Plus humide

Les précipitations (pluie et neige) varient naturellement d'une année et d'une décennie sur l'autre sous l’effet du phénomène El Niño-oscillation australe (ENSO) et d’autres facteurs climatiques.

Outre cette variabilité naturelle, il est probable que le changement climatique ait également une incidence sur la fréquence et l'intensité des épisodes de précipitations extrêmes dans la mesure où l'air chaud peut contenir plus de vapeur d'eau.

La hausse des températures a aussi pour effet d'accélérer le cycle de l'eau, ce qui devrait favoriser à la fois une évaporation accrue et des précipitations plus abondantes. Or, les régions côtières sont particulièrement menacées par l'intensification des épisodes pluvieux accompagnant les cyclones tropicaux et par la hausse du niveau de la mer.

La modification du cycle de l'eau ne sera pas uniforme. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le contraste pluviométrique entre régions humides et régions sèches et entre saisons humides et saisons sèches s'accentuera au cours du XXIe siècle, bien qu'il puisse exister des exceptions régionales.

Comme le révèle une enquête menée par l'OMM en 2010, les records nationaux de cumul de précipitations sur 24 heures ont été enregistrés pour la majorité d'entre eux durant les deux dernières décennies (1991-2010). Les inondations représentaient le phénomène extrême le plus fréquemment observé.

Au Pakistan, les inondations ont causé la mort de plus de 2 000 personnes et ont fait 20 millions de sinistrés en 2010, année la plus arrosée jamais répertoriée.

En 2011, les inondations en Asie du Sud-Est ont causé des pertes économiques s'élevant à plus de 40 milliards de dollars, principalement en Thaïlande, et ont provoqué la mort de plus de 800 personnes. En janvier 2011, une crue éclair a fait plus de 900 victimes dans le sud du Brésil.

En juin 2013, des inondations et des glissements de terrain ont fait plus de 5 800 morts ou disparus dans l'État de l'Uttarakhand, dans le nord de l'Inde. Les inondations qui ont frappé l'Europe centrale en mai et juin 2013 ont causé des pertes économiques dépassant 20 milliards de dollars.

Le typhon Haiyan a frappé les Philippines le 8 novembre. Au moins 6 300 décès lui ont été imputés, causés pour beaucoup d'entre eux par l'onde de tempête, comparable à un tsunami, dont il s'accompagnait. Le cumul des précipitations a dépassé 500 mm sur l'île de Leyte, avec un pic à plus de 685 mm en raison du typhon Haiyan et d'un autre cyclone tropical.

En juin et juillet 2014, des inondations de grande ampleur se sont produites dans le bassin du Paraná, dans le centre de l’Amérique du Sud; elles ont touché plus de 700 000 personnes au Paraguay, dans l'ouest du Brésil et dans le nord de l'Argentine.

De nombreuses régions du monde ont connu en 2015 des inondations meurtrières qui ont entraîné d'importantes pertes en vies humaines (et de graves conséquences humanitaires) ou bien de lourdes pertes économiques, voire les deux.

En raison d'un épisode El Niño de forte intensité, l'année 2015 a été particulièrement arrosée dans de nombreuses régions subtropicales d'Amérique du Sud (notamment au Pérou, dans le nord du Chili, en Bolivie, au Paraguay, dans le sud du Brésil et dans le nord de l'Argentine) et dans certaines régions du sud des États-Unis et du nord du Mexique. Dans l'ensemble, les précipitations en 2015 à l'échelle du globe ont été proches de la normale, mais un certain nombre d'épisodes extrêmes ont été enregistrés durant l'année. On a relevé en 2015 de nombreux cas de cumul de pluie sur 24 heures dépassant la normale mensuelle.

En bref

Record de pluie sur 1 minute: 31,2 mm le 4 juillet 1956 à Unionville (Maryland, États‑Unis d'Amérique)

Record de pluie sur 12 heures: 1 144 mm les 7-8 janvier 1966 à Foc-Foc (La Réunion)

Record de pluie sur 12 mois: 26, 47 m entre août 1860 et juillet 1861 à Cherrapunji (Inde)

Retour sur l'année 2015

 

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