume des récoltes détermine le début probable de la saison de broyage ainsi que la date de fermeture des moulins. Cela permet également de planifier les opérations de maintenance générale dans les moulins pendant la saison creuse, que celle-ci s’annonce courte ou longue. En temps normal, le moulin ouvre en juin et ferme début décembre. Mais les années où le volume des récoltes est élevé, la présence de conditions climatiques défavorables tard dans la saison entraîne des surplus ou des pertes énormes en raison du faible pourcentage de «sucre de canne pur pouvant être obtenu», pendant la saison des pluies. Certaines années, les moulins fidjiens ont dû fonctionner jusqu’à la mi-, voire la fin janvier, entraînant un tonnage de canne dépassant la production de sucre. Cependant, si quelques mois avant l’ouverture des moulins, on sait que les précipitations seront faibles en mai-juin et élevées en novembre-décembre, les moulins peuvent ouvrir plus tôt. D’un autre côté, si les récoltes sont faibles, l’ouverture des moulins peut être reportée jusqu’à ce que les cultures atteignent des niveaux de sucre élevés en septembre. Cela assure une meilleure rentabilité due à un pourcentage élevé de sucre de canne pur pouvant être obtenu. Des connaissances avancées permettent de prévoir des perturbations dans les précipitations en plaine et en zone montagneuse. Dans les exploitations n’utilisant pas l’irrigation, le rendement de la canne est extrêmement tributaire des précipitations. La plupart des décisions de gestion pour le producteur dépendent des prévisions météorologiques et climatiques depuis la préparation initiale des terres jusqu’à la plantation, la fertilisation, la pulvérisation d’herbicide, le traitement des mauvaises herbes, la récolte et le transport de la canne. Ainsi, il est donc extrêmement important de disposer de prévisions précises mais, dans la plupart des secteurs, peu de personnes sont sensibles à la valeur de ces informations tant qu’un événement météorologique catastrophique ne s’est pas produit.
Changements climatiques dans le Pacifique Les communautés des îles du Pacifique sont confrontées à de nouveaux défis dus à des changements intervenant ailleurs dans le monde: changements climatiques et élévation du niveau de la mer, en plus des catastrophes naturelles et écologiques déjà présentes. On dispose aujourd’hui de plus en plus de preuves que le climat de la Terre a changé au cours du siècle passé.
Les données relatives à la température moyenne au niveau mondial indiquent que l’année 2002 a été la deuxième année la plus chaude, immédiatement après 1998, avec une température moyenne dépassant largement les 14 °C qui ont prédominé entre 1951 et 1980 (Jones et al., 1999). D’après de récentes prévisions (GIEC, 2001, Groupe de travail II pour le troisième rapport d’évaluation, chapitre 17), la hausse de la température moyenne annuelle en surface dans les petits États insulaires en développement du Pacifique devrait se situer entre 1,5 °C et 2,0 °C dans les années 2050 et entre 2,5 °C et 3,5 °C dans les années 2080, en raison de l’augmentation à venir des gaz à effet de serre. On prévoit également une diminution des précipitations estivales sur quelques îles, ce qui réduit l’humidité du sol ainsi que le volume d’eau disponible pour l’agriculture et d’autres usages domestiques et industriels. De fortes pluies (entraînant davantage de crues soudaines et de glissements de terrain) devraient également être plus fréquentes à l’avenir et le nombre annuel de jours de pluie devrait diminuer (Kothavala, 1997; Hulme et Viner, 1998). De récentes analyses des données de température en surface sur un réseau de stations basées aux Fidji révèlent également que les années 90 ont été les années les plus chaudes jamais enregistrées (en comparaison à la moyenne des années 61 à 90) et que les trois années passées du XXIe siècle ont continué d’enregistrer des températures records supérieures à la normale (Lal, 2004). La chaleur observée dans le Pacifique Ouest entre 1998 et 2002 est sans précédent depuis au moins 150 ans (Folland et al., 2002). D’après des études sur l’attribution des changements climatiques, ce réchauffement (d’environ 1 °C depuis 1950) dépasse le réchauffement prévu, causé par la variabilité naturelle, et il est dû en partie à la réaction des océans à une augmentation des gaz à effet de serre. Ceci pourrait être un funeste présage de futures sécheresses. Un changement dans la configuration des précipitations et une élévation de la température au-delà d’un certain seuil pourraient avoir des effets néfastes non seulement sur la productivité de la canne à sucre mais également sur celle du manioc et d’autres cultures racines, qui sont à la base de l’alimentation quotidienne de la population fidjienne. La productivité de la canne à sucre aux Fidji, déjà vulnérable à des événements extrêmes tels que les sécheresses, les cyclones et les cyclones tropicaux, serait peut-être capable de tolérer des variations climatiques modérées, pendant la saison de récolte de certaines variétés hybrides. Mais les changements intervenant en dehors de cette plage de tolérance, spécifiques à une région, risquent de nécessiter un changement de cultivars, la mise en place de nouvelles technologies et infrastructures ou, peut-être, une affectation différente des terres. Le climat mondial et les climats régionaux continueront de changer à l’avenir si les gaz à effet de serre provenant de sources anthropiques continuent d’augmenter. La menace d’un réchauffement de la planète et les changements probables dans la variabilité des climats régionaux en général et dans l’intensité des événements El Niño en particulier apportent une nouvelle dimension à nos préoccupations concernant les Fidji. Un changement marqué dans les liens de téléconnexion entre, d’une part, les précipitations enregistrées dans les pays insulaires du Pacifique et, d’autre part, les phénomènes El Niño/La Niña/SO/MJO/PDO, est presque certain (Ishii et al., 1998; Knutson et Manabe, 1998; Knutson et al., 1998; Knutson et al., 1999; Kharin et Zwiers, 2000).
Facteurs climatiques affectant la production de canne et de sucre PrécipitationsLes précipitations constituent le principal facteur responsable de la production de canne à sucre dans l’industrie sucrière fidjienne, car elle en est entièrement tributaire. Les précipitations étant considérablement affectées par des événements extrêmes tels que El Niño et La Niña, ces effets se répercutent sur la production de canne. La moyenne annuelle des précipitations se situe entre 1 700 mm et 3 000 mm, dont 75 % en été, entre novembre et avril. La plupart des régions productrices de canne reçoivent moins de 25 % des précipitations annuelles pendant la période allant de mai à octobre. Ce faible niveau de précipitations a un effet majeur sur la production agricole.
RayonnementLe rayonnement solaire est la principale source d’énergie pour la photo-
TempératureLe taux de photosynthèse dépend de la température comme beaucoup d’autres processus biochimiques contrôlant l’activité méristématique pour le développement des feuilles et des boutons. L’efficacité de la photosynthèse de la canne à sucre augmente de manière linéaire avec des températures de l’ordre de 8 °C à un maximum de 34 °C. Des nuits fraîches et des températures de 14 °C au petit matin en hiver et de 20 °C en été inhibent considérablement la photosynthèse le lendemain. Aux Fidji, les températures ne varient pas énormément, au point d’affecter dans une large mesure le bourgeonnement et l’émergence. Cependant, quand il fait frais, certaines variétés prennent plus de temps que d’autres pour lever. La variété Nadiri cultivée aux Fidji lève seulement en cinq à sept jours; c’est une des variétés les plus rapides à lever. L’élongation de la tige de la canne à sucre est également sensible à la température, si l’on considère que la phase de croissance de pointe est généralement terminée quand les températures diurnes moyennes commencent à descendre en dessous de 21 °C.
Température et pourcentage de sucre de canne pur pouvant être obtenu Il est communément admis que la croissance des feuilles est limitée à des températures inférieures à 14 °C-19 °C. Des nuits fraîches suivies de journées ensoleillées ralentissent le taux de croissance ainsi que la consommation de carbone, mais la photosynthèse peut se poursuivre, améliorant ainsi l’accumulation de saccharose. L’élongation des tiges est davantage sensible à de plus faibles températures que ne le sont les taux de photosynthèse. Par conséquent, l’accumulation de saccharose n’est pas favorisée à hautes températures car le taux de croissance augmente plus que les taux de photosynthèse.
Études climatiques de référence Les données relatives aux températures et aux précipitations pour la période de référence allant de 1961 à 1990 ont été analysées pour quatre moulins: Lautoka, Rarawai, Penang et Labasa. Ces données révèlent que les températures de l’air en surface ont eu tendance à augmenter dans tous les moulins au cours de la période 1961-2003. Le nombre de jours par an enregistrant un réchauffement des températures nocturnes a constamment augmenté au cours des dernières décennies. La température annuelle moyenne de l’air en surface à Labasa a augmenté d’environ 1,5 °C sur la période de 43 ans considérée (soit une hausse statisti- Aucune tendance n’a été observée sur aucun des sites en ce qui concerne les précipitations moyennes annuelles. L’importante variabilité interannuelle ainsi que les précipitations estivales enregistrées sur tous les sites, y compris de très fortes pluies pendant la période de 43 ans, seraient dues en grande partie à des phénomènes ENSO et à des oscillations intersaisonnières de la position moyenne de la zone de convergence du Pacifique Sud. Il existe plusieurs moyens d’atténuer certains aspects de la variabilité du climat, même dans de petits États insulaires comme les Fidji. Ces moyens permettraient de réduire les effets néfastes sur le système socio-économique dans des régions rurales. L’industrie sucrière est totalement tributaire des configurations climatiques depuis ses débuts et, par conséquent, vulnérable aux événements météorologiques extrêmes tels que les sécheresses, cyclones et cyclones tropicaux ainsi que la variabilité climatique liée aux phénomènes ENSO. On dispose de suffisamment de données pour évaluer l’impact de ces événements climatiques sur la production de canne à sucre aux Fidji.
Les petits États insulaires disposent de recommandations techniques limitées en raison de l’absence de prévisions météorologiques exactes pour développer des stratégies au niveau des producteurs. Il est nécessaire d’instaurer une coopération plus étroite entre les producteurs et les services chargés d’appliquer des stratégies visant à minimiser l’effet néfaste du climat sur la canne. Il est proposé ici d’adopter une méthode susceptible de créer un lien plus solide entre la connaissance scientifique du calendrier agroclimatique (contingent de prévisions) et le cycle annuel de prise de décisions, en particulier lorsque l’on utilise des données probabilistes (Pulwarty et Melis, 2001). Un projet préliminaire a été mis sur pied pour élaborer un modèle de simulation de cultures capable de contribuer à une application pratique, mais ce projet n’a pas réussi à fournir les réponses recherchées. Il existe un solide consensus parmi les communautés internationale et nationales, selon lequel des changements climatiques sont en marche et selon lequel certaines régions, en particulier les petits États insulaires en développement, en ressentent déjà les impacts. Il est également important de noter que, même après la mise en place de mesures importantes visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les changements climatiques persisteront dans une certaine mesure, avec des impacts sociaux, économiques et environnementaux sur l’ensemble des petits États insulaires en développement. Tandis que ces impacts peuvent varier au niveau régional, toutes les régions et tous les secteurs économiques des Fidji sont touchés, ceci parce que le climat est une ressource naturelle non seulement pour les Fidji mais également pour de nombreux autres petits États insulaires en développement, qui n’ont pas d’autres ressources naturelles, disposent d’une gamme restreinte de compétences et d’une faible résilience économique et sont sensibles aux risques naturels tels que les cyclones tropicaux et les tsunamis (Hess, 1990).
ConclusionLe climat est une ressource importante pour des petits pays insulaires agricoles comme les Fidji, dont la contribution aux émissions mondiales de gaz à effet de serre est négligeable mais où les effets des changements climatiques et de l’élévation de niveau de la mer devraient être considérables à l’avenir. Ces impacts seront ressentis par de nombreuses générations futures car ces îles ont une faible capacité d’adaptation, sont extrêmement vulnérables aux risques naturels et ne disposent pas de solides systèmes de prévision ni stratégies d’atténuation. Le bien-être économique et social d’une nation est largement influencé par la sécurité alimentaire, la santé et la durabilité de ses ressources naturelles, notamment le climat, l’eau, les cultures, forêts, populations de poissons et la fiabilité des systèmes de transport et de soins médicaux. D’après les recherches menées sur les impacts et les stratégies d’adaptation, les défis les plus significatifs proviendraient d’une hausse de la fréquence et de l’intensité des événements climatiques extrêmes tels que les inondations, les sécheresses et les cyclones tropicaux. Des événements extrêmes ainsi que des changements climatiques rapides peuvent être la cause du dépassement de certains seuils critiques, souvent avec des conséquences graves voire catastrophiques. Il conviendrait donc que la communauté internationale agisse davantage dans les petits pays insulaires comme les Fidji pour mettre en place des systèmes de prévision fiables et exacts que pourraient utiliser les producteurs et qui démontreraient aux décideurs de tous les niveaux les avantages liés à l’utilisation de prévisions saisonnières.
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