Janvier 2007

Les avantages socio-économiques des services climatologiques pour le secteur des énergies renouvelables1

par S. Robles Gil2

line

Introduction

Les technologies des énergies renouvelables telles que le solaire, l’éolien et la biomasse sont considérées comme des options techniquement faisables et économiquement viables dans un futur proche. Elles peuvent aider à résoudre des problèmes liés à l’utilisation de combustibles fossiles et apporter beaucoup d’autres avantages qui, une fois réunis, rendent ces technologies intéressantes même à des coûts légèrement plus élevés.

Le temps et le climat jouent un rôle important dans la disponibilité des ressources en énergies renouvelables, la consommation d’énergie et le choix de combustibles. Ils influencent également les performances des systèmes basés sur les énergies renouvelables et de leurs processus de conversion, ainsi que certaines activités liées à leur utilisation.

Le présent article présente brièvement les systèmes de conversion de l’énergie solaire, de la biomasse et de l’énergie éolienne, leur valeur socio-économique pour diverses nations et leurs exigences en matière d’informations climatologiques.

 

Vue d’ensemble du secteur des énergies renouvelables

Énergie solaire

L’énergie solaire est la plus grande source d’énergie renouvelable et elle est, en fin de compte, inépuisable. Elle est répartie sur une vaste zone géographique et peut être utilisée de manière décentralisée. Différentes technologies utilisant l’énergie solaire ont été développées afin de tirer parti directement à la fois de la lumière du soleil et de sa chaleur.

 

Systèmes thermodynamiques

La conversion thermodynamique est, depuis des temps anciens, le moyen le plus courant d’exploiter l’énergie solaire. Ce processus permet de convertir le rayonnement solaire (direct ou diffus) en chaleur. Un collecteur exposé augmente la température, et la chaleur absorbée est transférée dans un fluide, puis transformée en énergie mécanique, thermique ou électrique.

 

Systèmes solaires passifs

Les systèmes solaires passifs permettent d’améliorer et de contrôler l’entrée d’énergie solaire pour le chauffage, le refroidissement et l’éclairage, ainsi que pour la conservation d’énergie. Cette technologie a été largement développée et utilisée en Europe, au Canada et aux États-Unis, et elle suscite de plus en plus d’intérêt dans les pays en développement. Les bâtiments chauffés par des systèmes solaires passifs sont extrêmement économiques, bien acceptés et intéressants pour les architectes. Ce type de chauffage présente de nombreux avantages techniques, environnementaux et socio-économiques différents: il fonctionne naturellement, proprement et simplement en utilisant le climat (l’ensoleillement et le vent) comme ressource énergétique favorable. Cette énergie générée localement favorise les économies d’énergie et réduit la demande de combustibles conventionnels.

 

 

 

 

 

http://solarcooking.org

Four solaire au Pérou pour faire la cuisine

 

  image

 

Coûts des technologies des énergies renouvelables

Technologie

Coût de l’énergie
actuel

($E.-U./kWh)

Coût potentiel de l’énergie à l’avenir

($é.-U./kWh)

Chaleur solaire

 

0.03-0.20

 

0.02-0.03

 

Electricité solaire thermique

 

0.12-0.18

 

0.04-0.10

 

Electricité solaire photovoltaïque

 

0.3-1.5

 

0.05-0.06

 

Energie éolienne

 

0.12

 

0.03

 

Source: PNUD-FEM, 2005

 

Systèmes solaires actifs

Les systèmes solaires actifs captent l’énergie solaire au moyen d’un collecteur qui convertit l’énergie en chaleur. La chaleur est utilisée pour de multiples applications, par exemple pour la production d’eau chaude dans les foyers, le chauffage des piscines, les systèmes de pompage et d’irrigation, le dessalement de l’eau, la cuisine, le séchage de produits agricoles, la réfrigération et la chaleur ou vapeur destinée à des processus industriels de génération d’électricité.

Le chauffage solaire de l’eau à basses températures est la technologie solaire la plus largement utilisée. Elle est considérée comme la meilleure application de chauffage solaire actif en Europe, en particulier en Allemagne, en Autriche et en Grèce. Elle est aussi très répandue dans quelques autres pays développés comme l’Australie, les États-Unis, Israël et le Japon, et attire de plus en plus l’attention des pays en développement. La Chine, notamment, a augmenté son utilisation et représente désormais le plus grand marché au monde pour l’énergie solaire (Huang, 1993; Everett, 2004).

Dans de nombreuses régions, la propagation du chauffage solaire de l’eau dépend fortement de la politique gouvernementale, principalement en raison des coûts relativement élevés de la production de chaleur, qui se situent entre environ 0,03 et 0,20 dollar é.-U. le kilowattheure (kWh). Mais, à long terme et dans des conditions favorables, ce coût pourrait devenir l’un des plus bas: entre 0,02 et 0,03 dollar é.-U.  par kWh (voir tableau ci-dessus).

L’énergie solaire concentrée fait appel à de grands héliostats où se concentre le rayonnement solaire. Ces héliostats peuvent aller du petit système de plusieurs kilowatts à de vastes centrales produisant des dizaines voire des centaines de mégawatts. L’électricité solaire thermique est techniquement faisable et, dans de nombreux pays, elle a fait ses preuves et s’est avérée rentable. C’est l’électricité solaire la moins chère du monde, qui promet de faire concurrence à l’avenir aux végétaux utilisés pour fabriquer des combustibles fossiles. Les coûts de production d’électricité par des systèmes solaires thermiques raccordés au réseau peuvent baisser, passant d’une fourchette de 0,12 à 0,18 dollar é.-U.  par kWh aujourd’hui à une fourchette de 0,04 à 0,10 dollar é.-U.  par kWh à long terme (voir tableau ci-dessus).

 

Systèmes photovoltaïques

Les systèmes photovoltaïques convertissent la lumière du soleil directement en électricité au moyen de piles photovoltaïques. L’énergie solaire est une source intermittente ayant une densité d’énergie relativement faible, ce qui rend la collecte et la conversion onéreuse et peu efficace dans une certaine mesure. D’où la nécessité, dans certaines applications, d’installer des batteries pour le stockage, qui augmentent en revanche la complexité et le coût des systèmes. Avec des systèmes photovoltaïques raccordés au réseau, il n’est plus nécessaire de stocker l’énergie et le propriétaire peut vendre son excédent d’énergie aux services de distribution locaux.

Dans la conversion de l’énergie solaire en électricité, l’une des principales contraintes est le coût de la pile photovoltaïque, mais les prix baissent actuellement et ce secteur connaît une croissance rapide. Les coûts de production de l’électricité photovoltaïque sont d’environ 0,3 à 1,5 dollar é.-U. par kWh (voir tableau), selon la durée de l’ensoleillement, le coût total de l’installation, la durée de l’amortissement et les taux d’intérêt. Dans des conditions favorables, le coût le plus bas peut descendre jusqu’à 0,05 à 0,06 dollar é.-U. par kWh.

La technologie photovoltaïque détient un record enviable pour la génération d’électricité dans les maisons et bâtiments individuels. Grâce à sa fiabilité élevée et à ses faibles exigences en matière de maintenance, les consommateurs en sont extrêmement satisfaits, à la fois dans les pays développés et dans les pays en développement, et en particulier dans les zones éloignées, sensibles sur le plan écologique et non raccordées au réseau électrique. La base de la capacité photovoltaïque installée se concentre dans relativement peu de pays:  Allemagne (21 %), États-Unis (16 %) et Japon (48 %).

Les systèmes photovoltaïques utilisent un combustible gratuit et disponible en abondance ainsi que de l’énergie générée localement, ce qui évite d’être trop dépendant de sources d’énergie étrangères. Ces systèmes sont écologiquement sûrs, fiables, souples de par leur taille et facilement transportables. Ils nécessitent peu de maintenance et ont une longue durée de vie. Ils profitent également à l’économie nationale car ils créent des emplois, sont économiquement rentables, susceptibles d’améliorer la qualité de vie de la population dans des régions éloignées et isolées et d’être utilisés en tant que systèmes hybrides (Shepperd et Richards, 1994).

 

Énergie de biomasse

La biomasse était la principale source d’énergie jusqu’au début du XXe siècle, avant que les combustibles fossiles ne commencent à largement la remplacer. Actuellement, la biomasse est la quatrième source d’énergie au monde, représentant environ 11 % de l’approvisionnement en énergie du monde et couvrant près des quatre-cinquièmes de l’ensemble des énergies renouvelables utilisées (Commission européenne, 2002). Ces systèmes de conversion de l’énergie vont de processus simples, traditionnels et faiblement efficaces, brûlant directement la matière première, à des technologies modernes extrêmement efficaces, qui convertissent la matière première en combustibles solides, liquides et gazeux, plus commodes ou de plus grande valeur (Kaltschmitt et Dinkelbach, 1997).

La biomasse traditionnelle continue d’être la principale source d’énergie dans les pays en développement, représentant jusqu’à 33 % de l’ensemble de l’énergie utilisée, en particulier dans les zones rurales, où ce chiffre atteint jusqu’à 90 % (Larkin et al., 2004). Dans les pays industrialisés, la part de la biomasse dans l’approvisionnement en énergie est en moyenne de seulement 3 % de la consommation totale d’énergie, mais les technologies modernes utilisant l’énergie de biomasse se développent et peuvent être importantes dans les pays dotés d’une forte industrie forestière ou de technologies bien développées de traitement des résidus et des déchets, comme la Finlande et la Suède, où l’énergie de biomasse représente près de 20 % de la consommation totale d’énergie.

image  

Les panneaux solaires peuvent répondre à environ 30 à 40 % des besoins en électricité dans certains pays.

 

Conversion thermochimique

Cette technologie est basée sur la décomposition de la biomasse par la chaleur, au moyen de foyers ouverts, de poêles, de chaudières et de fours pour une combustion directe, ainsi que de fours ouverts pour la production de charbon de bois et de gazogènes pour la production de gaz combustible.

 

Combustion directe

C’est la méthode la plus simple et la plus courante pour capter l’énergie contenue dans la biomasse. Cette méthode n’est intéressante économiquement que dans les régions où le coût de la matière première est inférieur à celui des combustibles fossiles et dans les régions situées à l’écart des centres urbains.

L’essentiel de la consommation de bois de feu est destiné à l’usage traditionnel des ménages: la cuisine, l’eau chaude, l’éclairage et le chauffage des pièces. Le bois de feu est utilisé également pour l’allumage des fours et pour la production de vapeur et d’électricité générant l’énergie mécanique nécessaire à certaines industries. C’est une technologie qui a fait ses preuves pour la génération d’électricité, notamment dans les industries produisant des résidus, telles que les sucreries, les industries de la pâte et du papier et les scieries. Dans des pays comme le Brésil, Cuba et l’Inde, c’est la bagasse de canne à sucre qui contribue à produire l’essentiel de l’énergie primaire.

Dans beaucoup de pays, l’utilisation de poêles en meilleur état permet d’économiser du combustible, de réduire la pression locale sur les ressources en bois, d’utiliser des matériaux de construction locaux, de réduire les émissions de gaz, d’améliorer la santé, de réaliser des économies financières, de réduire les efforts déployés, d’économiser du temps et d’amé-
liorer la qualité de vie des personnes. Des améliorations de la plus grande envergure sont en cours actuellement sur les poêles en Chine et en Inde (Bhattacharya, 2004).

L’énergie du bois en Europe et dans les pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) représente environ 4 % de l’approvisionnement total en énergie primaire. Dans certains pays, cette proportion est supérieure, comme en Autriche où elle atteint 14 %, et en Suède et en Finlande plus de 17 % (Van den Broek, 1997). En ce qui concerne les déchets ménagers solides, l’Europe est en tête devant le reste du monde: l’énergie issue des déchets est idéale pour une gestion efficace et durable des déchets.

 

Pyrolyse

Ce système est utilisé depuis des temps anciens pour la production du charbon de bois, et jusqu’à tout récemment pour la production de combustibles gazeux et de pétrole. Cette technologie est bien établie et les fours ouverts nécessaires peuvent être fabriqués à un coût minimal, si bien que le potentiel de réduction des coûts est faible. Le charbon de bois est utilisé principalement pour la cuisine, le chauffage des locaux et la désinfection de l’eau. Il demeure une importante source d’énergie dans de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, le plus souvent pour les populations urbaines. Le Brésil, où l’introduction de fours ouverts améliorés a été une réussite, est le principal fabricant de charbon de bois au monde (CME-FAO, 1999). L’utilisation de charbon de bois a plusieurs avantages par rapport au bois de feu: un meilleur rendement et davantage de commodité, ainsi qu’une distribution plus facile.

 

Gazéification de la biomasse

Cette technologie convertit la biomasse solide en combustible gazeux. Cette ressource présente d’importantes disponibilités car les gazogènes peuvent utiliser de la matière première avec différentes teneurs en eau et en cendres. La gazéification de la biomasse est encore à un stade de développement et ses coûts sont relativement élevés.  Des gazogènes de biomasse délivrant du gaz de BTU (unité thermique britannique) faible à moyenne sont désormais en fonctionnement dans des pays industrialisés comme dans des pays en développement, mais il y a relativement peu d’unités installées. Les gazogènes produisent de la chaleur pour les chaudières, séchoirs et fours ouverts ou de l’énergie pour la génération d’électricité, le pompage d’eau, le broyage de grain et le sciage de bois.

Comparés aux systèmes conventionnels de production d’énergie, les gazogènes de biomasse sont relativement inoffensifs pour l’environnement et présentent quelques autres avantages:

  • Ils créent des emplois dans les zones rurales;
  • Les gazogènes de biomasse à petite échelle sont techniquement fiables et économiquement viables;
  • Ils présentent un potentiel élevé de réduction des coûts.

 

Conversion biochimique

La conversion biochimique de la biomasse en combustible peut être réalisée soit par digestion anaérobie, soit par fermentation d’alcool.

 

Digestion anaérobie

Ce système de conversion est actuellement considéré comme un système de pointe et comme l’une des sources d’énergie les plus économiques et les plus facilement exploitables pour de petites communautés. Il permet d’utiliser des matières premières ayant une teneur en eau élevée et ne pouvant pas brûler directement. Cette technologie est disponible dans le commerce, mais le potentiel de réduction de coût est faible. Le biogaz obtenu peut être utilisé pour de multiples applications : la cuisine, l’éclairage, la réfrigération et le chauffage de locaux pour un usage domestique ou commercial; pour le chauffage dans le cadre de processus industriels; pour le fonctionnement de groupes motopompes et autres machines agricoles; dans des moteurs à combustion interne destinés à la traction et pour la génération d’électricité.

La technologie utilisant le biogaz est connue dans la plupart des pays en développement, où son utilisation s’est largement répandue, en particulier en Chine et en Inde. Certains pays industrialisés ont construit des digesteurs plus grands, dotés de moyens de commande plus élaborés (Dobelmann et Müller, 2000). Le gaz de décharge prend également de plus en plus d’importance, en particulier en Autriche, en Finlande, en France, aux États-Unis  et au Royaume-Uni, où plusieurs centrales électriques sont désormais en fonctionnement.

La production de biogaz par digestion anaérobie garantit une source d’énergie renouvelable, fiable et plus propre, qui diminue la pollution de l’eau, demande moins d’espace, améliore les conditions d’hygiène, réduit les désagréments causés par les odeurs et permet d’atténuer les changements climatiques. C’est une matière première facilement récupé-
rable, économiquement viable, qui fournit également des eaux résiduaires utiles comme fourrages pour animaux ou comme engrais.

 

Production d’alcool

La production d’alcool à partir de la biomasse est courante aujourd’hui. Bien que les coûts de production aient baissé au cours des dernières décennies, les coûts énergétiques sont toujours élevés et le potentiel de réduction des coûts est faible. Les combustibles liquides obtenus à partir de la biomasse promettent notamment de remplacer les carburants fossiles pour les transports, car ils présentent un avantage économique par rapport aux carburants concurrents. L’éthanol peut être facilement utilisé dans le secteur des transports, à la place de l’essence ou sous la forme d’un mélange. Les bioénergies pourraient couvrir largement les besoins énergétiques des villes en pleine croissance où la pollution de l’air est devenue un sérieux problème menaçant l’environnement et la santé humaine.

Les combustibles et carburants à base d’éthanol ont suscité un intérêt grandissant dans des proportions considérables au cours des dernières décennies. Un grand nombre de pays, notamment le Brésil et les États-Unis, ont innové en se lançant dans des programmes de combustibles et carburants à base d’éthanol à petite et grande échelle. Outre d’autres avantages écologiques, la production d’alcool pour un usage énergétique permet de revitaliser les communautés rurales car elle crée beaucoup d’emplois et améliore la sécurité énergétique nationale.

 

Conversion physico-chimique

Ce système de conversion produit un biocombustible liquide, obtenu par pression ou extraction de biomasse contenant de l’huile végétale. Il s’agit d’une technologie moderne utilisée depuis des dizaines d’années, mais les coûts énergétiques sont encore élevés et le potentiel de réduction des coûts est faible. L’huile produite est facile à utiliser comme combustible. Selon le type de brûleur, elle peut être utilisée pure ou mélangée pour des systèmes de chauffage. Elle peut également se substituer au gazole ou y être ajoutée sans problème (BMFT, 1992).

Le biogazole n’est pas encore utilisé de manière courante, mais il fait l’objet de nombreux essais aux États-Unis comme en Europe. Aucun projet majeur n’est en cours dans les pays en développement, mais des progrès ont été constatés en Inde, en Malaisie, au Népal et en Thaïlande (Bhattacharya, 2004).

 

Plantations énergétiques

L’idée de cultiver de la biomasse spécialement pour des besoins énergétiques est nouvelle et l’expérience dans ce domaine demeure limitée. Son utilisation progresse rapidement cependant et les nouvelles applications relatives à l’énergie du bois font de plus en plus concurrence aux applications conventionnelles.

Plusieurs pays industrialisés comme les États-Unis, la Finlande, le Royaume-Uni et la Suède ont mis en œuvre plusieurs programmes de recherche et développement. Les pays en développement mettent également en œuvre en ce moment des programmes sur la biomasse durable pour des besoins énergétiques. Par exemple, en Inde, au Kenya et au Rwanda, des agriculteurs passent à l’agroforesterie pour répondre à la demande locale de bois et pour améliorer l’environnement. D’autres expériences efficaces ont été observées au Brésil, en Chine, en Éthiopie, au Pakistan, aux Philippines, au Sri Lanka, en Turquie et en Uruguay, où l’on a remédié à certains des dommages causés à l’environnement par une déforestation précoce (Banque mondiale, 1996; Saraçoglu, 1998).

Les bioénergies modernes présentent un grand nombre d’avantages socio-économiques majeurs. Elles permettent de revitaliser des communautés rurales, créent beaucoup d’emplois, diversifient la production, réduisent les migrations vers les zones urbaines, génèrent des économies financières, renforcent l’économie locale et stabilisent davantage les revenus. Elles permettent également de diversifier l’alimentation en combustible, d’améliorer la sécurité énergétique nationale, d’économiser des devises et d’apporter la sécurité économique (FAO, 1997; Börjesson, 1998; UCSUSA, 1999; ABA, 2000).

Les coûts des plantations énergétiques sont déjà favorables dans certains pays en développement. Par exemple, les plantations d’eucalyptus dans le nord-est du Brésil fournissent des copeaux de bois à un prix compris entre 1,5 et 2,0 dollars é.-U. par gigajoule, contre des prix plus élevés dans les pays industrialisés, pouvant atteindre jusqu’à 4 dollars é.-U.  par gigajoule dans certaines parties du nord-ouest de l’Europe (PNUD-FEM, 2005). Les systèmes de cogénération, tels que le gaz naturel et le charbon avec de la biomasse, peuvent faire baisser les coûts. Si la technologie de gazéification intégrée de la biomasse à cycle combiné (BIG/CC) était disponible commercialement, les coûts de production pourraient continuer à baisser jusqu’à environ 0,04 dollar é.-U.  par kWh (PNUD-FEM, 2005).

 

image  

 

L’utilisation d’énergies renouvelables permet de créer des emplois et des possibilités d’utiliser des matériaux de construction locaux, tout en proposant des solutions attrayantes pour répondre à des besoins énergétiques spécifiques, notamment dans les pays en développement et dans les zones rurales.

Amit Shankar/CSE

 

Énergie éolienne

L’énergie éolienne est une forme d’énergie solaire utilisée depuis des temps anciens pour la navigation, le pompage de l’eau et le broyage des grains. Actuellement, elle peut être utilisée soit directement soit après conversion en une forme d’énergie de plus grande valeur, extrêmement souple et utile: l’électricité (AWEA, 2005).

L’énergie mécanique a des applications limitées. Les éoliennes sont moins utilisées aujourd’hui mais elles continuent à fournir de l’énergie pour pomper l’eau et moudre le grain dans de nombreuses zones rurales, notamment dans des pays en développement. Les convertisseurs d’énergie éolienne d’aujourd’hui constituent une technologie qui mûrit et qui a commencé de fournir de l’électricité à une petite échelle à des sites distants, où elle sert souvent au pompage de l’eau, au chargement de batteries et à des systèmes de communication. Cette technologie peut également diminuer le montant des factures d’électricité de particuliers propriétaires de leur domicile. Sur une plus grande échelle, les fermes éoliennes dotées de nombreux générateurs de grande taille fournissent de l’électricité aux réseaux de distribution et, à partir de systèmes intégrés avec d’autres générateurs (photovoltaïques, basés sur la biomasse ou le gazole), à de petits réseaux.

L’économie éolienne dépend de la répartition des ressources éoliennes, des coûts de l’électricité et du système choisi. La capacité mondiale totale de génération d’énergie éolienne représente environ 0,5 % de l’énergie générée dans le monde, la plus grande capacité installée se trouvant en Allemagne (36 %), en Espagne (16 %), aux États-Unis (16 %) et au Danemark (8 %), suivis de quelques autres pays comme l’Inde, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas et le Royaume-Uni (British Petroleum, 2004).

La technologie éolienne n’a pas cessé de s’améliorer; elle est plus fiable et ses coûts ont baissé d’environ 90 % au cours des 20 dernières années. L’énergie éolienne est l’une des énergies renouvelables connaissant la croissance la plus rapide. C’est l’une des méthodes de génération d’électricité disponibles les plus rentables, même avec le coût actuel relativement faible des combustibles fossiles (Taylor, 2004). Par exemple, avec des vitesses moyennes de vent comprises entre 5,6 et 7,5 m/s à la hauteur du moyeu de l’éolienne, le coût de production d’électricité est d’environ 0,12 dollar é.-U.  par kWh (voir tableau page 41). Des réductions de coûts sont possibles jusqu’à 45 % en 15 ans et, en fin de compte, les coûts de l’électricité éolienne peuvent baisser jusqu’à 0,03 dollar é.-U. par kWh.

L’utilisation de l’énergie éolienne a de nombreux avantages: elle est écologique, crée des emplois, revitalise les communautés, utilise l’énergie locale, facilite la demande sur le réseau, économise les combustibles conventionnels, diversifie le portefeuille énergétique d’une nation et permet de diminuer la pénurie d’énergie.

 

Exigences relatives aux informations climatologiques

Les conditions météorologiques et climatiques jouent un rôle important dans la disponibilité de sources d’énergie solaire, éolienne et de biomasse et dans la demande d’énergie. Elles ont aussi un effet important sur les performances des systèmes.

Les systèmes d’énergie doivent être soigneusement conçus pour fonctionner de manière fiable et efficace et à faibles coûts. D’où la nécessité, aux stades de planification et de conception, de disposer d’archives climatologiques détaillées se composant généralement de moyennes climatologiques permettant de déterminer les disponibilités en ressources solaires, éoliennes et en biomasse, mais aussi la matière première sélectionnée pour la fabrication de la biomasse, l’orientation appropriée des bâtiments, les variations de la demande d’énergie, le risque de gel, le choix du site d’installation des systèmes basés sur l’énergie solaire, éolienne et de biomasse, ainsi que leurs performances optimales.

Une fois en fonctionnement, il est peu probable qu’un système basé sur des énergies renouvelables soit affecté par des conditions météorologiques et climatologiques moyennes, car celles-ci ont été prises en compte aux stades de conception. Mais le système peut être affecté par une variabilité météorologique et climatologique inhabituelle. Pour fonctionner, il doit disposer le plus souvent de données actuelles et de prévisions et messages-avis météorologiques, notamment pour les performances quotidiennes des systèmes basés sur des énergies renouvelables, pour la prise de décisions et pour le contrôle de la croissance de la biomasse et des prévisions de rendement.

La surveillance et les prévisions du climat devraient être prises en compte pour les applications énergétiques car elles pourraient contribuer dans une large mesure à prévoir certaines anomalies à grande échelle et s’y adapter. Certaines de ces exigences figurent déjà dans les résumés climatologiques, mais il conviendrait d’en développer d’autres pour répondre aux besoins spécifiques des utilisateurs des énergies solaire, éolienne et de biomasse.

 

Conclusion

Les sources d’énergie telles que le soleil, la biomasse et le vent constituent des solutions renouvelables, propres et décentralisées qui, à l’avenir, pourraient à la fois répondre à la demande mondiale d’énergie et nous rendre moins dépendants de sources d’énergie peu fiables, à durée limitée et centralisées. Ces nouvelles solutions diminueraient les problèmes causés par la consommation des énergies conventionnelles. L’utilisation d’énergies renouvelables permet de créer des emplois et des possibilités d’utiliser des matériaux de construction locaux, tout en proposant des solutions attrayantes pour répondre à des besoins énergétiques spécifiques, notamment dans les pays en développement et dans les zones rurales.

Élargir l’utilisation de ces systèmes d’énergies renouvelables représente un défi technique et socio-économique, nécessitant la coopération de divers secteurs. La participation de climatologues est essentielle pour fournir les informations et les conseils dont les utilisateurs ont besoin pour développer et mettre en œuvre avec succès ces systèmes d’énergie de substitution.

 

 

lineBibliographie

ABA (American Bioenergy Association), 2000: Taking biomass into the 21st century. http://www.biomass.org.

AWEA (American Wind Energy Association), 2005: Wind Energy Fact Sheet. http://www.awea.org (consulté le 4 mars 2005).

Banque mondiale, 1996: Rural energy and development. Improving Energy Supplies for Two Billion People. Washington, DC, États-Unis, 118 p.

Bhattacharya, S., 2004: Fuel for thought. Renewable Energy World (REW). http://www.earthscan.co.uk/news/article/mps/UAN/228/v/3/sp/ (consulté le 25 avril 2005).

BMFT (Ministère fédéral allemand de la recherche et de la technologie), 1992: Renewable Energy. Status-Outlook- Research Goals. BMFT, Bonn, 88 p.

British Petroleum (BP), 2004: BP Statistical Review of World Energy 2004. http://www.bp.com (consulté le 25 avril 2005).

Börjesson, P., 1998: Biomass in a Sustainable Energy System. Dépar-
tement des études de systèmes environnementaux et énergétiques, Université de Lund, Suède.

CME (Conseil mondial de l’énergie)-Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 1999: The Challenge of Rural Energy Poverty in Developing Countries.
185 p.

Commission européenne, 2002: Rapport annuel sur l’énergie – 2001. Direction générale de l’énergie et des transports, Commission européenne. http://europa.en.int/comm/energy- transport/library/00_summary.pdf (consulté le 23 avril 2005).

Dobelmann J.K. et D.H. Müller, 2000: The sustainable winery. ABIRER, Allemagne.

Everett, B., 2004: Solar thermal energy. Renewable Energy, Power for a Sustainable Future. G. Boyle (Ed.), Oxford, Royaume-Uni, 17-64.

FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), 1997: Review of Wood Energy Data in RWEDP Member Countries. Regional Wood Energy Development Programme in Asia, Bangkok, 104 p.

Huang, J., 1993: Energy Substitution to reduce carbon dioxide emission in China. Energy, 18 (3), 281-287.

Kaltschmitt, M. et L. Dinkelbach, 1997: Biomass for Energy in Europe—Status and Prospects. Université de Stuttgart, Allemagne, 537 p.

Larkin, S., J. Ramage et J. Scurlock, 2004: Bioenergy. Renewable Energy, Power for a Sustainable Future. G. Boyle (Ed.), Oxford, Royaume-Uni, 105-146.

PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) World Energy Council (WEC), 2005: World Energy Assessment: Energy and the Challenge of Sustainability. http://www.undp.org/seed/eap/activities/wea/drafts-frame.html (consulté le 17 mai 2005).

Shepperd, L. et E. Richards, 1994: Energía Solar Fotovoltaica para Proyectos de Desarrollo. Sandia National Laboratories, US Department of Energy, Albuquerque, États-Unis, 44 p.

Saraçoglu, N., 1998: Turkish Energy Forestry. Zonguldak Karaelnes Üniversitesi, Turquie.

Taylor, D., 2004: Wind Energy. Renewable Energy, Power for a Sustainable Future. G. Boyle (Ed.), Oxford, Royaume-Uni, 243-296.

UCSUSA (Union of Concerned Scientist of United States), 1999: Energy Overview. http://www.ucsusa.org/energy/biomass.html

Van den Broek, R., 1997: The Role of Wood Energy in Europe and the OECD. Forestry Department, Wood Energy Today for Tomorrow (WETT), FAO Working Paper FOPW/97/1, Rome, 87 p.

 

line 1 Cet article est basé sur un document présenté lors de la Conférence technique sur le climat en tant que ressource (Beijing, Chine, 1er-2 novembre 2005)  

2 Comisión Nacional Del Agua, La Paz, Mexique
Courriel: sandra.robles[at]cna.gob.mx

back to top

 

line

back to top

 

 

 

 

 

 


Téléchargement
   
  L'article [pdf]

Retour CMC-3


Droits d'auteur | Confidentialité | Responsabilité | Directives |

 

 

.