Le Sénégal organise son premier Forum national sur les perspectives climatiques

Thursday, June 22, 2017

Pour la première fois dans l'histoire, le Sénégal a organisé un Forum national sur les perspectives climatique, convoquant des représentants sectoriels pluridisciplinaires pour discuter des prévisions de précipitations saisonnières de 2017 pour le pays

Le Sénégal, comme d'autres pays sahéliens, est soumis à une variabilité climatique et à des événements extrêmes tels que des sécheresses, des inondations et des vagues de chaleur. Selon les rapports du Groupe intergouvernemental sur le changement climatique (GIEC), les événements extrêmes augmenteront en nombre et en fréquence au cours des prochaines décennies. Compte tenu de la dépendance économique du pays sur les activités d'agriculture et d'élevage, la variabilité des précipitations a un effet critique sur les moyens de subsistance d'un grand nombre de Sénégalais. Cela augmente la vulnérabilité du pays aux chocs climatiques.

Des initiatives mondiales telles que le Cadre mondial pour les services climatiques (CMSC) ont été créées pour répondre à ces défis. Le CMSC facilite le développement de services climatiques ciblés, afin de contribuer à accroître la capacité d'adaptation nationale d'un pays et sa résilience aux changements climatiques. Le CMSC a invité des pays du monde entier, y compris le Sénégal, à mettre en place des cadres au niveau national et à développer des packages de produits climatiques et communiqués sur la base des besoins des utilisateurs. La prévision saisonnière est un de ces produits.

Le 15 juin 2017, l'Agence nationale de l'Aviation Civile et de la Météorologie (ANACIM) a organisé le premier Forum national sur les perspectives climatiques pour diffuser des prévisions saisonnières, élaborer des recommandations pour les principaux utilisateurs, et d'appuyer l'adaptation des données saisonnières pour éclairer la prise de décisions. 

Les participants ont inclus divers ministères; des directions techniques; des représentants d'organisations internationales et sous-régionales, ONG et universités; des représentants des secteurs de l'agriculture et de la pêche; et des membres de la presse.

Au cours de l'allocution d'ouverture, Dr Arame Tall, Coordonnateur régional du CMSC pour l'Afrique, a mis l'accent sur le caractère historique de ce premier Forum National des perspectives climatiques (FNPC), qui a apporté la prévision saisonnière de l'ANACIM aux utilisateurs pour leur revue et évaluation. Cette coproduction d'avis de l'utilisateur et des avis opérationnels, basée sur les perspectives saisonnières pour la période Juin-Juillet-Août 2017, vise à limiter les effets négatifs des événements de pluies supérieures à la normale sur les secteurs économiques clés du Sénégal, y compris l'agriculture, la pêche et le tourisme. M. Alioune Ndiaye, conseiller spécial sur l'Afrique auprès du Secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale, a mis l'accent sur la menace critique que posent les changements climatiques sur l'économie sénégalaise. Cela a été renforcé par Mme Maimouna Ndoye Seck, représentant officiel du ministère du tourisme et du transport aérien, qui a souligné l'engagement du gouvernement à institutionnaliser le Cadre national des services  climatiques à partir de son ministère.
 
Dans les séances du matin, les prévisions de précipitations saisonnières du Sénégal pour 2017 ont été partagées avec les participants. Les implications potentielles sur les différents secteurs ont été examinées dans l'après-midi. Les participants ont rejoint des groupes thématiques pour discuter de la santé, de la sécurité alimentaire, la gestion des risques de catastrophes, de l'eau et des ressources énergétiques de manière plus détaillée. Les discussions ont porté sur trois domaines :

  1. L'intervention des partenaires et les mesures à prendre en fonction de l'impact potentiel sur le bassin versant sur la base des prévisions de précipitations;
  2. Mesures de préparation et d'intervention proposées au niveau sectoriel; et
  3. Identification des lacunes qui doivent être surmontés et les besoins en information pour les prédictions où il n'y a pas de réponse immédiate

L'atelier a été jugé un succès avec les résultats des prévisions saisonnières de 2017, activement et effectivement partagées parmi les principaux intervenants. Ce fut aussi une excellente occasion pour ANACIM de démarrer une approche de coproduction pour les prochaines prévisions saisonnières, afin de s'assurer que l'information météorologique technique est correctement traduite pour tous les secteurs critiques au Sénégal.

Cette activité a été menée dans le cadre du projet «Services climatiques pour une augmentation de la résilience dans le Sahel», financé par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). 

(Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement l'opinion de l'USAID).

Pour plus d'informations sur le projet, veuillez contacter: Veronica Grasso à vgrasso@wmo.int

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